[Live Report] Download Festival 2018 : jour 4

Publié le 19 juin 2018 à 15:27
Mathieu David Par Mathieu David
Rédacteur

Le marathon rock n’roll s’achève ce lundi 18 juin, après trois jours remplis à ras bord de riffs et de voix enragées. Voici notre sélection de groupes qui ont clos cette troisième édition du Download Festival.

Jonathan Davis

Après avoir hurlé ses paroles torturées au sein de Korn pendant 25 ans, Jonathan Davis expérimente les aventures en solo et c’est donc au Download Festival qu’il donne son premier concert en France.

Fans de Korn, ne vous attendez pas à une succession de gros riffs et à une succession de tubes qui vous rappellent les années 90, Jonathan Davis est là pour présenter quelque chose de différent. On se retrouve donc avec un contrebassiste et un violoniste sur scène, qui habillent les nappes de clavier, sachant que ces dernières tiennent une place importante dans les morceaux présentés.

Au delà des titres de son album solo Black Labyrinth, le chanteur à dreadlocks a aussi été piocher certains morceaux de son set dans Alone I Play, un album live qu’il avait sorti en 2008, dans lequel on retrouvait notamment des chansons qu’il avait composées pour la BO du film La Reine des Damnés.

Proposant quelque chose de différent, Jonathan Davis a bousculé les habitudes des festivaliers et, s’il n’a pas fait que des heureux, il a su montrer une autre de ses facettes artistiques, tout en étant capable de proposer des singles accrocheurs, à l’image de What It Is.

Setlist :

Underneath My Skin
Everyone
Forsaken
Final Days
What You Believe
Basic Needs
Slept So Long
Your God
System
Walk on By
What It Is
Happiness

Greta Van Fleet

C’est devant un parterre fourni de fans qu’arrivent les jeunots de Greta Van Fleet, alors que la tente de la Warbird Stage déborde. Il s’agit de leur deuxième date en France, et la première d’une ampleur aussi colossale. Pas question de se rater pour notre quatuor.

Et l’entrée sur scène se fait directement avec leur tube Highway Tune, tirée de l’EP Black Smoke Rising et que certains ont pu découvrir dans la série Shameless. L’ambiance s’électrise d’un coup et la foule part en liesse, sans jamais décrocher du set, à grands renforts de sauts et de hurlements de paroles.

Côté scène, les trois frères Kiszka se démènent comme des petits chefs, avec Josh qui propose une bien belle imitation de Robert Plant, pendant que Jake enchaîne les riffs typiquement 70’s bien proprement, soutenu par la rythmique de Sam Kiszka et la frappe du batteur Danny Wagner.

Un succès immédiat pour Greta Van Fleet au Download Festival, qui laisse à présager du meilleur pour leur prochaine venue à Paris, prévue pour le 26 octobre à L’Élysée Montmartre.

Setlist :

Highway Tune
Edge of Darkness
When the Cold Wind Blows
Flower Power
Watching Over
Lover Leaver Taker Believer
Black Smoke Rising
Safari Song

Volbeat

Retour sur la mainstage pour le retour de Volbeat au Download Festival France, cette fois sans pluie. On peut être amené à croire que le soleil est fortement bénéfique aux Danois, puisque leur set gagne en énergie par rapport à leur dernière venue et que le groupe semble bien plus à l’aise sur scène.

En revanche, les fans présents aux deux éditions remarqueront de grandes similitudes entre les setlists. En effet, avec un temps de jeu plus réduit en 2018, le groupe ne joue que trois morceaux qui n’avaient pas été interprétés deux ans auparavant, tous tirés du dernier album en date : Seal the Deal and Let’s Boogie.

Si les morceaux plus anciens sont les mêmes, on prend toujours du plaisir à tomber amoureux de Lola Montez, chantée par un Michael Poulsen impérial, à faire les louanges du boxeur Mikkel Kessler sur A Warrior’s Call, qui s’enchaîne divinement bien avec la reprise de Dusty Springfield, I Only Wanna Be With You.

Volbeat se montre donc bien rodé et arrive sans problème à captiver le public. On attend maintenant de les revoir avec un nouvel album sous le bras et une setlist remaniée pour varier les plaisirs.

Setlist :

The Devil’s Bleeding Crown
Lola Montez
Sad Man’s Tongue
Slaytan
Dead but Rising
A Warrior’s Call / I Only Want to Be With You
For Evigt
Black Rose
Let It Burn
Seal the Deal
Still Counting

Seether

C’est à Seether que revient la tâche de fermer la Warbird Stage, devant un parterre de fans impatients de les voir, même si leur dernière date parisienne remonte à moins d’un an.

Force est de constater qu’ils comblent les attentes de leurs fans, au vu des réactions provoquées lors de leur set efficace et intense, dans lequel ils mêlent émotion intense et énergie brute, pour un concert sans fioriture, où la musique est mise en avant.

N’ayant le temps de jouer que sept morceaux, le groupe joue la carte de l’équilibre, en présentant tous ses albums, sauf Disclamer II, avec un titre. Le premier fera l’exception en bénéficiant de deux morceaux pour être représenté : Broken et Gasoline.

Seether ne manque évidemment pas sa conclusion en mettant tous les fans d’accord grâce à leur classique Remedy, tiré de l’album à succès Karma and Effect, sorti en 2005.

Setlist :

Stoke the Fire
Gasoline
Words as Weapons
Country Song
Broken
Fake It
Remedy

Guns N’Roses

Le clou du spectacle est maintenant là, pour offrir une conclusion en grandes pompes à cette troisième édition du Download Festival en France. Arrivés une demi-heure après l’heure prévue, les Guns N’Roses ne se pressent cependant pas sur scène et offrent un spectacle de plus de trois heures, avec des effets de partout, pour en mettre plein la vue et les oreilles.

Et c’est un pari gagné pour les Américains. Si les débuts du concert sont un peu hasardeux, avec quelques problèmes d’équilibrage sonore et la voix d’Axl Rose qui met quelques temps à se chauffer, le groupe convainc le festival grâce à un enchaînement de tubes et une générosité rare dans la setlist.

En effet, tous les classiques y passent, que ce soient les ravageurs Welcome to the Jungle ou You Could Be Mine, les ballades Don’t Cry et Estranged, les épiques Civil War et November Rain, sans oublier quelques pépites de Chinese Democracy, comme Better ou This I Love.

Mais les Guns N’ Roses ne sont pas avares en reprises, qu’elles soient présentées sous forme instrumentale comme Johnny B. Goode ou le thème du Parrain, inclus dans le solo de guitare de Slash, ou présentées par la formation complète, comme Black Hole Sun (qui rend hommage au défunt Chris Cornell), ou The Seeker, classique de The Who. Les indispensables Live and Let Die et Knockin’ on Heaven’s Door sont présents.

Côté prestation, si on met de côté quelques imprécisions de la part de Slash et une interprétation parfois hasardeuse d’Axl en début de concert, le groupe est réglé au cordeau et arrive à faire vivre ses classiques aux fans comme jamais, notamment sur le tube Nightrain, duquel une énergie folle est dégagée, avant le final avec Paradise City, soutenu par un joyeux feu d’artifice.

Avec trois heures de concert, du tube, de la beauté et du spectacle à n’en plus finir, le Download Festival 2018 ne pouvait pas rêver d’une meilleure conclusion.

Setlist :

It’s So Easy
Mr. Brownstone
Chinese Democracy
Welcome to the Jungle
Double Talkin’ Jive
Better
Estranged
Live and Let Die (reprise de Paul McCartney and the Wings)
Slither (reprise de Velvet Revolver)
Rocket Queen
Shadow of Your Love 
You Could Be Mine
New Rose (reprise de The Damned)
This I Love
Civil War
Coma
Solo de Slash (Johnny B. Goode / Thème du Parrain)
Sweet Child O’ Mine
Wichita Lineman (reprise de Jimmy Webb)
Used to Love Her
Yesterdays
Wish You Were Here – version instrumentale (reprise de Pink Floyd)
Layla – version instrumentale (reprise de Derek and the Dominos)
November Rain 
Black Hole Sun (reprise de Soundgarden)
Knockin’ on Heaven’s Door (reprise de Bob Dylan)
Nightrain

Rappel :

Sorry
Don’t Cry
The Seeker (reprise de The Who)
Paradise City