"Free Bird" de Lynyrd Skynyrd : le coup de génie de "Kingsman : services secrets"

Publié : 9h00 par Iris Mazzacurati

Crédit image: © 20th century fox

Dans "Kingsman : Services secrets", Matthew Vaughn signe une scènes choc en associant "Free Bird" de Lynyrd Skynyrd à un carnage ultra-violent. Une utilisation ironique et radicale devenue culte.

Aujourd’hui, retour sur Kingsman : Services secrets, l’adaptation d’un BD pensée comme un anti-James Bond, mais réalisée par un fan de 007 : Matthew Vaughn, qui repousse ici le curseur de l’ultra-violence nimbée d’ironie à son maximum.

Colin Firth, est Galahad, un agent secret aussi distingué qu’efficace. Et Taron Egerton, Igsy, sa jeune recrue issue de la classe populaire…

Pour accentuer ce décalage, entre violence et ironie, Matthew Vaughn compte – aussi – sur la musique.

C’est particulièrement flagrant lors de LA scène de l’église : Galahad doit affronter une foule de croyants radicalisés, contaminés par un virus déclenchant une rage incontrôlable.
Un massacre extrême, chorégraphié, absurde, presque… cathartique.

Et pour accompagner cette déferlante de violence ? Free Bird de Lynyrd Skynyrd…

Dans sa version album, Free Bird dure 9 minutes 8 secondes, avec un final instrumental légendaire, rendu possible par les trois guitaristes du groupe : Collins, King et Rossington.

Un morceau sur l’impossibilité de s’engager, sur la fuite, sur la liberté que Matthew Vaughn utilise ici avec beaucoup d’ironie : une ode à la liberté pour illustrer un carnage absolu ? Ce qui est libéré ici ce sont les instincts les plus primaires de l’humanité.

La scène était d’ailleurs encore plus violente à l’origine,
mais a dû être raccourcie pour éviter une interdiction aux moins de 18 ans au Royaume-Uni.

Après fait exploser des têtes pendant 2 heures, Matthew Vaughn devait comme tout bon James Bond terminer par une blague finale tintée d’érotisme graveleux.

Alors qu’Eggsy est sur le point de délivrer la princesse,
celle-ci lui promet - je cite - « bien plus qu’un baiser » s’il la sauve.

Une fois le monde sauvé, Egsy retourne querir sa récompense. Un morceau surgit, contre point exacte au déchainement de violence qui l’a précédé… Slave To Love de Bryan Ferry.

Déjà immortalisée dans 9 Semaines ½, en 86, Slave To Love traîne une charge érotique évidente. Et c’est précisément pour ça qu’elle est choisie ici.

Avec une ultime blague potache : le code pour ouvrir la cellule de la princesse :  2625, qui forme, sur un clavier alphanumérique, le mot ANAL. Tout est dit.

Kingsman : services secrets • De Matthew Vaughn • Avec Colin Firth, Taron Eherton, Samuel L. Jackson… • Sortie le 18 février 2015