Il était une fois : "The Man Who Sold The World" par David Bowie

Publié : 15 janvier 2026 à 10h50 par Dom Kiris

Avec The Man Who Sold The World, David Bowie opère en 1970 un virage sombre et audacieux. Inspirée par la folie, l’introspection et l’anti flower power, cette chanson marque sa première œuvre autobiographique et pose les bases de l’artiste radical et visionnaire à venir.

Durant l’année 1970, David Bowie cherche une nouvelle approche musicale. Il s’élève clairement en opposant de la génération Woodstock et ne cache pas sa fascination pour The Velvet Underground, le groupe anti flower power par excellence.

A travers The Man Who Sold The World, la chanson titre de son troisième album, il développe une ambiance gothique en traitant de la folie. Tout au long de sa carrière, il va se servir de ce fardeau pesant sur lui et sa famille pour le transformer en œuvre artistique.

Plus tard, dans une interview à la BBC, on apprendra que The Man Who Sold The World est sa première chanson autobiographique. Pourtant d’après son producteur Tony Visconti, Bowie a écrit les paroles à la dernière minute. Juste avant d’enregistrer sa partie vocale, le dernier jour de mixage, alors qu’ils étaient en retard et que le budget était dépassé.

Bien qu’il ait composé toutes les chansons, le chanteur laisse son groupe s’occuper des arrangements. Il peut compter sur les innovations de Tony Visconti à la basse, Woody Woodmansey à la batterie et Mick Ronson à la guitare électrique.

Il faut rendre justice à ces musiciens exceptionnels travaillant dans l’ombre sous l’approbation d’un artiste de plus en plus non conventionnel. Que serait le riff de guitare de The Man Who Sold The World, sans le talent de Mick Ronson ?

Sorti sous une pochette provocante pour l’époque, affichant David Bowie alangui sur un canapé en robe longue, l’album est retiré des bacs aux Etats-Unis. Une attitude de briseur de tabou qui n’a pas laissé indifférent Kurt Cobain quand il a décidé de reprendre The Man Who Sold The World pour son concert MTV Unplugged en 1993.

Il aura donc fallu la clairvoyance du chanteur de Nirvana dans son choix de reprise pour redonner vie à l’une des chansons les plus importantes de David Bowie, l'homme qui a vendu le monde sans jamais perdre le contrôle.