Fête de l’Europe : « La culture est essentielle pour les enjeux européens »

Publié le 29 avril 2016 à 15:24
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

Le 7 mai 2016, Paris accueille la Fête de l’Europe sur le parvis de l’Hôtel de Ville. C’est le festival Europavox qui fut chargé de la programmation musicale. Rencontre avec François Missonnier, son directeur et fondateur.

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©Rock en Seine

Europe un jour, Europe toujours. Depuis dix ans, François Missonnier, directeur du festival parisien Rock En Seine, retourne en région auvergnate aux alentours du mois de juin pour Europavoxun festival de musique dont l’objectif est de représenter la diversité européenne. À l’époque, le département souhaitait créer un évènement rock, « avec une identité différente de Rock En Seine. » Lui, avait aussi envie de défendre un certain projet européen, « sur le plan citoyen et humain. » Une décennie plus tard, l’événement a pris de l’ampleur : il accueillera du 1er au 5 juin une cinquantaine d’artistes de 24 nationalités différentes, dont la plupart donneront leur premier concert en France.

 

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 Soom T (Glasgow)

« Avec Europavox, on essaye de faire de nos différences une richesse. » Et pas que musicalement : François Missonnier a aussi créé Mediavox et Europaclub. Le premier réunit des journalistes d’une vingtaine de pays chaque année, le second est à l’origine d’un groupement européen des Salles de Musiques Actuelles, sur fond de « dynamiques communes. »

 

 

Cette année, Europavox accueillera The Last Shadow Puppets (Royaume-Uni), Olivier Heim (Pologne) ou encore SVPER (Espagne).

« Ceux qui peuvent changer les choses, c’est les jeunes »

L’Union européenne s’est bâtie sur des fondements économiques, et non sur une réelle coopération culturelle. Ce n’est qu’en 1990 qu’est née « l’exception culturelle » (devenue plus tard la « diversité culturelle ») : elle permet aux États membres de préserver leurs systèmes propres d’aides publiques dans le secteur de la culture.

Après dix ans à s’investir dans le projet européen, François Missonnier semble dubitatif et soucieux : « Je sens que l’Europe manque d’humanité. » Crise des réfugiés, renfermement politique, absentéisme aux élections européennes… Europavox et la Fête de l’Europe souhaitent aussi redonner envie aux gens ad minima de se sentir concernés par les enjeux européens. « Ça peut paraître utopique et naïf, mais l’avenir de l’Europe passe par la jeunesse et l’humain, » que les jeunes échangent et « la culture peut initier ce genre de choses. »

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La Fête de l’Europe : unie dans la diversité

La France se pourvoit de quelques acteurs culturels européens. Au niveau local, de nombreuses associations produisent un travail en ce sens, comme les Nuits Sonores à Lyon : elles ont lancé EuropeanLab avec pleins de thématiques pour « inventer la culture européenne de demain. » Il y a aussi un festival autour du jazz européen (Europa Jazz), et « de gros programmes autour du cinéma. » Les évènements à portée européenne existent mais « plus il y aura d’initiatives qui naîtront à coté des autres, plus nous seront efficaces. »

La Fête de l’Europe, elle, prendra place sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris pour sa onzième édition, le samedi 7 mai prochain. À travers des concerts, des débats, un village européen, l’objectif est de « valoriser les initiatives citoyennes pour le vivre ensemble (thématique de cette année, ndlr) » et la construction européenne. Organisée en partenariat avec la Maison de l’Europe de Paris, la Commission européenne, le Parlement européen et Europavox, elle a réunit l’année  dernière près de 15 000 personnes. Cette année, cinq groupes de cinq pays différents seront scène, dont les Naive New Beaters pour la France.

Programmation complète

Propos recueillis par Angèle Chatelier