Une journaliste américaine dénonce les actions misogynes des Last Shadow Puppets

Publié le 9 mars 2016 à 17:59
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

Bad buzz pour le groupe britannique.

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« Les Last Shadow Puppets sont fatigants » pour Rachel Brodsky du webzine américain Spin. À l’occasion de la sortie en avril de leur deuxième opus Everything You’ve Come To Expect, la journaliste a interviewé Alex Turner (Arctic Monkeys) et Miles Kane, les membres du groupe. Ce qui devait être un rendez-vous professionnel s’est transformé en une situation gênante et misogyne. Elle raconte cette rencontre dans un témoignage sur le site musical.

À base de regards insistants et sous-entendus grivois, The Last Shadow Puppets, et « principalement Miles Kane » reconnaît la journaliste, ont agi de manière embarrassante et inappropriée. Une situation bien trop courante dans le milieu :

« Alors les gars, qu’est ce que vous faites aujourd’hui ? »
« Tu veux monter à l’étage ? » répond Miles Kane.
« Non. » réponds-je, riant nerveusement.
L’attaché de presse me fait signe. « Je t’avais prévenu, ils sont un peu en roue libre ! »
« Je plaisante, je plaisante ! » dit Kane en ricanant.

Une interview qui prend alors une direction plus que dérangeante. Jusqu’au moment où Miles Kane finit par embrasser Rachel Brodsky sur la joue pour la saluer.  « Est-ce que c’est normal qu’un artiste me demande de monter dans sa chambre, même pour rire ? Qu’il m’embrasse et me reluque de haut en bas ? » se martèle la journaliste, une fois partie.

En janvier dernier, le site Slate sortait déjà un article sur le sexisme de l’industrie musicale. On y découvrait Mélissa à qui on a dit un jour : « Être attaché de presse, c’est faire la pute. » Aujourd’hui, Rachel Brodsky dénonce les réactions inappropriées de ces deux mastodontes du rock britannique.

Une situation malheureusement bien courante. « Ce n’est pas dirigé contre les Last Shadow Puppets, c’est plutôt contre cette culture de l’inégalité, que l’on soit une journaliste face à des musiciens, une femme face à des hommes, des femmes face aux stéréotypes de notre société » souligne la journaliste. « Un peu plus de prévoyance et bien plus de professionnalisme envers les femmes dans l’industrie musicale serait souhaitable. »

Et bien que cela ne « l’ai pas aidé à se sentir mieux, » Miles Kane lui a envoyé un message quelques jours après :

« Chère Rachel,

Je suis vraiment ravi d’avoir discuté avec toi de notre nouvel album. Je suis vraiment désolé que les remarques faites durant l’interview t’aient offensé. Je reconnais que mon humour était un peu lourd et ça me désole qu’il t’ait mis dans une situation dérangeante. En espérant que tu acceptes mes sincères excuses.

Miles »

Le témoignage de Rachel Brodsky est disponible ici (en anglais).