Björk évoque les détails de ses malaises dans le cinéma

Publié le 17 octobre 2017 à 18:54
Mathieu David Par Mathieu David
Rédacteur

björkLa chanteuse islandaise suit le hashtag #Metoo.

Le 15 octobre, Björk avait fait part de son expérience douloureuse avec un « réalisateur danois » sans le nommer. Cependant, on peut deviner qu’il s’agit de Lars Von Trier sur le tournage de Dancer In The Dark (2000), qui est le seul réalisateur danois avec lequel elle ait jamais tourné. Ce mardi 17 octobre, toujours sur son compte Facebook officiel et dans la veine du hashtag #Metoo, la chanteuse a décidé d’aller plus loin en détaillant en six points ce qu’elle déclare avoir subi :

1 Après chaque prise, le réalisateur courrait vers moi et me prenait dans ses bras pendant un long moment, devant l’équipe de tournage ou seul, et parfois me caressait pendant plusieurs minutes contre mon gré.

2 Quand, après deux mois, je lui ai demandé d’arrêter de me toucher, il a explosé et a cassé une chaise devant tout le monde sur le plateau, comme quelqu’un qui avait toujours eu le droit de caresser ses actrices. Ensuite, on a tous été renvoyés chez nous.

3 Pendant tout le tournage, il me chuchottait constamment des avances sexuelles avec des gestes explicites, parfois avec sa femme à côté.

4 Pendant le tournage en Suède, il a menacé de passer du balcon de sa chambre au mien au milieu de la nuit avec la claire intention d’avoir un rapport sexuel, alors que sa femme était dans la chambre à côté. Je me suis réfugiée dans la chambre d’un(e) ami(e). C’est ce qui m’a rendu bien plus sévère à son égard et m’a fait tenir mes positions.

5 Son producteur a inventé des histoires sur des difficultés rencontrées avec moi dans la presse. Cela correspond tout à fait avec les méthodes de harcèlement de Weinstein. Je n’ai jamais mangé de chemise, je ne sais pas si c’est possible, d’ailleurs.

6 Je n’ai jamais voulu être harcelée sexuellement. C’est à cause de ça que j’étais décrite comme difficile. Si être difficile, c’est résister à ce genre de traitement, je veux bien le rester.

Suite à sa première sortie sur Facebook, Lars Von Trier et Peter Aalbaek Jen sen, producteur de Dancer in the Dark, ont réagi dans le quotidien danois Jyllands-Posten. Selon les propos rapportés par Le Figaro, le réalisateur a répondu : « Ce n’était pas le cas. Mais le fait est que nous n’étions vraiment pas amis ». Le producteur a renchéri : « Nous étions les victimes. Cette femme était plus forte que nous deux et notre société mis ensemble. Elle dictait tout et était sur le point de faire capoter un film à 100 millions de couronnes. » (plus de 13 millions d’euros).