Guitares et guitaristes de légende : la Framus acoustique 1965 de Jacques Dutronc

Publié : 8h55 par Dom Kiris

Crédit image: CC by W. Veenman

Jacques Dutronc voit réapparaître sa Framus acoustique de 1965. Cette guitare emblématique accompagne les débuts de Jacques Dutronc et l’essor de la pop française.

À 18 ans, Jacques Dutronc a pour la première fois sa photo sur une pochette de disque. Il pose avec ses potes sur le premier 45 tours d’El Toro et les Cyclones en 1962. Jacques n’est pas encore chanteur, mais le guitariste de ce groupe dans l’air du temps, signé par Jacques Wolfsohn, le patron du label Vogue.

Pendant que Dutronc fait ses premières armes en tant que musicien professionnel, la France découvre le rock et s’imprègne des influences anglo-saxonnes.

De l’avis de son entourage, Jacques est un très bon guitariste, avec des références comme Chet Atkins ; c’est lui le chef d’orchestre du groupe. 

Il se fait une place d’assistant chez Disques Vogue et compose Le Temps de l’amour pour la nouvelle égérie pop du label, une certaine Françoise Hardy.

Très vite, une autre dimension s’ouvre à lui lorsqu’il rencontre Jacques Lanzmann, rédacteur du magazine Lui et bourlingueur notoire. À la grande époque des protest songs de Bob Dylan, ensemble, ils inventent "la chanson dégagée". En se basant sur le son des Rolling Stones et des Kinks, Dutronc exécute des parties de guitare parfaites pour accompagner les slogans parodiques de Lanzmann. Mais cette fois, c’est Jacques Dutronc qui va les chanter, comme un gag dont il a le secret.

En 1966, lorsque sort le premier 45 tours Et moi, et moi, Dutronc passe de l’ombre à la lumière : le guitariste devient chanteur. Avec cette voix comme un sourire en coin, son phrasé et son rythme portent les traces de ses années de guitare.

De cette époque, sa guitare Framus acoustique vient de refaire surface en 2026. Patinée par le temps et portant les traces de son parcours, cette Framus sunburst de 1965 est proposée à la vente par Art Richelieu lors de sa prochaine session, en juin.

On peut entendre cet instrument de fabrication allemande, très populaire à cette époque, sur le premier album éponyme de Jacques Dutronc, comme un fragment de l’histoire de la pop française, élégante et roublarde.