Le bar Jumanji… pas si sauvage que ça

Publié le 10 novembre 2016 à 14:57
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

Un bar sur le thème du film Jumanji ouvre ses portes à Paris jusqu’au 26 novembre. Une ouverture éphémère, calibrée et financée.

ouifm-jumonkibar

Sur le papier, ça fait rêver : un bar sauvage et éphémère, sur le thème d’un emblème de la pop-culture, le film Jumanji sorti en 1995. Le Jumonki ouvre ses portes à Paris jusqu’au 26 novembre 2016 sur le thème du célèbre film de Joe Johnston. Tout y est : les plantes carnivores, les tigres en peluche, les chauves-souris, les jeux de dés. Même l’ambiance chaude, les meubles couleur taupe et les murs zébrés amènent un peu de savane dans la grisaille parisienne. Pourtant, dès le départ, le ton est donné. Un écriteau en métal brut marqué « Monkey Shoulder » plane entre les plantes. Ici, c’est cette marque de whisky qui décide. Elle a tout financé à travers le concours de cocktails qu’elle a organisé, Ultimate Bartender Championship. Thibault Gaufryau, un bordelais de 28 ans, en est ressorti grand gagnant avec son bar à thème Jumanji. Fan du film, mais pas passionné, l’idée lui est venue grâce au logo de la marque, un singe. « Le thème Jumanji est arrivé comme un cheveu sur la soupe » avoue-t-il, toujours souriant, en appuyant : « Je cherchais à représenter la marque comme elle se doit. » D’où l’ambiance « jungle« , « chaude » et « festive« , pour « lier le cocktail à la fête. » Thibault, barman depuis cinq ans, s’intéresse à la mixologie (l’art du cocktail) depuis un an. Cette victoire va pouvoir le lancer financièrement dans le domaine : tous les bénéfices de cet évènement lui seront reversés.

Pourtant, pour la marque, c’est une aubaine. Tous les cocktails seront à base de Monkey Shoulder : « Nous cherchons depuis plusieurs années à rajeunir la marque. Que le whisky ne soit pas simplement une boisson à papa » explique distinctement Barkan Cohen, chef de marque de Monkey Shoulder. Thibault est passé par trois phases de test avant de pouvoir ouvrir son bar. Le jury (composé de Barkan Cohen lui-même et du directeur monde de la marque) a d’abord testé les capacités techniques à faire des cocktails de 150 participants. 35 barmans sont restés en lice. Ensuite, les idées ont été présentées sur le web pour en « tester la popularité. » Le bar Jumanji s’adresse à un public « entre 25 et 35 ans. » Les nostalgiques du film ? On est en plein dedans.

À l’heure où un remake de Jumanji est prévu pour décembre 2017, c’est bien trouvé. Cet évènement va dans la lignée de la marque, celle de « toucher des consommateurs plus jeunes. » Depuis deux ans, Monkey Shoulder a été élu scotch « le plus branché du monde » vante le chef de marque.

Le bar Jumonki, ouvert pendant quinze jours seulement, devrait attirer du monde, nostalgiques ou curieux. Car l’éphémère, on le sait, est un effet domino : plus les évènements sont ponctuels, plus les gens s’y précipitent de peur de le rater. Pour Monkey Shoulder, c’est juste « plus unique pour les consommateurs » et ça permet d’investir plus de moyens sur une période courte. Thibault, lui, s’est juste laissé faire face à sa victoire. Tout était pris en charge : de la location du lieu de 250 mètres carrés, aux fournisseurs pour les travaux. Thibault est souriant, avenant, et heureux d’avoir gagné ce concours. Lui, il aime « transmettre ce qu’il fait, » et Monkey Shoulder lui permet simplement de le faire. Ce bar éphémère Jumanji le propulsera donc dans le monde des barmans et des cocktails… avec de féroces bénéfices.

Angèle Chatelier