Il était une fois : "Clint Eastwood" de Gorillaz

Publié : 10h59 par Dom Kiris

Crédit image: Capture écran YouTube Gorillaz

En 2001, Gorillaz bouleverse les codes du rock avec un groupe virtuel imaginé par Damon Albarn et le dessinateur Jamie Hewlett. Né presque par hasard sur un petit clavier électronique, "Clint Eastwood" devient le premier immense succès d’un projet où musique, animation et culture dub se rencontrent.

À la fin des années 90, après une lutte fratricide avec Oasis pour conquérir la couronne de l’empire britpop, le chanteur de Blur se métamorphose en leader d’un groupe fictif : Gorillaz. En prenant une toute nouvelle direction musicale, Damon Albarn s’évade dans la création d’un monde virtuel avec son colocataire, le dessinateur Jamie Hewlett. Immédiatement, leur univers visuel donne une identité inédite au groupe, aussi importante que sa musique.

À tel point que, pour préserver le mystère des personnages, les musiciens étaient dissimulés derrière un écran lors de la première tournée, n’apparaissant qu’en ombres chinoises.

Si Gorillaz évolue à la pointe de la technologie moderne pour la création de son univers virtuel, la chanson Clint Eastwood est née par hasard sur un petit clavier Omnichord. « On prend un instrument électronique, on utilise le premier son joué et ça devient un tube ! Ça n’arrive qu’une fois », s’étonne encore Damon Albarn dans une interview.

C’est ainsi qu’est composé l’un des premiers titres de ce concept révolutionnaire baptisé Gorillaz, animé par des envies de nouveaux rythmes et de sons exotiques. Dans le même registre d’instruments rudimentaires, on entend comme un écho du thème du film Le Bon, la Brute et le Truand, composé par Ennio Morricone. En fait, Damon Albarn joue ces notes sur un mélodica, un petit clavier que l’on actionne en soufflant dans un tuyau, un instrument très populaire dans le dub jamaïcain.

L’imaginaire est donc à son comble autour de la chanson Clint Eastwood, dont les paroles n’ont aucun rapport direct avec l’icône hollywoodienne. Pourtant, son aura illumine le premier grand succès de Gorillaz, sorti en 2001. Le pistolero silencieux des films de Sergio Leone représente, pour les Jamaïcains, l’anti-héros solitaire. Il résonne fortement avec l’imagerie des rude boys, au point d’imprégner la culture reggae.

C’est cette ambiance de western spaghetti qui transpire tout au long du premier album de Gorillaz, enregistré en partie en Jamaïque sous l’influence des pionniers du dub.