Solidays 2014 : le live report

Publié le 30 juin 2014 à 11:33
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
Rédacteur

Solidays 2014 : le live report !Notre équipe de reporters composée de une personne était sur place. Elle vous raconte tout.

Hélas, ô grand hélas, le beau temps ne fut pas au rendez-vous pour cette édition 2014 des Solidays. On était pourtant aux avant-postes à l’Hippodrome de Longchamp, les 27, 28 et 29 juin. On imagine volontiers que si le soleil avait jeté un œil à la programmation de cette année, il aurait très certainement daigné nous balancer quelques rayons bien sentis. Petit tour non exhaustif des jolies choses qu’on a vues sous le mauvais temps.

Le premier jour commençait plutôt bien avec HollySiz sur la scène du Dôme : d’abord calme, la furie se lâche enfin et nous gratifie de ses fameux pas de danse, déjà aperçus dans la plupart de ses clips dont le fameux Come Back to Me. Belle façon d’entamer les hostilités. Plus tard, c’est Yodelice qui mènera la danse sur la (très) lointaine scène Bagatelle : charmant le public avec sa pop nervurée aux vrais morceaux de folk, l’artiste s’est montré largement convaincant sur scène, défendant avec vigueur Square Eyes, son dernier album paru en 2013.

Un premier jour définitivement placé sous le signe du rock français, puisque les deux grosses têtes d’affiche étaient bien de chez nous : -M-, au meilleur de sa forme, a largement surplombé la scène Paris de ses folies artistiques toujours marquantes, dont un danseur complètement allumé qui l’a accompagné en début de set. Parfaite mise en scène pour le rocker déplumé qui dompte toujours aussi bien la foule immense qui était venue le découvrir ou le redécouvrir, lui et sa musique tantôt sensuelle, tantôt frénétique. Bref, du grand -M-.

Aucune photo permise pour le live de Fauve, qui fut une des plus grosses surprises de ce festival : là où ils étaient perçus comme un groupe calme, statique, l’énergie du concert subjugue la foule et laisse place à des big beats donnant une couleur hip hop fraîche au spectacle. Une vraie découverte, qu’on ne peut malheureusement pas vous faire partager en images ici.

Autre temps fort de cette ouverture de festival : Shaka Ponk. Avec une scène Paris spécialement affrétée pour l’immense show consacré à leur dernier album The White Pixel Ape, la troupe de singes la plus allumée de la scène rock française a littéralement tout dévasté sur son passage grâce à un set compact, sans temps morts et visuellement très impressionnant. Tellement puissants, qu’ils en oublient le volume de leurs micros en début de concert ! Un léger couac technique qui ne ternira aucunement le reste de la soirée : tout de blanc vêtus, le groupe ainsi que le décor, constitué de pixels géants, bougeaient et dansaient de manière totalement synchrone avec un Goz virtuel placé entre la batterie et le clavier – qui n’hésitait pas à pointer du doigt les autres membres en temps réel. Une prouesse.

Première journée achevée, premières révélations live qui n’auguraient que du bon pour la suite. Et ce n’est pas cette suite qui nous fera mentir.

Flash info de dernière minute : on nous confirme que sous la boue, il y a bien un festival. Si le soleil était définitivement trop peu présent lors du premier jour, il nous snobbe littéralement le lendemain pour laisser la place à une pluie quasi-continue… Ce qui n’a bien heureusement absolument pas terni la qualité des live, ni leur bon déroulement technique. C’est donc les pieds dans la boue que se fera ce deuxième jour des Solidays 2014, ou il ne se fera pas.

On décide de démarrer les hostilités avec les français de Talisco : trio à l’origine d’une pop rafraîchissante et emmenée, le charme et la sympathie qui se dégagent du groupe sont immédiats, et le public du César Circus est immédiatement hypnotisé. Dans une brume bleu électrique, Talisco démarre un set en apesanteur et fait un bien fou à un festival abandonné par la météo.

En anglais, « evergreen » désigne une plante ou un arbre qui conserve son feuillage l’année durant, nonobstant les saisons. En ce grisâtre Solidays, le groupe We Were Evergreen ne portait que trop bien son nom, sous la pluie battante d’un mois de juin censé être estival. Cela n’empêchera en rien la jeune formation de frapper en plein cœur, celui qui bat encore et toujours pour des formations pop romantiques à la Metronomy, avec un punch assumé. Même Chat-muel est resté pour regarder.

Quant à Stuck in the Sound, y a-t-il encore besoin de les présenter ? Formation electro-rock la plus prometteuse de France, leur album Pursuit paru en 2012 résonne encore dans les mémoires. Et pour cause : leur set aiguisé sur la scène Domino n’a laissé personne indifférent. Tandis que le riff menaçant de Brother retentissait, même la pluie a hésité à rester en suspens tant les frenchies ont su mettre la pression d’entrée de jeu. Précis et bien emmené, un live mené tambours battants.

Peut-être que l’effet Stuck in a marché, en attendant la pluie commence enfin à se calmer un peu, le temps pour les festivaliers d’abandonner parapluies et (horribles) sacs poubelle de fortune pour vagabonder tranquillement dans l’hippodrome. Hippodrome blindé, soit dit en passant, le festival ayant fait sold out sur ses trois dates – chapeau aux organisateurs. Tandis que certains s’adonnent à leur nouvelle passion (le slide-sur-boue façon manchot), c’est déjà l’heure pour Gesaffelstein de labourer les oreilles depuis la scène Bagatelle. C’est simple : il s’agissait de la scène la plus reculée du festival, et sa musique était clairement perceptible. Si ça peut vous donner une idée de la teneur de son set… Jeune artiste talentueux signé sur le label de musique électronique Brodinski, Gesaffelstein a pleinement embrassé ses influences pour mieux assourdir la horde de fans compressée contre les barrières. En Gainsbarre frappadingue, clope au bec comme son acolyte SebastiAn (DJ de l’écurie Ed Banger Records, label de Justice, entre autres), le prodige a assuré un set d’une puissance sonique sans équivalent sur tout le festival, avec sa techno industrielle d’une noirceur impénétrable. Un son spécial, à découvrir pour les plus curieux.

À peine le temps de nous diriger vers la scène Paris, tandis que Luc Barruet félicite la foule et rappelle que « the fight must go on » (« le combat doit continuer« , en hommage à la disparition de Nelson Mandela ne décembre dernier) juste avant l’entrée en scène du plat de résistance de ce samedi 28 : Franz Ferdinand. Ultime concert de cette soirée, les écossais ont déroulé la setlist rêvée pour un show tout simplement parfait. Leur rock dansant et survolté n’a laissé personne immobile, et on ne peut qu’être admiratif de la maîtrise et de la cohérence de l’ensemble. Comme le titre de leur dernier album Right Thoughts, Right Words, Right Action, Franz Ferdinand va droit au but, et tant pis pour les absents.

Difficile d’évoquer tous les événements live d’une édition 2014 aussi riche : plus les années passent, et plus Solidays s’ancre dans le paysage musical français, avec une aisance et une légitimité indiscutables. La valeur ajoutée ? Les conséquences de l’achat d’un billet, ou comment se faire plaisir en faisant une bonne action.

Un mot sur l’organisation et les bénévoles, qui ont encore une fois assuré sur tous les plans cette année. Bravo à toutes les équipes, et comme vous l’avez si bien écrit cette année : « the fight must go on« . Rendez-vous pris en 2015 !