Malaise : Morrissey vend un tee-shirt jugé raciste

Publié le 16 mars 2017 à 14:22
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

Le leader des Smiths, Morrissey, a peut-être voulu bien faire en rendant hommage à l’écrivain James Baldwin sur un tee-shirt. C’était sans compter sur le message jugé raciste qui l’accompagne.

Morrissey

« Je porte du noir car je suis noir à l’intérieur ». Morrissey, le chanteur de The Smiths parti en solo provoque un tollé avec un tee-shirt qu’il mettra en vente lors de sa prochaine tournée. Il met en scène le visage de l’écrivain James Baldwin, auteur de La Conversion ou Un autre pays, entouré de cette phrase raciste – paroles extraites du titre Unloveable des Smiths.

 

S’il est clair que Morrissey voue un culte sans précédent à l’écrivain – James Baldwin apparait régulièrement dans l’autobiographie du chanteur, notant l’influence qu’il a pu avoir sur lui -, il a semble-t-il oublié les combats et valeurs de celui-ci. James Baldwin, outre son immense succès littéraire avec La Conversion n’a cessé de lutter contre la ségrégation aux Etats-Unis au XXème siècle, fervent défenseur des droits des Afro-américains, et militait pour les droits des homosexuels – il avait d’ailleurs quitter les Etats-Unis en 1948 pour Paris, écoeurés par les préjugés présents dans le pays.

Autre problème : les bénéfices de la vente de ce tee-shirt ne reviendront qu’à Morrissey himself. Baldwin, lui, est décédé en 1987.

Si Factmag titre son article avec véhémence « Morrissey vend des tee-shirts racistes parce que c’est un putain d’idiot », des twittos se sont aussi indignés.

 

« Un nouveau troll est de sortie, et il semble que ce soit Morrissey qui vend un t-shirt James Baldwin. Heaven Knows I’m Not Your Negro Now. » – un jeu de mots sur la chanson Heaven Knows I’m Miserable Now des Smiths rappelle ActuaLitté.

Morrissey est un éternel polémiste. S’il n’est pas tendre avec ses confrères artistes – il a par exemple décrit la chanteuse Madonna comme plus proche de la prostitution organisée que de quoi que ce soit d’autre, ou Oasis de « fades » – le chanteur a d’autres combats, notamment celui du végétarisme. En 2009 au festival Coachella, il quittait la scène à cause d’odeurs de barbecue, non sans déclarer :  » Je peux sentir l’odeur de chaire brûlée… j’espère qu’elle est humaine ». Le Huffington Post a lister un certain nombre de ses frasques. Ils vont pouvoir rajouter celle de James Baldwin.