U2 à l’AccorHotels Arena : le report de Thomas Caussé !

Publié le 12 novembre 2015 à 11:58
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
Rédacteur

U2 à l'AccorHotels Arena de Paris : le récit de Thomas Caussé !L’animateur de la Grande Boucle de OÜI FM (16h-19h) vous raconte un des concerts les plus prisés de cette fin d’année !

« U2 entamait hier soir une série de quatre concerts à Paris – dans un Bercy new look, repeint, réhaussé, ré-organisé et rebaptisé AccorHotel Arena. Mais, si les salles changent, U2 reste, U2 demeure. U2 a toujours été là. U2 fait partie de l’Histoire. Mieux que ça, on a TOUS une histoire avec U2 : on les adore, on les déteste, on les a aimés, on les a perdus, on les connaît par cœur, on n’a jamais pu rester indifférents face à U2. Et au bout du show de mardi soir, U2 a encore réussi à à nous apprendre une nouvelle histoire. Pour vous la raconter, il faudrait commencer par la fin…

Le final du concert parisien s’est monté en couches successives de grandiose : partez de Pride pour arriver sur One en passant par Beautiful Day, je vous laisse imaginer le tableau, impossible d’y résister. U2 connaît le métier et l’exécute brillamment. Une fin-feu d’artifice.

Remontons encore dans le temps. Le temps justement, les titres de U2 possèdent cette qualité incroyable d’être insensibles aux époques. Les chansons de U2 sont bâties de façons universelles et trouvent un sens nouveau années après années. Une séquence du concert enchaine Bullet The Blue Sky  et Where The Streets Have No Name, des titres respectivement basés sur le Nicaragua et les communautés Irlandaises. Transposés en 2015, ces chansons parlent de la Syrie et du drame des réfugiés, et le texte semble tout aussi juste.

Rewind encore vers le chapitre précédent. Le mot chapitre est le terme à utiliser, tellement le concert de U2 sur cette tournée iNNOCENCE + eXPERIENCE Tour fonctionne en séquences. Physiquement découpé par un écran de 30 mètres de long qui sépare la salle en deux dans le sens de la longueur, montant et descendant sur une scène tout en longueur également (en forme de gros os), le groupe s’en sert pour entrer et sortir, passer derrière ou jouer dedans. L’effet est stupéfiant.

Tout ça pour revenir au tout début du concert, au chapitre 1. La série de 9 morceaux qui ouvre le show reste sensiblement la même depuis le début de la tournée mondiale. U2 signe encore une idée originale, en revenant à SES origines. Passé le lancement des festivités avec The Miracle (of Joey Ramone) et Vertigo, U2 se (re)présente avec I Will Follow, leur tout premier single, daté au carbone 14 à l’année 1980. S’en suit un voyage dans le passé du groupe, hommage aux parents (Iris) aux amis (Cedarwood Road) à l’adolescence (Song For Someone) à l’adolescence en Irlande (Sunday Bloody Sunday). Et là c’est U2 qui nous raconte LEUR histoire. C’est à la fois touchant, intelligent, sensible et sensé. Surtout que, comme souvent dans la vie, cette histoire finit mal : la conclusion de ce premier chapitre du concert se fait sur un Until The End Of The World apocalyptique, où le groupe se retrouve noyé par un déluge biblique via les effets vidéos de l’écran géant.

Le concert pourrait s’arrêter là qu’on n’en voudrait (presque) pas à U2. En moins d’une demie-heure, la bande à Bono nous a bluffés. On ne les pensait plus capable de nous étonner encore, de nous apprendre quelque chose sur eux. En novembre 2015, U2 nous a rappelé que derrière leur rock-star-system, il y a quatre garçons de Dublin avec des rêves plein la tête et des posters de The Clash sur leur murs. Et en 2015, leurs rêves sont toujours là. Bien sûr, en 2015, Bono paraît un peu plus bedonnant, Larry Mullen a les traits plus creusés, Adam Clayton conserve son côté branleur (si le mec pouvait fumer sa clope sur scène, sûr qu’il le ferait – saleté de loi Evin !), The Edge soigne toujours sa timidité (sauf à la guitare, un véritable génie)… mais au tout début du live, quand les quatre se rassemblent autour d’une ampoule géante, on voit qu’ils ont encore un potentiel. L’ampoule c’est le symbole de l’idée. Une idée c’est le début d’une histoire. Notre histoire avec U2. »

Thomas Caussé