[Live Report] Download Festival France 2017 – Jour 2

Publié le 11 juin 2017 à 2:06
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
Rédacteur

Météo, musique : une deuxième journée bouillante sous tous les aspects pour la deuxième édition française du célèbre festival ! On débriefe.

Qui aurait pu imaginer que le Download Festival allait autant sentir la plage et le soleil ? Dès l’arrivée de l’équipe sur la base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge (sur le son de Far From Alaska, premier groupe à fouler la Main Stage), difficile d’ignorer les effluves de crème solaire qui parviennent aux narines en se glissant une première fois parmi la foule. Et pour cause : l’événement a droit à une météo particulièrement clémente pour sa deuxième itération française (comme en atteste le compte-rendu de la veille, à retrouver ici), ce à quoi les festivaliers semblent parfaitement s’accommoder ; après tout, quoi de mieux qu’une chaleur qui écrase pour profiter d’un son qui en fait autant ? Une expérience totale, en somme.

Et en parlant de chaleur, on subit la première déflagration de ce deuxième jour avec Lonely the Brave, quintet d’outre-Manche venu démontrer tout son savoir-faire hardcore devant le public de la scène Warbird. Le groupe continue de capitaliser sur le succès de Things Will Matter, son deuxième album paru au printemps 2016. Et on espère avoir du neuf très bientôt, probablement après la tournée qu’ils sont en train d’achever.

Originaire du Brésil, le Project Black Pantera (en référence au mouvement des Black Panthers durant les années 60 aux États-Unis) nous rappelle, grâce à sa prestation sur la minuscule scène Spitfire, que le metal n’a jamais eu besoin de frontières. Emmené par les frères Charles et Chaene de Gama, le trio ne laisse pas une seconde à son public et fait immanquablement penser à Sepultura.

Juste après, c’est Alter Bridge qui prend d’assaut la Main Stage. Emmené par Myles Kennedy en personne (chanteur pour le compte de Slash sur ses quelques albums solo), le groupe reflète de la façon la plus concrète pourquoi on vient au Download : un hard rock teinté de références glam, parfaitement dans le ton.

Jonglant avec la Main Stage 2 qui se situe juste à côté, on file écouter Blues Pills, la caution psychédélique de cette édition 2017. Un projet original de la chanteuse suédoise Elin Larsson, épaulée d’anciens membres du groupe américain Radio Moscow, faisant preuve d’une belle énergie scénique. Et si on pouvait se demander si la musique psyche pouvait trouver sa place au sein de la programmation d’un tel festival, la prestation du groupe (et le souvenir ému de quelques disques de Black Sabbath sous influence, comme Technical Ecstasy ou Vol 4) font définitivement voler en éclat nos doutes.

Considéré comme le « nouveau porte-étendard du post-hardcore américain » (rien que ça), le groupe Touché Amoré constitue un des coups de cœur de Francis Viel, notre animateur qui assura le direct de 19h à 22h sur OÜI FM. Rappelant les grandes heures du genre outre-Atlantique (on pense forcément à Ceremony), Touché Amoré sortait son quatrième album, Stage Four, en septembre de l’année passée, et fête aujourd’hui ses dix ans d’existence. « Dix ans et toutes ses dents » a-t-on envie de dire, le groupe n’ayant rien perdu de sa superbe au vu de sa prestation sur la scène Warbird, toute en puissance. Une réussite.

On revient tranquillement devant les deux scènes principales, notamment car une immense bâche labellisée « 5FDP » se dresse sur la Main Stage : les poids lourds du hardcore américain Five Finger Death Punch sont en effet sur le point de délivrer un set aussi abrupte que leur bassiste est un viking refoulé – les photos parlent d’elles-mêmes. Un live qui nous fait d’autant plus espérer un petit frère à Got Your Six, le dernier album en date du groupe, dont la sortie remonte à 2015.

Nous avons hélas un petit problème d’accréditation pour les concerts de Slayer et System of a Down. Mais si nous ne sommes pas parvenus à vous ramener de belles photos de ces deux concert-phares de cette édition 2017 du Download, sachez que d’un côté, les papes du thrash metal n’ont pas failli à leur réputation, avec notamment un Tom Araya au meilleur de sa forme, arranguant la foule et distribuant les riffs tandis que le soleil comence (enfin) à calmer ses ardeurs.

De l’autre côté, le plat de résistance de cette deuxième journée, System of a Down, s’est montré à la hauteur de sa décidément intouchable réputation : véritable fraîcheur de la scène metal avec un succès populaire indéniable, ovni d’originalité porté par deux personnalités fortes (la voix soprano de Tankian, les extravagances de Malakian), le concert de « SOAD » était le moment immanquable de ce Download, malgré l’absence totale (présumée) d’actualité pour le groupe, dont les derniers albums Mezmerize et Hypnotize sont sortis en… 2005 !

Bercé par les immanquables Lonely Day, Chop Suey!, Aerials, B.Y.O.B. ou encore Radio/Video, le public s’est retrouvé devant une figure mythique figée dans un passé pas si lointain, dont le spleen affiché et assumé trouvait son point d’orgue auprès de Daron Malakian, guitariste farfelu aujourd’hui caché derrière un grand chapeau, qui n’a jamais aussi bien chanté les dangers d’Hollywood et les grands excès du quart d’heure de gloire d’Andy Warhol – un des thèmes chers de System of a Down. La seule solution pour terminer cette pourtant bien douce madeleine de Proust : qu’ils reviennent. Encore. Et bientôt.