[Interview] Wolf Hoffmann, guitariste d’Accept

Publié le 3 août 2017 à 17:33
Mathieu David Par Mathieu David
Rédacteur

À l’occasion de la sortie de l’album The Rise of Chaos ce vendredi 4 août, Wolf Hoffmann, guitariste et leader du groupe de heavy metal allemand Accept, a accordé une interview à OÜI FM pour Bring The Noise dans laquelle il évoque ses inspirations, son idée du groupe, ses buts et revient sur certains points importants de sa carrière.

Bonjour Wolf et merci de nous accorder cette interview. Tout d’abord, quelles sont tes impressions concernant cet album ?

Ça fait un an qu’on travaille dessus et je suis content que ce soit fini, je suis très satisfait de ce disque et j’ai hâte d’entendre ce qu’en pensent les fans. C’est drôle, il arrive trois ans après Blind Rage, mais on ne dirait pas que ça fait autant de temps. Il faut dire qu’on a été très occupés, entre la tournée et notre album live et mon album solo de l’année dernière…

C’est le premier album qui arrive après l’arrivée de Christopher Williams et Uwe Lulis, mais on n’entend pas tant de différence que ça, ça sonne très Accept.

Le but n’est pas que ça sonne différemment. On travaille de la même manière pour l’écriture et l’enregistrement, c’est la même équipe qui écrit. Certes, le nouveau batteur apporte quelque chose, mais sinon, le but est de garder notre son et notre identité.

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Le titre de l’album, Rise of Chaos, est évocateur, qu’en est-il des paroles ?

Nous n’écrivons pas de concept album, les dix morceaux fonctionnent de manière indépendante. Je n’aime pas expliquer les paroles, je ne pense pas qu’il faille expliquer le heavy metal, j’aime voir les gens en discuter entre eux. Peter Baltes (bassiste) et moi, après avoir écrit la musique, nous lançons à Mark Tornillo (chanteur) des idées ou des phrases qu’on se dit et il en fait un texte.

C’est le cas de Hole in the Head, par exemple. Certains morceaux sont inspirés de faits réels, comme Koolaid, qui est en fait un genre de sirop qui donne du goût aux boissons assez populaire aux États-Unis. Quand on dit « Dont drink the Koolaid » (Ne bois pas le Koolaid), ça veut dire « Ne crois pas tout ce qu’on te dit ». J’avais fais des recherches sur ça, et je suis tombé sur ce gourou, Jim Jones, qui a réussi à convaincre 900 personnes de boire du cyanure.

Lors de votre précédente tournée, vous avez joué particulièrement beaucoup de chansons de Blind Rage, qu’en sera-t-il lors de votre prochaine tournée ?

Nous ne savons pas encore. Certains de nos morceaux sont surtout travaillés en studio, avec plus d’effets, et sont plus durs à rendre sur scène, et d’autres passent parfaitement. Un autre paramètre à prendre en compte est qu’elles aillent bien avec les autres morceaux du set, car on aura toujours des classiques que les fans veulent nous voir jouer. Pour Blind Rage, beaucoup de morceaux avaient pu s’imposer sur scène. Pour celui-ci, on ne sait pas encore, on va répéter tous les morceaux et voir lesquels rendent le mieux. Voir qu’on peut mettre plus de nouveaux morceaux est un bon signe pour nous, on est heureux de voir que les gens ne cherchent pas seulement à écouter d’anciens morceaux. Mais on ne peut pas rentrer tous nos morceaux dans une setlist, mais quelque part, c’est un problème qu’on est content d’avoir.

Et les nouveaux morceaux peuvent attirer un public plus jeune. L’année dernière, vous aviez d’ailleurs fait le pari de tourner en ouvrant pour Sabaton, un groupe créé en 1999.

C’était une excellente tournée pour nous ! D’ailleurs, il est arrivé plusieurs fois que des jeunes qui ne nous connaissaient pas aillent voir l’ingénieur son pour demander qui on était et s’étonnaient qu’on joue « Metal Heart de Dimmu Borgir ». De toute évidence, ils ont repris notre morceau, mais ces jeunes fans ne le savaient pas. C’est intéressant de voir comment une autre génération que la tienne vient à explorer des morceaux plus anciens, je suis certains qu’ils n’étaient pas nés quand on a écrit Metal Heart ! (1985) Il faut dire qu’on fait ça depuis un moment.

Ce n’est pas la période pour laquelle vous êtes la plus connus, mais avez-vous pensé à revenir à l’album Eat the Heat (1989) sur scène ?

On y a pensé ! Je sais que beaucoup de gens ne l’aiment pas pour certaines raisons, mais je pense que c’est un disque fort et que certains morceaux pourraient recevoir l’intérêt qu’ils méritent s’ils étaient réenregistrés ou revisités. Il y a quelques perles dessus ! Ce serait intéressant de les entendre chantés par Mark. Mais nous écrivons de nouveaux morceaux que nous avons aussi envie de mettre en valeur, peut-être que nous ferons ça quand nous n’aurons rien de mieux à faire. Il y a aussi des morceaux de nos albums des années 90, Objection Overruled ou Death Row, que je serais curieux d’entendre maintenant. Sait-on jamais !

Au cours de la longue carrière d’Accept, quelle est la chose la plus importante que tu as apprise ?

Tu apprends beaucoup de choses, mais tu apprends à être ce que tu es et à t’y tenir. Tu ne peux pas être bon en tout et si tu veux tout faire, tu n’iras nulle part. Il y a quelques années, nous nous sommes illustrés parce que nous faisions les choses différemment. Nous nous y sommes tenus et nous avons su nous imposer, parce que nous étions nous-mêmes, pas parce que nous essayions d’imiter quelqu’un d’autre. Une autre leçon que j’ai apprise est de persister. Il est important de garder le cap quand les choses ne vont pas comme tu voudrais. Les gens sont habitués à ces succès du jour au lendemain, notamment avec toutes ces émissions de télé-réalité qui nous font croire que tout arrive d’un coup, mais la réalité est autre. C’est surtout le cas quand tu as une carrière qui s’étend sur 30-40 ans, tu auras forcément des moments où ça ira moins bien que d’autres.