Radiohead

Radiohead est un groupe de rock alternatif anglais.

Radiohead émerge dans les années 90, alors que décline l’invasion de la brit-pop. Le groupe se présente avec un son mélancolique, mélodique et explosif, avec des influences affirmées tant dans la culture alternative que dans l’héritage de grands classiques rock comme Pink Floyd. La sortie d’OK Computer, en 1997, classa Radiohead parmi les groupes les plus influents de la décennie, brassant des influences aussi variées que Queen, R.E.M. et Miles Davis. Les musiciens d’Oxford incarnent alors les sauveurs du rock moderne, pour ensuite, dans les années 2000, s’orienter vers un nouveau son, plus lourd, introduisant musique électronique et voix minimalistes, et moins de guitares.

Naissance du groupe

Le chanteur et guitariste Thom Yorke s’est tourné vers la musique en grandissant en Ecosse puis à Oxford. C’est pour tuer l’ennui de l’internat qu’il apprend à jouer de la guitare. C’est aussi à cette époque qu’il rencontre le bassiste Colin Greenwood. Ensemble, ils montent leur premier groupe de punk, TNT. En 1987, ils sont rejoints par Ed O’Brien à la guitare et Phil Selway à la batterie dans un nouveau groupe, On a Friday. Le frère cadet de Colin, Jonny, est bientôt recruté à la guitare. Mais le groupe doit se séparer au moment où chacun des membres part étudier à l’université, pour se retrouver en 1991 sous le nom de Radiohead, qu’ils trouvent dans une chanson de Talking Heads.

Une identité à prouver

Radiohead se fait rapidement un nom à Oxford, et suscite l’intérêt de maisons de disques londoniennes. La groupe signe avec le label anglais Parlophone, et en 1992, part en tournée en Angleterre, et commence à enregistrer son premier album. Pablo Honey sort aussi chez Capitol aux Etats-Unis. On y trouve Creep, un hymne intense à l’écoeurement de soi, où la voix de Thom Yorke alterne entre douceur et angoisse (« I wish I was special… but I’m a creep »), et la guitare de Jonny Greenwood se tord de spasmes bruts. La chanson devient vite un succès en Angleterre comme aux Etats-Unis, et Radiohead est catalogué par la critique comme groupe d’un tube. Radiohead y répond deux ans plus tard avec The Bends, qui fait preuve d’un élargissement du spectre musical du groupe et explore le thème de l’aliénation à différents niveaux, notamment sur les titres Fake Plastic Trees et High and Dry. Si les chiffres des ventes n’atteignent pas ceux du premier album, les critiques, elles, reviennent sur leur jugement et reconsidèrent le groupe.
Affirmation

L’album suivant, OK Computer, est coproduit par le groupe et Nigel Godrick (ingé-son sur The Bends). Bien que Yorke et le groupe nient toute idée de thème cohérent sur l’album, plusieurs titres – dont Karma Police et Paranoid Android – explorent celui de la technologie envahissante et de l’angoisse du nouveau millénaire. Ok Computer fait l’unanimité des critiques et remporte le Grammy Award du Meilleur album de musique alternative. Bien qu’il n’ait eu aucun titre au top 40 des singles, Radiohead s’impose encore un peu plus sur scène avec des tournées sans fin. Plus tard, Grant Gee parlera même de la tournée 97-98 comme d’un exercice déshumanisant, dans l’ennui et l’épuisement, dans son documentaire Meeting People is Easy, en 1999.

Virage amorcé
 
Les membres du groupe vivent et travaillent toujours à Oxford. Tandis que les fans attendent l’album suivant pendant trois ans, une vague de groupes influencés par Radiohead commence à déferler sur les charts anglais et américains (Travis, Coldplay…). Ce qui contribue à créer la surprise lors de la sortie de l’album tant attendu, Kid A, pourtant numéro 1 du Billboard en 2000  : nouveau son clairement électronique et « ambient ». Enregistré avec Godrich, Kid A renvoie les guitares à l’arrière-plan, tout en explorant de longs passages instrumentaux, et un chant parfois incohérent. L’accueil est globalement positif, et en juin 2001, l’album est numéro 2 du Billboard  il est d’ailleurs lui aussi récompensé du Grammy Award du Meilleur album de musique alternative. Le groupe ne sort aucun single de l’album, et fait peu de concerts. Un deuxième album, Amnesiac, sort en juin 2001 et présente certains titres de la première session d’enregistrement. Cinq mois plus tard, le groupe sort son troisième disque en 13 mois, I Might Be Wrong : Live Recordings, extrait de quatre concerts en Europe.

Retour aux sources…

Radiohead retourne en studio pour Hall to the Thief (2003), dernier album sous contrat avec EMI. Le groupe trouve alors l’équilibre naturel entre une musique basée à l’origine sur les guitares et les écarts plus récents vers la musique électronique. L’album est écrit et enregistré après l’invasion américaine en Irak, et la nature pessimiste et orwellienne des textes de Radiohead n’a jamais été aussi pertinente, notamment sur des titres tels que Go to Sleep, ou Sit Down, Stand Up. Comme les deux albums précédents, Hall to the Thief atteint la troisième place du Billboard, malgré une musique difficile d’accès.

… et (r)évolutions

Jigsaw, ectrait d’In Rainbows

Libérés de leurs obligations vis-à-vis de leur maison de disques, les membres de Radiohead prennent alors plusieurs décisions qui font date quant à la distribution de leur musique. Tout d’abord, le groupe refuse la politique d’iTunes, qui vend les chansons individuellement, séparément des albums. En 2007, le groupe annonce qu’il ne vendra sa musique que par le biais de la plate-forme anglaise 7digital, qui conserve l’intégrité des albums. Puis, en octobre, Radiohead jette un pavé dans la mare : le nouvel album à venir, In Rainbows, sera en vente exclusivement sur le site officiel du groupe. Mais surtout, les fans pourront payer le prix qu’ils veulent, voire même, ne pas payer du tout. Le marketing a d’ailleurs presque évincé l’album lui-même, pourtant l’un des plus accessibles du groupe depuis OK Computer !
Selon une étude de comScore, 38% des internautes qui ont téléchargé l’album l’a payé en moyenne 6$, et 62% n’a rien payé du tout. Si Radiohead a démenti ces chiffres, ils n’ont pas pour autant communiqué les leurs.

Thom Yorke en solo

Au milieu du battage médiatique qui entoure les positions du groupe quant à l’industrie du disque, Thom Yorke sort discrètement son premier album solo sur le label indépendant XL Records. The Eraser est par excellence sombre et électronique, la critique est partagée, et les titres en sont disponibles au téléchargement sur iTunes.

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