[Interview] Corey Taylor et Josh Rand de Stone Sour, metalleux et décontractés

Publié le 30 juin 2017 à 10:00
Mathieu David Par Mathieu David
Rédacteur

Après avoir donné une session acoustique à leur hôtel devant les dix gagnants du concours Bring The Noise, Corey Taylor et Josh Rand, les deux membres fondateurs restant dans Stone Sour, ont donné une interview à OÜI FM pour parler d’Hydrograd, leur nouvel album qui sort ce vendredi 30 juin.

Bonjour Corey et Josh et merci de nous donner cette interview !

Corey Taylor : Merci à toi ! Pour ceux qui ne savent pas, Josh est actuellement en train de porter un magnifique peignoir blanc qui est un peu trop sexy pour moi. [rires]

Vous sortez votre sixième album, et ce 15 ans après votre premier, comment vous sentez-vous ?

Corey : Plutôt bien ! C’est cool de mettre ça en perspective et de se rendre compte du succès qu’on a eu, du peignoir qu’il porte… [rires] C’est vraiment cool, il y a plein de groupes qui sont apparus avant ou après nous qui n’ont pas atteint cela. C’est le résultat de beaucoup de travail, mais aussi de chance et c’est grâce à nos fans.

Josh Rand : C’est une sacrée aventure qui dure depuis un moment et ça fait plaisir de voir qu’on a de plus en plus de succès au fur et à mesure que les albums sortent. On continue d’avancer, nos fans sont de plus nombreux et je les en remercie.

Corey, tu as dit que c’était l’album pour lequel tu as eu le plus de plaisir à enregistrer depuis le premier Slipknot. Peux-tu nous en dire plus ?

Corey : C’était tellement réjouissant ! Cela fait plusieurs années que j’enregistre des albums et certains d’entre eux, même si j’en suis fiers, ont été très durs à enregistrer. Ce n’était pas le cas ici, on riait tous les jours, on s’éclatait à le faire ensemble, on arrivait tôt au studio et partions tard… Personne ne fait ça ! Cette ambiance était vraiment motivante pour nous-tous et je pense que ça se ressent dans la musique de l’album : c’est positif, plein d’énergie, il y a des moments plus lourds, mais c’est contrebalancé par une certaine légèreté. Il y a des chansons que tu mets juste pour passer un bon moment, tu n’as pas à te préoccuper de savoir si c’est sérieux, sombre, émotionnel ou n’importe quoi d’autre. Tu la mets et tu kiffes, c’est tout.

Assistez à la session de Corey Taylor (Slipknot, Stone Sour) avec Bring The Noise et OÜI FM !

Parlons de la diversité des morceaux dans Hydrograd.

Josh : Stone Sour a toujours diversifié le propos, et ce depuis le premier album. Mais on a creusé cet aspect ici, avec notamment deux nouveaux membres [Johnny Chow et Christian Martuccci] qui enregistrent pour la première fois avec nous et qui nous permettent de l’être encore plus. On ne planifie rien sur la direction de l’album, on ne se dit pas qu’ici on va mettre un morceau bourrin et là un acoustique, on essaie juste de faire les meilleures chansons possibles. Et comme on écoute tous des trucs différents, on met ces influences dans notre musique et c’est ce qui fait Stone Sour : un melting-pot de musiques différentes qui capture le meilleur de nous-même à l’instant T. On est toujours ouvert à essayer de nouvelles idées, quelles qu’elles soient.

Les paroles semblent diversifiées aussi.

Corey : Comme sur les autres albums, j’essaie d’y apporter un regard plus léger. Beaucoup d’artistes essaient de trouver un sens profond à leurs paroles, moi j’écris juste sur la vie, comme Van Halen dans le temps. Par exemple, avec Rose Red Violent Blue (This Song Is Dumb & So Am I), je parle de ces personnes qui agissent comme sangsues émotionnelles qui t’aspirent ton énergie et qui te tirent vers le bas avec leurs histoires… Il faut s’éloigner de ces gens ! Dans Knievel Has Landed, je ne parle pas du cascadeur, mais des gens qui se crament en faisant toujours les mêmes erreurs… Comment tu fais quand tu arrêtes de les faire et que tu commences à réparer tes bêtises ? C’est plus ou moins ce dont j’ai toujours parlé, mais avec une approche plus tranquille, sans chercher à faire une sorte de thérapie. Ce sont juste des choses dont j’avais envie de parler.

Le titre, Hydrograd, est plutôt original, à quoi fait-il référence ?

Corey : C’est drôle ! Ca ne veut rien dire du tout ! Ca ressemble à du russe, mais ce n’en est pas pas. Je courrais dans un aéroport, un de ces vieux aéroports de l’Europe de l’est, et le tableau d’informations était vraiment vieillot avec son affichage digital, on se croyait dans les années 80. Donc je courrais en cherchant mon terminal sans louper mon vol, et en jetant un œil au tableau j’ai cru lire « Hydrograd ». C’est un nom cool, je voulais savoir où c’était, donc je suis retourné au tableau et « Hydrograd » n’est jamais apparu, ça ne commençait même pas par un H ! Mais c’est resté dans ma tête, si bien que j’ai donné ce titre à un des morceaux qu’on a écrit ensemble pour cet album. Et je l’ai trouvé tellement cool qu’on l’a utilisé pour l’album. Ca peut d’ailleurs être une métaphore pour l’ensemble du disque : pas besoin que ça veuille dire quelque chose, le ressenti est intéressant.

Du coup, de quoi parle la morceau ?

Corey : C’est un hymne dans lequel tu mets en avant la badasserie. [rires] Tu vois le gars et tu te dis «Je vais pas l’emmerder ! » Tu peux avoir peur d’écrire à ce sujet, mais avec les années d’expérience, je n’avais aucune raison d’être timide pour en parler !

Lors de votre session acoustique, l’arrangement de 30-30/150 a été complètement changé, peux-tu nous en parler ?

Corey : C’est un de mes morceaux préférés de notre répertoire. J’essaie toujours d’ajouter un peu de piment à mes sets acoustiques et là, en répétition, je me suis amusé avec ces riffs à la Jean Genie, puis j’ai commencé à chanter 30-30/150 dessus, sur cet arrangement bluesy, et ça a tellement bien marché. Ca m’a montré à quel point c’était une bonne chanson, même quand on enlève l’aspect combatif et heavy, il y a toujours des choses à dire.

Vous aller bientôt revenir jouer à Paris, parlez-nous de votre relation avec le public français.

Corey : Nos concerts se sont toujours bien passés en France ! Ce qui est cool, c’est qu’en 10 ans, on revoit régulièrement les mêmes visages, mais aussi de nouveaux, qui aiment probablement la musique, ou peut-être parce qu’on n’a pas joué qu’à Paris, mais dans d’autres villes, ce qui est appréciable pour certains. Par rapport à ce qui s’est passé ces dernières années, nous avons toujours montré notre soutien, même si nous n’avons pas pu nous déplacer jusqu’ici, mais malgré tout, les fans y sont réceptifs et ça fait plaisir !

Quelle est la chose la plus importante que vous avez apprise dans votre carrière ?

Josh : Toujours s’habiller confortablement en interview ! [rires] J’aime voir à quel point les gens sont capables de mettre leurs différences de côté pour une chose, quel que soit le pays d’où tu viens. C’est cool d’y aller et de voir que les gens s’en débarrassent juste pour apprécier les concerts qu’ils vont voir. Partager ça avec eux n’est pas donné à tous le monde et je suis très heureux de vivre ça.

Corey : Pour moi, la musique va parler aux gens, quelle que soit la langue qu’ils parlent. Quand tu montres du respect pour leur culture, ils vont te le rendre. C’est quelque chose de très important pour nous, sans être condescendant. Plus tu es honnête, moins tu as peur que les gens te laissent tomber. Nous faisons toujours la musique pour les mêmes raisons que quand on a commencé. Notre fanbase a augmenté de la même manière que notre façon d’apprécier les choses.

 

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