The Complete BBC Sessions de Led Zeppelin : soirée de lancement à Londres

Publié le 20 septembre 2016 à 12:28
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
Rédacteur

Soirée de lancement de The Complete BBC Sessions de Led Zeppelin à Londres : Sacha vous raconte tout !

Sacha était sur place et vous raconte sa rencontre du troisième type avec l’immense Jimmy Page – et plein d’autres trucs, parce que c’est Sacha !

Vous avez remarqué à quel point la musique de votre réveil est la musique la plus énervante, le son le plus chiant, le bruit le plus créateur de tueurs en série au monde ? Concrètement, même l’enfant d’un plan entre une roulette de dentiste, des ongles sur un tableau et les miaulements d’une chatte qui a ses chaleurs (le tout dans une cave de Corée du Nord) ne bat pas ce truc qui te sort de cet endroit plein de chamallow et de nuages qu’est ton sommeil. Enfin, ça c’est la version petite fille de 8 ans, hein ? Parce qu’en vrai c’est plus un monde de bave et de phrases chelou prononcées à voix haute ! Et c’est d’autant plus dur quand ton réveil sonne à 6 heures. Le mec qui a inventé cette heure est la pire personne de l’histoire, bien au-delà d’une moustache carrée ou d’un type qui insulte ta sœur un soir de finale de coupe du monde, fin du débat !

Sauf que parfois, le miracle veut que tu kiffes quand ton réveil sonne… si si, je te jure ! Et ce miracle a eu lieu le 14 septembre, parce que ce jour-là, je pars à Londres voir Jimmy Page ! Drop the clavier (c’est comme le mic drop mais avec un ordi quoi…) !

Bref, je me souviendrais toujours du jour ou Fanny, notre directrice d’antenne à OÜI FM, est venue me voir avec ces mots simples :

« Qu’est-ce que tu fais le 14 septembre ? Parce que je te propose de partir à Londres assister à la conférence de presse pour la réédition de The Complete BBC Sessions de Led Zeppelin avec Jimmy Page. »

Franchement, quelque soit la chose que j’aurais pu avoir de prévu ce jour-là, ça passait au second plan. Même si j’avais dû donner un rein pour sauver ma mère, et bah tant pis, elle aura eu une belle vie. Avec un fils indigne, certes, mais une belle vie !

Donc me voici à 8h15 tapantes, muni de mon petit sac à dos rose et de mes deux valises 400 litres sous les yeux, en train d’attendre les deux auditeurs chanceux qui ont gagné leur précieux sésame dans le Radio Réveil en compagnie de Christophe, l’attaché de presse de Warner (les gens qui nous paient, tout ça) . Mais soudain, OH LA LA LA LA DU SUSPENSE, on nous demande d’évacuer la plate-forme d’accueil pour raison de sécurité, un bagage ayant été retrouvé sans personne autour. Hummm, on essaie de saboter notre voyage direction la légende du rock’n’roll, mais qui ? Sûrement un coup des fans d’electro, vraisemblablement vexés que nous, fans de rock, ne soyons pas représentés par David Guetta. Ou alors, c’est juste une valise réellement oubliée, mais ça serait trop facile… Oui, je regarde BFM TV, du coup j’ai un problème de perception. Le temps que les militaires gèrent le sac, dans lequel on n’a pas retrouvé de bouteille d’eau (ce qui met les amoureux d’electro hors de cause), que Jonathan et Justine, les auditeurs susmentionnés, arrivent enfin. Nous nous faisons tripoter par la sécurité, de façon un peu brusque mais gratuite (du coup on peut pas critiquer), et nous voici dans le train qui peut atteindre une vitesse de 334,7 km/h et descendre à 50 mètres sous la mer. Oui, il y avait une télé avec plein de petites infos dans l’Eurostar ! Nous passons un voyage cool avec une discussion assez animée sur la musique, Led Zep et les ours exhibitionnistes. Les 2h16 passent en un éclair, comme celui d’Harry Potter ! Grosse vanne sur Londres !

Welcome ma gueule ! Nous franchissons enfin les portes de King’s Cross pour entrer dans ce qui est ma deuxième ville, ex æquo avec Berlin et Claye-Souilly : London baby ! Nous fonçons dans le métro après que Warner, via Christophe, ait réglé cette atteinte à l’humanité qu’est le prix des tickets du tube, le métro londonien ! Arrivée a l’hôtel, découverte de la chambre qui est muni d’un magnifique cagibi avec ses cintres, son seau avec balais éponge assorti, un must de Londres ! Mais on s’en fout de l’hôtel, ce serait comme aller bouffer chez Schwartz’s et se focaliser sur le fait qu’un des serveurs soit albinos ; t’es là pour la viande rouge, pas pour la blanche ! Enfin, « translucide » plutôt mais on s’en fout. J’ai l’après-midi de libre avant d’aller rejoindre Jimmy pour sa petite sauterie, du coup je décide de… Attends, c’est ma vie privée là Michel, du coup je vais faire une ellipse !

(ELLISPE TEMPORELLE*)

*À vous de trouver votre mélodie pour chanter ce jingle, moi j’ai mis une tierce.

C’est donc à 17h50, après m’être ruiné en rondelles chez Rough Trade que no… Euuuh, « rondelle » est synonyme de « CD », je préférais préciser… Bref, que nous montons dans le frigo sur roue qui nous sert de mini bus. Après 30 minutes et la perte de nos extrémités, nous sommes déposés devant le lieu de la soirée : les studios Olympic ! Studios mythiques du rock dans lesquels a été enregistré le premier album du Zeppelin, et où ont travaillé Jimi Hendrix, les Beatles, les Stones, Clapton et U2… on peut pas avoir bon à tous les coups. Le studio a d’ailleurs fermé juste après en 2009. Je dis pas qu’il y a un lien, j’y réfléchis seulement. Juste après sa fermeture, alors que ç’aurait fait un musée extraordinaire, le studio est devenu un cinéma. C’est un peut triste. Je sais qu’il ne faut pas s’attacher aux choses, mais un endroit qui a été la salle d’accouchement de Baba O’Riley des Who ou du Wild Thing des Troggs mérite peut-être mieux qu’avoir à nous révéler qui de Colin Firth ou Patrick Dempsey a mis la version Tussaud de Renée Zellweger enceinte. Les Stones ont quand même enregistré leur tout premier single dans ce studio ! Elle, elle s’est juste fait deux mecs à deux jours d’intervalle, c’est quand même vachement historique comme truc !

Enfin bon, c’est dans ce lieu rempli de souvenir que Jimmy Page, dont l’arrivée coïncide bizarrement avec la fin de la séance de Bridget Jones, a réuni tous les plus grands fans de Led Zep du monde. Et il sait recevoir ! Open bar, mini burgers, mozarrella panée, mini fish & chips, énormes olives, bref tout ce dont un journaliste en mission a besoin ! Après avoir tout fini, même les petits trucs apéritifs que tu manges uniquement par compulsion parce qu’honnêtement tu les aimes pas (tu sais ceux en forme de branches d’arbres ? Voilà ceux-là), nous sommes conduits dans la salle de ciné où nous attendent des dessous de verres Led Zep à emporter à la maison. On résume ? Londres, de la bouffe, de l’alcool et des cadeaux. Journée sympatoche quoi ! Mais le meilleur reste a venir. IL entre sous un tonnerre d’applaudissements et une standing ovation : JAMES FUCKING PAGE ! Sans déconner, je suis juste en face, à trois mètres de LUI, soit la distance qui sépare deux strapontins dans le métro ! Sauf que Page, c’est plus sympa qu’un bébé qui mange le même morceau de pain depuis 2 heures… Bizarrement je n’arrive pas à me convaincre que c’est lui. C’est peut-être con de dire ça mais quelqu’un comme ça, ça ne se rencontre pas. Les légendes n’existent pas normalement, elles sont trop grandes pour l’étriquée enveloppe corporelle nécessaire, et pourtant, le fondateur du groupe le plus bruyant du monde est là, mince, classe, le teint légèrement hâlé, une queue de cheval blanche parfaitement chouchoutée, tout est niquel. On s’installe et c’est parti pour 45 minutes de Led Zep à fond.

FRANCHEMENT, OUI JE SUIS OBLIGÉ DE D’ÉCRIRE FORT POUR QU’ON M’ENTENDE, LE SON EST VRAIMENT MONSTRUEUX ! JE SAIS C’EST DÉBILE PAR ÉCRIT, MAIS COMME ÇA VOUS ÊTES ENCORE PLUS DEDANS ! FRANCHEMENT, J’AVAIS JAMAIS ÉCOUTÉ LED ZEP AUSSI FORT ET C’EST DOMMAGE PARCE QUE C’EST COMME ÇA QU’ON SE rend compte, ah fin de la première chanson, qu’on se rend compte du génie que c’est ! Les BBC SESSIONS, AH C’EST REPARTI ! JE DISAIS QUE LES BBC SESSIONS ONT ÉTÉ ENREGISTRÉES EN 1969, AU TOUT DÉBUT DE LED ZEP, ET C’EST DNGUE DE LA LIBERTÉ MUSICALE QUE PEUT AVOIR UN GROUPE QUI DÉBUTE ! ON SENT VRAIMENT DES MUSICIENS TRÈS AU-DESSUS DE LA MOYENNE, QUI S’ÉCLATENT ET AVEC CE SON PUTAIN, C’EST MAGIQUE. Bon, je vais reprendre ma taille de lettres normale sinon je ne vais plus avoir de voix d’ici la fin ! 3 quarts d’heure et une oreille gauche qui siffle plus tard, Jimmy monte sur scène pour répondre aux questions d’un animateur radio expérimenté, une interview qui semble répétée mais qui reste très intéressante, on apprend notamment que Sunshine Woman, une des pépites de ces sessions, a été récupérée grâce à un fan qui, à l’époque, avait enregistré la radio en direct avec un micro ! Par la suite, le son a évidemment été retravaillé par Page. Il nous a également promis de donner des concerts en 2017, surement sans Plant qui s’éclate en solo !

Après un mojito très vite avalé, nous repartons vers le centre de Londres avec une équipe de radio espagnole dont l’animateur est un mix entre Brian Johnson et Dick Rivers, tout ça avec l’accent de Madrid. Non, vous ne pouvez pas imaginer, fallait être là ! Nous nous installons dans un pub encore ouvert dans lequel nous descendons de la musique et nous discutons des pintes de cidres, ou l’inverse je ne sais plus. Je suis vraiment content de voir que les auditeurs de OÜI FM – enfin, Jonathan et Justine en tout cas (oooooh le mec est méchant !) – sont vraiment drôles, calés en musique et des très bons potes de colo. Oui parce que c’est un peu la colo quand même, sans lits superposés, mais colo quand même !

Fin de la soirée, nous rentrons à l’hôtel, je fonce me coucher, enfin, regarder la télé au lit (on ne me juge pas, ok !?)… Et je m’endors devant du ping pong. 4 heures après le reveil sonne. Putain, nuit de fou, j’ai rêvé que j’ai rencontré Jimmy Page a Londres, n’importe quoi… Attends…