Sziget Festival 2016 : le report

Publié le 21 septembre 2016 à 15:29
Mathieu David Par Mathieu David
Rédacteur

Parmi le demi-million de festivaliers présents à Sziget se trouvait Anaëlle, qui a gagné son pass grâce à OÜI FM. Elle vous raconte ses aventures.

Presque 500 000 amoureux de musique étaient réunis sur l’île d’Obuda en Hongrie à l’occasion de la 24ème édition du Sziget Festival, qui s’est tenue du 10 au 17 août 2016. Au programme : un total de 450 concerts, des centaines d’activités et de spectacles tels que le Luminarium ou le cirque du Sziget, sans oublier les rencontres uniques entre festivaliers.

L’équipe de OÜI FM m’a offert la chance de vivre cette incroyable expérience. Voici le récit de mes 6 jours passés sur la plus merveilleuse île de Budapest, plus connue sous le nom d’Island of Freedom.

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JOUR 1

À tout juste 19 ans, que demander de mieux que de partir au Sziget Festival en compagnie de son amie partageant la même passion musicale ? Les 30 heures de trajet en bus ne font même pas frémir ! D’ailleurs, le voyage avec Eurolines se déroule parfaitement et l’excitation est partagée entre festivaliers. Nous rencontrons même deux Rennaises qui deviendront nos acolytes de festival

Après avoir longtemps attendu ce moment, nous posons enfin le pied à Budapest. Une escale pour le casse-croûte et nous montons dans un de ces fameux taxis jaunes. Direction l’île d’Obuda !

L’immersion est immédiate… Quelques pas sur l’île suffisent pour se plonger dans l’univers du Sziget. À peine le passeport de Szitizen en main, le monde extérieur n’est déjà qu’un vieux souvenir. Il est si difficile de se faire une idée de l’île de la liberté avant de s’y rendre : les mots et les photos sont de loin insuffisants pour décrire l’ambiance… il faut la vivre !

L’island of freedom est un véritable microcosme ; coupés de l’actualité pendant une semaine, les Szigotos oublient le climat oppressant du monde actuel et vivent l’instant avec une rage euphorique.

Nous sommes accueillies à l’entrée de l’Apéro Camping par Yannick, l’organisateur du Sziget France. Nous avons droit à une rapide présentation du lieu avant de pouvoir laisser tomber avec soulagement nos bagages.

Une fois la tente installée, nous nous dirigeons avec hâte vers la Main Stage assister à la fin du concert de Jake Bugg. Sur le chemin nous passons devant le chapiteau A38 au moment même où MO monte sur scène… Nous ne résistons pas, tant pis, Jake Bugg attendra la prochaine fois. C’est ça aussi le Sziget : avoir le luxe de choisir entre des artistes tous aussi talentueux les uns que les autres. La star danoise enflamme littéralement le chapiteau ! MO n’est pas qu’une chanteuse exceptionnelle, elle sait aussi danser et donner envie à son public de transpirer autant qu’elle ! Malheureusement nous ne pouvons pas rester jusqu’au bout… le concert de Parov Stelar commence dans quelques minutes!

C’est avec émerveillement que nous découvrons la légendaire Main Stage au milieu de la Party with clapping sticks. A 19h30, Parov Stelar monte sur scène, ses musiciens s’ensuivent un par un. L’hystérie se crée lentement et l’arrivée de la chanteuse sonne le coup d’envoi. Les solos de saxophone donnent les frissons et c’est en dansant que nous admirons pour la première fois le soleil se coucher sur l’île.

La très attendue Rihanna prolonge l’impatience de ses nombreux fans (dont certains venus spécialement pour elle) en commençant son show avec 40 minutes de retard… Même la magie du Sziget ne change pas une diva. Malgré un playback un peu trop flagrant, il faut bien avouer que Riri est une véritable show girl !

Nous passons le reste de la nuit en compagnie de deux hollandais à errer entre différentes scènes comme le Collosseum où mixent les Danois de Mind Against, le Campfire et la Telekom Volt. Nous rejoignons notre tente alors que le soleil commence déjà à se lever.

JOUR 2

La chaleur étouffante matinale ne nous laisse pas le temps de récupérer de cette nuit agitée. Après une douche rafraîchissante nous retrouvons avec joie nos Rennaises rencontrées dans le bus.

Nous les aidons à installer leurs tentes et partons toutes les quatre vers la scène A38 pour le concert de Jain qui commence à 16h45.

Le public, loin d’être essentiellement constitué de francophones, ne reste pas indifférent au charme de la jeune française. La talentueuse Toulousaine fait danser la foule et c’est à force de sauter que nous nous retrouvons à côté d’une bande d’amis arrosant la cohue de Ricard. Ces Rouennais nous prêtent généreusement leurs épaules pendant nos chansons préférées et c’est avec eux que nous approchons la scène pour porter Jain roulant sur la foule dans une bulle géante. Nous ressortons ravies et émues de l’hommage rendu à la France lors du concert.

Les gars nous expliquent qu’ils doivent à présent chercher un ami à l’aéroport de Budapest… Ils lui ont secrètement préparé son enterrement de vie de garçon au Sziget… Plutôt cool!

On s’échange nos numéros et on court voir John Newman sur la Main Stage. A vrai dire, je n’attendais pas tant de cet artiste. Il nous a époustouflées par son énergie débordante, ses pas de danse et son final explosif où tout a valsé, même les cymbales du batteur ! A noter qu’il est également l’unique artiste à venir saluer son public entouré de ses musiciens et choristes.

Nous avons à peine le temps de nous remettre de ce show, la Flag Party commence à 19 heures. Comme pour chaque « special parties » l’hymne officiel du Sziget 2016 résonne : «  Me, me, you, you and me, I need this love to set us free ». C’est en criant ces paroles et au cœur des milliers de drapeaux multicolores du Sziget que nous agitons le Gwen Ha Du (comme de nombreux Bretons présents) ainsi que le drapeau Français.

Nous enchaînons avec le groupe british pop Bastille, puis avec Manu Chao La Ventura, toujours sur la Main Stage, qui nous en mettent plein la vue.

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Cet après-midi bien remplie nous a donné chaud et nous retournons à l’apéro camping pour une toilette express. Une fois revigorées, nous nous dirigeons vers la scène Telekom Arena où mixe Vinai, le duo de Dj Italiens. Les génies de l’électro dance paraissent minuscules derrière leur énorme table de mixage mais impressionnent par leur pouvoir de faire danser des milliers de personnes. Nous nous glissons jusqu’à quelques mètres de la scène où une surprise nous attend… La bande de potes rencontrée lors du concert de Jain est présente !

Nous passons la nuit, certainement l’une des plus belles, à laisser nos corps valser dans les pogos, à danser avec fougue aussi bien « on the floor » que sur leurs épaules. Pour une fois, le temps semble nous appartenir et nous restons nous défouler sur les sons des Dj suivants : Tujamo et Las Salinas. Ce n’est seulement que vers 4h30 que nous quittons la Telekom Arena pour rejoindre l’Apéro Camping. Là bas, la nuit est loin d’être terminée et nous continuons à danser avec les autres français sur les sons de l’été jusqu’au lever du jour.

JOUR 3

Encore un réveil sous la même chaleur oppressante… Il va falloir s’y habituer ! Mais il suffit d’un jus d’oranges fraîchement pressées au Restro de l’Apero Camping pour repartir en pleine forme, même en n’ayant dormi que quelques petites heures. Avec mon amie Danielle nous partons faire le tour de l’île. Celle-ci regorge de trésors! Il est évident qu’entre concerts et activités, il va falloir choisir !

Le bal des concerts commence à 15h avec le groupe français We Are Match. Cette année les artistes francophones sont nombreux à jouer au Sziget. Parmi eux, deux groupes font partie de l’association Adami Detour : We Are Match et Las Aves. Ce projet est un véritable tremplin pour les nouveaux espoirs français car il leurs permet de se confronter aux scènes internationales et de connaître par la même occasion une ascension plus rapide auprès du public. Cali, La Femme ou encore The Do sont des artistes qui ont profité de ce dispositif.

Le tweet du groupe « Thank you @airfrance for keeping our instruments safe in Paris but it’s a bit difficult to play at the @szigetofficial today without them… » posté quelques heures seulement avant leur concert nous inquiète. Heureusement, les cinq potes débarquent énergiquement sur l’Europe Stage à l’heure prévue. Ils prennent le temps de remercier ironiquement la compagnie aérienne et sincèrement l’équipe du Sziget pour leur avoir prêté les instruments nécessaires au bon déroulement du live.

Radical, Speaking Machines, les morceaux s’enchaînent dans l’ambiance électro-hypnotisante caractéristique du groupe. Les Normands prennent du plaisir à jouer ensemble, ici au plus grand festival européen, ça se voit ! Lorsque les premières notes de The Shark résonnent, le chanteur s’éclipse pour revenir aussitôt avec des requins gonflables qu’il jette sur le public.

Quelques minutes après le concert, je rencontre les membres du groupe accompagnés d’un de leurs amis, actuellement en vacances à Budapest. Nous nous posons en face de l’Europe Stage dans un coin détente entre des hamacs et pour fêter leurs retrouvailles, le chanteur invite Thai (leur ami vacancier) à venir le rejoindre derrière le micro pour répondre à mes questions.

Cette interview complètement décalée résume bien l’esprit du groupe : le fun avant toute chose ! En effet, je retrouve la même complicité et la même folie que pendant le live. We Are Match c’est avant tout une solide amitié. Paco (chant et guitare) et Simon (guitare) se connaissent depuis le CM1. C’est au collège qu’ils ont rencontré Aurélien (clavier), Gwenn (clavier) et Jim (batterie). Paco me raconte que leur premier concert était au téléphone, lorsqu’il s’est mis à chantonner « Hey hey mama said the way you moove, gon’ make you sweat, gon make you grove » pendant que Simon lui faisait écouter son jeu sur le riff de Black Dog de Led Zeppelin.

Quelques temps plus tard, lors d’un concert dans le gymnase de leur lycée, le futur guitariste de We Are Match entraîne de force Paco avec lui sur scène pour une chanson que celui ci ne connaît point. Il improvise… et ça plaît ! Depuis ce jour Simon a toujours poussé le chanteur et il est fort probable que sans lui, We Are Match n’aurait pas joué aujourd’hui au Sziget Festival.

A l’origine de leur album Shores, il y a le désir commun de jouer sur scène. Mais qui dit concert, dit enregistrement…We Are Match se retrouve alors en studio pour la création d’un premier EP intitulé Relizane. Une fois les doigts dans l’engrenage, les histoires à raconter sont trop nombreuses pour que le groupe s’arrête là. Une semaine après la fin de l’enregistrement de l’EP, les cinq garçons s’installent dans une maison isolée où il n’en sortent qu’un an plus tard (exceptée pour l’achat d’une playstation)… Shores est né et tel une vague, il nous submerge d’émotions.

Si Paco devait résumer la philosophie de l’album en une phrase elle ressemblerait à : « Nous et nos potes sommes perdus à la mer et il faut qu’on trouve un rivage, quelque chose à laquelle se raccrocher et qu’on nage le plus vers ce truc..parce que sinon on va flotter puis se noyer. ». Ce sont sur ces mots que s’achève l’interview. Aurélien, le claviériste, me propose une « visite guidée » du backstage.

Dans leur loge, entre leurs plaisanteries constantes, j’ai l’occasion de parler plus sérieusement de musique avec Paco. Pour lui, écrire et chanter en anglais est plus naturel qu’en français. Il a grandi en écoutant les Pink Floyd et The Beatles et a réussi grâce à plusieurs de leurs chansons, dont le fameux titre Wish you were here, à mettre des mots sur des ressentis déjà éprouvés auparavant.

La musique est avant tout une invitation au voyage et il souhaite que le public soit facilement transporté par celle de son groupe. Nous parlons de la scène française actuelle qui voit émerger de nombreux artistes. Parmi eux, quelque chose d’innovant sommeille, il en est certain mais n’arrive pas encore à cerner ceux qui vont réussir à se démarquer clairement.

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On quitte l’Europe Stage en espérant voir la fin du concert de Sigur Rós. Nous arrivons malheureusement trop tard, la Colour Party se met déjà en place. C’est donc sous une pluie multicolore que je leur dis au revoir, et je pars rejoindre mes amis pour le concert de Muse.

A 21h30 le trio britannique débute son show sur la Main Stage par le morceau Dead Inside de leur dernier album Drones. Le concert est grandiose ! Les paroles de leurs plus grands tubes tels que Plug In Baby ou Starlight (il y en a tellement !) sont reprises en cœurs par les milliers de personnes présentes sous les confettis et jeux de lumières. En tant que fans de Red Hot Chili Peppers nous cherchons ensuite la Tribute Stage, où a lieu un concert de reprises. Déçues par la qualité sonore, nous ne restons pas longtemps et préférons aller retrouver la bande de Normands sous le chapiteau de la Telekom Arena. C’est reparti pour une nuit de folie !

JOUR 4

Mes yeux n’ont dû se fermer que quelques minutes entre 9h et 10h ce matin. Dormir est une perte de temps au Sziget Festival ! Si ici le sommeil est (presque) dispensable, la tribu des Papahu Tai en revanche ne l’est pas. Ces jeunes kinés proposent de longs massages relaxants en échange de quelques verres. Il faut dire que leurs services sont bien utiles sur l’île de la liberté, où nous passons notre temps à danser. Après une demie heure d’extase, nos courbatures sont envolées et nous nous relevons de nouveau pleines d’énergie pour attaquer cette journée.

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A 16h nous quittons l’Apéro camping, toujours en compagnie des Normands pour nous diriger vers la Main Stage.

Du bar, nous assistons au concert du groupe hongrois Halott Penz. C’est une belle découverte ! Même si nous ne comprenons pas les paroles, le leader transmet le plaisir qu’il prend sur scène et n’hésite pas à communiquer avec la foule. Nous nous rapprochons ensuite de la scène avant le début du concert de Sum 41. Quelques minutes suffisent au groupe de punk rock canadien pour chauffer la foule. Les verres volent de toute part, des pogos se forment et pour survivre à cette folie, les plus petits se hissent sur les épaules des plus grands… Le public est dans une euphorie proche de la transe. L’emblématique Deryck Whibley a incontestablement conservé toute son énergie!

L’ambiance de la soirée change radicalement avec le show de David Guetta, le seul Français avec Manu Chao, à jouer sur la Main Stage. A 23h45 les Anglais de Bloc Party présentent en live leur nouvel album Hymns, tout en alternant avec les anciens morceaux. Habitués à la voix entraînante du leader, nous la découvrons planante sur des nouveaux titres dont Different Drugs. Lorsque les premières notes de Banquet résonnent, les visages affichent de grands sourires, les mains se mettent à claquer, les pieds à taper le sol, bref le public se régale !

Avant de partir pour la Telekom Arena où le DJ Russe Zedd joue à partir de 2h30, nous errons entre les stands de restauration. La quantité de choix qui s’offre à nous complique la tâche… et c’est au bout d’une demie heure que nous optons finalement pour un plat italien. Désormais requinqués, la nuit nous appartient!

JOUR 5

La French Touch débarque sur l’Europe Stage à 15h avec Las Aves. Les quatre Toulousains font découvrir (pour ceux qui ne les connaissaient pas encore) leurs sons hip hop. Habillés uniquement de blanc, les artistes accentuent le côté futuriste de leur musique. Danser ou les observer jouer : dilemme ! Chaque membre du groupe est captivant à regarder : la chanteuse bouge en tenant son micro avec fougue, le guitariste se déchaîne sur des riffs endiablés faisant voler ses longs cheveux, le bassiste et machine-man ne cesse de trépigner et de remuer énergiquement la tête. Leur album Die In Shanghai est une véritable pépite que le quatuor s’amuse à moduler de façon plus rock. La version live s’avère efficace : il y a une sorte de violence dans cet enthousiasme, comme quelque chose qui brûle et qu’il faut à tout prix partager avant la fin.

La rencontre avec le groupe a lieu en backstage. Une fois leurs instruments rangés nous nous installons sur l’herbe. C’est la première fois qu’ils viennent à Budapest et jouer au plus grand festival européen est un vrai kiff ! Nous revenons rapidement sur la fondation de Las Aves qui est en fait la suite d’un projet musical bien entamé… Les quatre Toulousains formaient déjà un groupe auparavant, nommé The Dodoz. Lorsqu’ils se remettent à composer il y a deux ans, ils sont dans le projet d’un troisième album. Mais le son est plus différent que prévu, le virage aurait été trop fort pour The Dodoz. Le quatuor préfèrent donc repartir de zéro et construire une nouvelle imagerie coïncidant davantage avec le style ; c’est ainsi que naît Las Aves.

Par manque de financement ils enregistrent sans aucune aide dans un petit studio à Toulouse. A un stade avancé de la création, leur travail nécessite une oreille extérieure. Ils contactent alors Dan Levy de The Do, croisé en 2008 au Summer Festival. Pour l’anecdote, les membres des deux groupes avaient chacun eu un avis négatif sur les autres! Qui aurait donc pensé qu’en 2016 Las Aves sortirait un album produit par Dan Levy ? Die In Shanghai est une œuvre assez implicite et mystérieuse, mais d’où se démarquent tout de même deux thèmes récurrents : l’envie d’évasion et la rupture.

Le désir de grands voyages se fait immédiatement ressentir dans le titre de l’album. Shanghai, Los Angeles, les grandes villes symboles de modernité et d’étranger, ont une influence sur le groupe. Quant au mystère, flottant tel une ombre sur les morceaux, Géraldine (chant) nous explique que c’est une volonté de leur part afin de laisser à l’auditeur la liberté de s’approprier les chansons.

Die In Shanghai, c’est aussi le résultat de multiples collaborations. La plus importante d’entre elles est évidemment celle avec The Do (Dan pour la production et Olivia pour le featuring sur le dernier titre de l’album I Dreamed), mais Las Aves a également collaboré avec Daniel Brereton pour la réalisation des clips, mettant en scène des filles aux lifestyles spéciaux et dévoilant ainsi une facette moins explorée de la féminité. Géraldine et Vincent (guitare) parlent ensuite de leurs goûts musicaux variés : plus jeunes ils étaient influencés par le rock des groupes anglo saxons comme The Clash, Bloc Party, puis par le trip hop. Aujourd’hui, ils écoutent encore beaucoup de 50 Cent, du Kendrick Lamar (avec qui ils ont même essayé de collaborer) et du Wiz Khalifa. Pour ce qui est des jeunes artistes français, ils sont surtout fans de Bagarre, The Pirouettes et de Norma. Quand je leur demande le programme de leur soirée, ils me répondent d’une manière toujours aussi cool: «On va boire des bières, se promener entre les différentes scènes et on aimerait bien voir Sia aussi. ».

La suite de la journée s’écoule en véritable cascade de concerts : Kaiser Chiefs, The Neighbourhood, ou encore Noel Gallagher’s High Flying Birds. La soirée est également marquée par une belle découverte : La Smala. Nous avions rencontré les membres en backstage plus tôt dans l’après-midi où ils nous avaient confié être impatients de monter sur scène. J’imagine la joie et la surprise de ces rappeurs Bruxellois en voyant autant de monde présent à l’Europe Stage, de plus connaissant par cœur leurs textes ! A la fin du concert, ils remercient chaleureusement le public pour son accueil et quittent la scène en criant : « On est chez nous ! ».

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Le show de Sia en fin de soirée est décevant par l’absence scénique de la star Australienne. Je dirais tout simplement qu’il faut être fan pour apprécier. Mais nous oublions rapidement cette mauvaise note grâce à la musique hypnotisante du Français M83. Cet artiste a le pouvoir de propager une émotion commune. Les centaines de personnes réunies sous le chapiteau (ainsi qu’à l’extérieur) sont envoûtées par la même magie et ne semble faire qu’une.

Après un rapide passage au Collosseum où mixe l’Ukrainien Nastia, nous nous rendons à notre lieu de rituel : sous le chapiteau de la fameuse Telekom Arena. Cette nuit, c’est Nicky Romero qui assure l’ambiance. Exténués, nous rentrons à l’Apéro Camping vers 6h avec qu’une seule idée en tête : s’allonger et dormir (enfin). Mais la fête a une fois de plus raison de nous et nous nous laissons entraîner par les derniers noctambules…

JOUR 6

Exceptée la fatigue qui commence à se faire sentir, ce dernier jour sur l’île d’Obuda ressemble à tous les autres : pastèque, palinka, rires, bière-pong… Nous en oublions même le concert de The Lumineers à 17h45 sur la Main Stage. Ce n’est qu’à 19h que nous quittons le camping, surexcitées pour le concert de The Last Shadow Puppets.

En passant devant la A38, Fidlar me rappelle avec amertume que je rate une fois de plus un beau concert… Mais Alex Turner et Miles Kane valent mieux que tous les autres. Les voir en live est jouissif ! Avec Danielle, nous nous prenons dans les bras et chantons les paroles de morceaux que nous écoutons depuis le lycée : The age of the Understatement, The meeting Place, mais aussi ceux de leurs nouvel album qui ont rythmés notre année : Bad Habits, Miracle Aligner, etc. L’émotion est à son comble lorsque le duo anglais joue Standing Next To Me. Je regarde mon amie, elle aussi a les larmes aux yeux et je sais que comme moi, elle se dit que nous avons une chance incroyable de nous retrouver ensemble, à quelques mètres de la scène où jouent nos artistes favoris. J’ai l’impression que ce moment soude davantage notre amitié.

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La soirée se confond plus vite que jamais avec la nuit, la dernière au Sziget Festival. L’électro swing de Deluxe fait danser le public de l’Europe Stage. Nous qui étions impatientes de les voir en live, nous ne sommes pas déçues, le groupe français dépasse clairement nos attentes. Les milliers de Szitizens se réunissent ensuite pour le show final avec Hardwell. Le spectacle est impressionnant ! Pour une fois, nous ne nous jetons pas dans la foule et préférons admirer les jeux de lumières, les lancés de confettis et les milliers de bras levés dans une vue d’ensemble.

Les derniers moments passés en compagnie de nos amis de Rouen sont euphoriques : nous dansons, nous nous prenons dans les bras et c’est un peu émus que nous nous quittons en se donnant rendez-vous en Septembre : au mariage de Sammy. En six jours nous avons crée des liens avec certaines personnes que nous aurions mis plusieurs mois voir des années à construire dans la vie quotidienne…la magie des festivals a opéré ! A l’Apéro Camping l’ambiance est électrique, peut-être que le tonnerre y est pour quelque chose….

JOUR DU DEPART

C’est sous une pluie fine que nous ouvrons la toile de notre tente ce matin. Pendant quelques secondes je me demande où je suis : je n’entends pas la musique résonner au loin, ni le bruit des douches, ni les premiers fêtards crier « Apérooo ». Était-ce un rêve ? Je regarde mon poignet : mes bracelets de festival sont là pour me rappeler que tout ce que j’ai vécu était bien réel! Ce matin marque juste la fin. La couleur grisâtre du ciel semble refléter l’humeur des festivaliers pliant leurs tentes et remplissant à nouveau leurs sacs à dos. Nostalgiques, nous traversons une dernière fois le camping, moins chargées qu’à notre arrivée.

Nous franchissons le pont avec l’impression de l’avoir passé hier. Pourtant, ces six jours m’ont paru une éternité. En effet, ces 144 heures ont été plus rempli d’événements que ne l’est souvent toute une année…joies, rires et bonheur intenses ! Pas besoin de champignons hallucinogènes à la Baudelaire pour découvrir l’essence de la vie… Rendez-vous au Sziget !

Voilà en bref le recap de mon premier Sziget Festival, et certainement pas le dernier !

Anaëlle ABASQ