Guitares et guitaristes de légende : George Thorogood et la Gibson ES-125 mythique

Publié : 9h00 par Dom Kiris

Crédit image: CC by Matt Becker

La Gibson ES-125 de George Thorogood est devenue l’un des symboles du blues-rock. Trouvée pour quelques centaines de dollars, cette guitare vintage a forgé le son rugueux du leader des Destroyers.

Depuis une tournée en première partie de The Rolling Stones en 1981, George Thorogood est entré dans le cœur du public avec fracas. Lors de ces concerts gigantesques, on a découvert un passionné de blues rock authentique avec une énergie colossale. L’énergumène, à peine impressionné par la foule a su capter l’attention en jouant des standards de blues savamment maîtrisés sur une grosse guitare archtop.

Visuellement cette Gibson ES 125 semble donner corps à un son énorme sorti des entrailles de son imposante caisse de résonance. En réalité c’est une semi-acoustique de la gamme des premières Électriques Spanish de chez Gibson introduite sur le marché dans les années 40.

Très populaire, elle offrait pour un prix modeste la qualité d’un modèle professionnel. Mais alors qu’elle n’était plus fabriquée depuis 1970, George Thorogood est tombé sur une Gibson ES 125 équipée de vieux micros P90 en stock chez un prêteur sur gage : "J’étais fauché, je n’avais que 200 dollars, on avait un concert de prévu, ça a fait l’affaire quand je l’ai prise parce que j’avais l’habitude de jouer en acoustique". Pendant des années, c’est la seule guitare qu’il trimballe partout en tournée sans la ménager avec son jeu  de slide puissant.

Le problème est que chaque réparation de cette relique à pan coupé Florentin coûte une fortune. George Thorogood avoue avoir eu envie de tout arrêter avant de contacter Epiphone pour lui fabriquer un nouveau modèle ES 125 sur mesure.

A force de modifications pour trouver le son parfait, la sous-marque de Gibson lui en a fourni une bonne dizaine pour continuer de jouer partout dans le monde avec son groupe The Destroyers. Mais  pour George Thorogood  « Il n’y a pas photo, avec ma Gibson c’est comme envoyer une balle dans les tribunes supérieures », quand le fan de baseball ose comparer les copies Epiphone à sa performante ES 125 vintage usée jusqu’à l’os.