Skip The Use : émotion et espoir pour le clip d’Être heureux

Publié le 16 février 2015 à 19:00
Cécile Descamps Par Cécile Descamps
Rédactrice

Pour son tout premier titre en français, Être heureux, le groupe a choisi des images des marches et des marques de soutien qui ont, dans le monde entier, succédé aux attentats de Charlie Hebdo.

Skip The Use avait créé la surprise auprès de ses fans avec ce premier titre en français, sorti en single à l’automne. Un mois après ce qu’on nomme trop pudiquement « les événements de janvier« , la chanson prend une toute autre résonance. Les mots de Mat Bastard sont encore amplifiés par la force des images de l’incroyable mobilisation qui a rassemblé des millions de personnes dans les rues à travers le monde. C’est la gorge nouée qu’on relit ces pancartes pour la millième fois : « Je suis Charlie« , « Not Afraid« … la piquûre de rappel réchauffe à l’intérieur.

Mat Bastard contre, d’avance, toute suspicion de récupération. Dans un long message sur la page Facebook de Skip The Use, il rappelle les racines punk du groupe, les raisons qui l’ont poussé à écrire cette chanson, « ce cri d’espoir » (ça rime avec « prémonitoire, vous avez remarqué ?). Enfin, le leader du groupe appelle chacun à se saisir d’Être heureux en concluant : « J’ai rien a vendre, juste un message, alors faites passer et parlez en..
Cette chanson, elle est à vous, alors autant que vous soyez tous dans le clip ! »

Ci-dessous, l’intégralité du message :

« Hello ! Je suis loin… mais pas si loin… assez prés pour voir ce qui se passe au pays. Je suis en train de bosser sur le nouvel album de Skip, je produis des trucs cool et on me dit qu’Être heureux passe a la radio en France et qu’il faudrait faire un clip.
J’ai eu plein d’idées, et puis je me suis demandé « Mais bordel, qu’est-ce qui t’a poussé a écrire cette chanson ?« 
Alors je me suis rappelé, les potes de Carving (ndlr : ancien groupe de punk lillois dont sont issus plusieurs membres de Skip The Use) et leurs convictions à toute épreuve, Franck et les Marcel (ndlr : Marcel et son orchestre, un autre groupe du Nord) et leur droiture, mes parents et leur incessant combat pour le droit à la différence, mon frère et ma sœur qui se battent au quotidien pour que nos idées punk ne soient pas qu’une utopie adolescente.
J’ai eu envie de faire ce titre parce que j’ai des gosses, des amis, une famille, parce qu’on s’est crevé sur toutes les scènes de France juste pour voir vos gueules faire des trucs ensemble sans avoir peur, parce que je veux pas rester les bras ballants comme une merde à me réfugier derrière la haine pour éviter d’avoir à regarder l’amour en face.
Et puis il y a les attentats… la mobilisation….
Et puis quoi ? On sait pas trop, peut-être pas quelque chose de cool…
Quand je vois les déclarations des politiques, j’ai la gerbe, quand je lis certains commentaires, je saigne, je me demande pourquoi dans la douleur on a toujours cette putain de tendance à chercher un responsable en évitant soigneusement de penser à NOS erreurs , NOS choix car on a fermé NOS yeux sur beaucoup trop de choses et on en est la.
Alors ce clip, ben, hahaha ! Compliqué…
Être heureux c’est un cri d’espoir, un putain de doigt d’honneur a la fatalité.
Et vous savez quoi ? quand je vous ai vus dans ma télé tous ensemble marchant contre la barbarie, l’obscurantisme et pour la liberté… je me suis dit « Merde, on peut le faire, ça peut exister !« 
Alors on en est loin aujourd’hui, de cet esprit, mais ça a existé alors on peut s’en rappeler, s’en imprégner, et avancer ensemble…
[…]
J’ai rien a vendre, juste un message, alors faites passer et parlez en..
Cette chanson, elle est à vous, alors autant que vous soyez tous dans le clip !«