Guitares et guitaristes de légende : la Gibson Les Paul Custom 1959 de Robert Fripp (David Bowie)

Publié : 9h59 par Dom Kiris

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Guitariste visionnaire de King Crimson, Robert Fripp a marqué l’histoire du rock avec sa Gibson Les Paul Custom de 1959. Des expérimentations du rock progressif aux sessions berlinoises de David Bowie, cet instrument a notamment façonné les sonorités électriques de “Heroes”, en 1977.

Avec ses petites lunettes rondes et son allure professorale, Robert Fripp reste à mille lieues du cliché du guitar hero. Né en 1946, ce guitariste britannique appartient plutôt à la catégorie des inventeurs de sonorités. Il reçoit sa première guitare à l’âge de 10 ans. Durant toute son adolescence, il évolue dans l’univers du jazz moderne, jusqu’à ses 21 ans, lorsqu’il découvre enfin le rock.

En 1967, il répond à une annonce des frères Michael et Peter Giles. Avec eux, il enregistre un premier album étrange et psychédélique qui pose les bases de King Crimson. Si ce groupe précurseur du rock progressif ne rencontre pas immédiatement son public, il séduit un homme d’affaires mélomane qui décide de le financer.

Selon Robert Fripp, c’est grâce à cet argent reçu en liquide qu’il s’offre sa première Gibson Les Paul Custom de 1959. Un investissement déjà conséquent à l’époque, mais dont la valeur pourrait aujourd’hui atteindre des sommets, compte tenu de l’histoire de cet instrument.

C’est sur cette Gibson que Fripp affine son jeu, à la croisée de la musique classique, du folk celtique et du jazz, avec une recherche constante autour des rythmes et des harmonies. Le résultat est déroutant, mais marque les esprits d’une génération bousculée autant par la musique que par la pochette de l’album In the Court of the Crimson King, paru en 1969.

Le goût de l’expérimentation de Robert Fripp attire les artistes les plus audacieux, parmi lesquels Brian Eno, figure incontournable des explorations sonores qui accompagneront la période new wave. En 1976, celui-ci entraîne le guitariste dans ses aventures musicales. Leur collaboration se poursuit jusqu’à Berlin, où David Bowie travaille sur ce qui deviendra sa trilogie berlinoise. Fripp participe ainsi à l’enregistrement de l’album “Heroes”, publié en 1977.

Brian Eno a raconté comment, pour la chanson-titre, il avait branché la Gibson Les Paul de Fripp sur un dispositif électronique, avant de laisser le guitariste improviser ses parties. Captées en un temps record, ces interventions allaient donner naissance à l’une des signatures sonores les plus saisissantes du morceau.

Derrière la voix de Bowie et la tension dramatique de “Heroes”, les nappes de larsen et les envolées électriques de la Gibson Custom de Fripp sont devenues essentielles. La preuve qu’il n’est pas nécessaire d’être sous les projecteurs pour laisser une empreinte indélébile dans l’histoire du rock.