Tony Iommi en interview sur Oüi FM (replay)

Publié : 11h16 par Pierre

Crédit image: © Ross Halfin

Tony Iommi, guitariste fondateur de Black Sabbath, dévoile From the Dark, son troisième album solo, ce 23 octobre 2026. Au micro de Pierre sur Oüi FM, le pionnier du heavy metal revient sur sa carrière, ses racines à Birmingham, sa collaboration avec Ozzy Osbourne et les coulisses de son nouveau disque…

Birmingham, 1948. Un gamin du quartier d’Aston grandit en écoutant Hank Marvin et les Shadows, apprend la guitare, et rêve de musique. À 17 ans, un accident industriel lui arrache les deux bouts de doigts de la main droite. Les médecins lui disent qu’il ne jouera probablement plus jamais. Tony Iommi se fabrique des capuchons en plastique, accorde sa guitare plus bas pour réduire la tension des cordes — et invente, sans le savoir, le son qui allait définir le heavy metal pour les cinquante années suivantes.

En 1968, avec trois autres gamins du même quartier d’Aston — Ozzy Osbourne au chant, Geezer Butler à la basse et Bill Ward à la batterie — il fonde Black Sabbath. Ce qui sort de leurs amplis ce jour-là, personne ne l’a encore entendu : sombre, lourd, hypnotique, menaçant. Ce n’est pas du blues, ce n’est pas du rock classique. C’est quelque chose de nouveau. Quelque chose qui s’appellera un jour heavy metal — et dont Tony Iommi est, depuis lors et pour toujours, le père fondateur.

Les albums s’enchaînent : Paranoid, Master of Reality, Sabbath Bloody Sabbath, Heaven and Hell avec Dio, Mob Rules, Headless Cross... Plus de 70 millions de disques vendus dans le monde. Des générations entières de guitaristes qui n’ont eu qu’un seul rêve : jouer comme lui. Tony Iommi traverse les décennies, les line-ups, les dissolutions et les retrouvailles, la maladie — un lymphome non-Hodgkinien diagnostiqué en 2012, traité par chimio et radiothérapie, surmonté avec cette même obstination tranquille qui caractérise tout ce qu’il fait. En 2013, le line-up originel se retrouve pour l’album 13 — numéro 1 au Royaume-Uni. En 2016-2017, la tournée The End fait ses adieux devant 1,6 million de fans. En 2023, il collabore avec le Birmingham Royal Ballet sur Black Sabbath — The Ballet, production saluée dans le monde entier.

Et puis le 5 juillet 2025, à Villa Park — à quelques rues de là où tout a commencé en 1968 — le concert Back to the Beginning. Le line-up originel réuni pour la dernière fois. Ozzy Osbourne assis sur un trône, car sa santé ne lui permet plus de tenir debout. Tony Iommi dira plus tard : “C’était difficile. Voir Ozzy assis sur un trône, ce n’est pas comme ça que je le vois.” Dix-sept jours plus tard, le 22 juillet 2025, Ozzy Osbourne s’éteint à 76 ans. Une perte immense, pour Tony, pour Birmingham, pour la musique.

En juin 2026, le Roi lui remet le MBE — Member of the Order of the British Empire — pour services rendus à la musique et à la charité. Doctorat honoris causa de l’Université de Coventry, Liberté de la Ville de Birmingham, Grammy Awards, Rock and Roll Hall of Fame. À 78 ans, Tony Iommi est tout cela. Et il fait encore des disques.

From the Dark sort ce 23 octobre 2026, via BMG. Son troisième album solo — vingt et un ans après Fused avec Glenn Hughes, vingt-six ans après son premier solo Iommi. Dix titres. Il s’est entouré pour l’occasion du chanteur norvégien Jørn Lande — ex-Ark, ex-Masterplan, voix puissante et dramatique — qui cosigne l’intégralité des compositions. La bassiste Becky Baldwin, venue de Mercyful Fate et Fury, tient le bas du spectre. Le batteur Karl Brazil, habitué des sessions avec Robbie Williams et James Blunt, assure la cadence. Et à la co-production, son complice de toujours Mike Exeter. Over The Violent Sun, Black Times, World Alone, Beyond The Dead, Stormwatcher — des titres qui disent tout de l’ambiance : sombre, puissante, existentielle. Iommi lui-même résume l’album avec une économie de mots qui lui ressemble : “On ne cherche rien à prouver. C’est un excellent disque, et il envoie du lourd.”

Dans ce podcast, Tony Iommi est là. Il parle de l’album, des musiciens qui l’ont accompagné, de ce qui l’a poussé à revenir en studio deux décennies après. Il parle de Birmingham — cette ville qui est tout pour lui, à laquelle il est revenu célébrer et enterrer Black Sabbath en même temps. Et il parle de Black Sabbath — de ce que ça représente d’avoir tout construit là, de la rue où tout a commencé, de ce que c’était de se retrouver tous les quatre une dernière fois sur cette scène en juillet 2025.

Une conversation avec une légende vivante, le jour de la sortie de son album.