The Dirt : le compte-rendu

Publié le 22 mars 2019 à 10:00
Mathieu David Par Mathieu David
Rédacteur

Nous avons vu le biopic sur Mötley Crüe. Voici nos impressions.

motley crue - the dirt

Ce vendredi 22 mars sort The Dirt sur Netflix, le film qui raconte l’histoire de Mötley Crüe, groupe de hard rock américain qui a déferlé aux États-Unis à travers les années 80. Si les albums légendaires tels que Dr. Feelgood ou Shout at the Devil ne sont plus à présenter tant ils sont inscrits dans l’histoire du rock, les frasques du groupe n’étaient pas connues en détail du grand public jusqu’en 2001, année de parution de l’autobiographie du groupe, intitulée The Dirt.

C’est de ce best-seller que s’inspire le film éponyme, réalisé par Jeff Tremaine. Le but avoué est de délivrer au public une vision crue et explicite de ce qu’il s’est passé dans les coulisses de Mötley Crüe. Le ton est donné dès la scène d’ouverture du film : au cours d’une fête, on voit tour à tour Vince Neil (joué par Daniel Webber) aux affaires avec une groupie dans les toilettes et Tommy Lee (Machine Gun Kelly) en train de faire un cunnilingus à une autre groupie au milieu de l’assemblée.
Pendant ce temps, Nikki Sixx (Douglas Booth) et Mick Mars (Iwan Rheon) sont en train de boire et de consommer diverses substances, alors que le volume de la musique dépasse largement le raisonnable. Sex, Drugs & Rock ‘n’ Roll sont les maitre-mots de ces 105 minutes de film.

Par la suite, le film se déroule dans l’ordre chronologique, faisant d’abord un parallèle intéressant entre l’enfance tumultueuse du bassiste Nikki Sixx et l’adolescence plus tranquille du batteur Tommy Lee. Puis, les deux musiciens se rencontrent, dans un diner à Los Angeles, alors que Nikki Sixx vient de mettre fin à son groupe.
Arrive ensuite Mick Mars, qui s’impose en tant que guitariste unique de la formation. Vince Neil vient compléter ce puzzle, avec une mise en scène de la création du morceau Live Wire, avant que le groupe trouve enfin son nom : Mötley Crüe.

The Dirt met en scène l’histoire de l’ascension fulgurante du groupe, de ses premières dates en club jusqu’aux stades. Les scènes en coulisses ne sont pas en reste, montrant les soirées endiablées des musiciens en train d’enchaîner les conquêtes et de se droguer.
On retiendra la scène mémorable d’Ozzy Osbourne en train de montrer son expérience en matière de provocation ou la course-poursuite du groupe dans les couloirs d’un hôtel.

Si le fun est très présent, le film ne fait pas l’impasse sur les tragédies qui ont jalonné la carrière de Mötley Crue. L’accident de voiture de Vince Neil, au cours duquel Razzle (batteur de Hanoï Rocks) est explicitement mis en scène, tout comme le décès de sa fille plus tard. L’addiction à l’héroïne de Nikki Sixx, tout comme les déboires amoureux de Tommy Lee et les problèmes de santé de Mick Mars sont aussi présents.
Si les quatre musiciens, magnifiquement interprétés par leurs acteurs respectifs, sont sympathiques et attachant, point de complaisance n’est faite sur leurs aspects sombres.

Mais 1h45 est une durée trop courte pour couvrir l’ensemble de la carrière de Mötley Crüe. Des choix ont donc dû être faits. Le film s’arrête en 1997, au moment où Vince Neil revient dans le groupe, après le bref passage de John Corabi au chant. The Dirt use aussi de raccourcis et de simplifications pour fluidifier l’histoire.
Les différents personnages n’hésitent pas à briser le quatrième mur et à s’adresser directement aux spectateurs pour mettre en lumière cet aspect, sans oublier de divertir le spectateur.

Car oui, il est bien question de divertissement dans tout ce film, qui dresse un portrait explicite d’un groupe, imparfait et outrancier sur bien des aspects de la personnalité de ses membres, mais terriblement attachant.
Quoi de mieux pour avoir envie de replonger dans leur musique, tête la première.