Il était une fois: "A Forest" par The Cure

Publié : 10h49 par Dom Kiris

En 1981, The Cure impose sa signature sombre avec "A Forest". Entre tension minimale, basse hypnotique et ambiance anxiogène, ce titre marque un tournant décisif dans la carrière de Robert Smith et l’émergence du punk gothique.

Le 5 juillet 1981 marque un tournant dans la carrière de The Cure. De simple curiosité punk minimaliste, le groupe de Robert Smith acquiert le statut de héros de la New Wave naissante.

Ce jour-là The Cure est à l’affiche du festival de Werchter en Belgique avec Dire Strait et Robert Palmer. Ayant pris du retard, l'équipe de Robert Palmer, alors star d’un funk soul BCBG, ordonne à The Cure d’écourter son concert et de vider la scène au plus vite. Résultat, ils font durer le set avec une version de A Forest de 9 minutes, et le bassiste Simon Gallup conclu au micro par Fuck Robert Palmer et fuck le rock’n’roll.

Robert Smith affublé  d’un bandeau de samouraï, déclare fier de lui "c’était putain de génial, malheureusement une fois le concert terminé, les roadies ont jeté notre matériel par dessus bord".

Il est vrai que d’utiliser A Forest comme ultime doigt d’honneur était tout à fait approprié. Avec son rythme lancinant, le titre inquiétant peut durer à l’infini, mené par la basse au son énorme. Les guitares tracent le chemin à travers des broussailles denses, laissant  peu de place pour les paroles sobres teintées d’angoisse. "J’essayais de retranscrire ce sentiment de peur extrême de se perdre en forêt". Toute une nouvelle génération d'adolescents se retrouve dans cette sonorité qualifiée de punk gothique.

Le premier extrait de l’album Seventeen Seconds ouvre à The Cure les portes du Top 40 britannique et pour la première fois l’accès à l’émission de télé populaire Top Of The Pop. Pourtant, le deuxième album de The Cure  enregistré en une semaine seulement est une œuvre plus personnelle, inaugurant une trilogie sombre et froide avec Faith et Pornography imaginé par Robert Smith désormais incontournable leader mystérieux et secret de The Cure dont cette forêt dense et mélancolique devient le symbole.