Guitares et guitaristes de légende : la Fender Precision ‘Ghost Town’ des Specials

Publié : 8h55 par Dom Kiris

Crédit image: CC by Robman94

La Fender Precision utilisée par The Specials sur "Ghost Town" est devenue mythique. Cette basse incarne l’atmosphère sombre de l’Angleterre de 1981 et l’esprit du revival ska.

Avec presque la larme à l’œil, la presse anglaise annonce la vente aux enchères de la basse électrique de « Ghost Town ». Élue chanson de l’année 1981, elle est le couronnement de la carrière de The Specials, mais aussi le dernier tube du groupe de ska dans sa formation originale. Dans les articles, la Fender Précision de The Specials est considérée comme "l’incarnation de l’humeur dépressive de la Grande Bretagne de cette époque. En effet, l’été 1981 est le théâtre d’émeutes dans plus de 35 localités du Royaume-Unis, alors que résonne la ligne de basse d’Horace Pinter.  

"J’en ai eu des frissons dans le cou, quand nous l’avons joué...Cette façon glaciale de jouer reflétait notre état d’esprit commun." Le bassiste raconte dans sa biographie Rudie pour la vie que l’ambiance était tendue dans le petit studio 8 pistes choisi pour son propriétaire fan de reggae et de dub.

Le minimalisme donne une tonalité encore plus sinistre au morceau articulé autour de la basse lourde et profonde incarné par cette Fender Precision achetée peu de temps avant pour 200 livres.

Elle arbore "une finition bleu métallisé, des micros Di Marzio et un manche aminci qui lui apporte un confort de jeu proche d’une Jazz Bass", rapporte la fiche technique de l’instrument crucial du rock steady.

Ce style musical venu de Jamaïque est re découverte avec le revival ska à la fin 70, lancé par le label Two Tones. Du noir et du blanc à tous les niveaux, par sa mixité raciale et son logo en damier porté comme un étendard anti raciste.

Grâce aux Spécials, aux côtés de Madness entre autres, la musique des Rude Boys, dansante et chaloupée, est venue apporter une nouvelle énergie au mouvement punk en chantant le quotidien d’une Angleterre hantée par les fantômes de la récession.