[Live report] À l’Olympia, Weezer a fait briller le soleil de Californie

Publié le 20 octobre 2017 à 16:15
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
Rédacteur
Weezer à l'Olympia : on vous raconte

©Marion Catherin

Jeudi 19 octobre, le quatuor venait présenter son nouvel album à Paris pour une date exceptionnelle. On y était.

Après quelques jours d’automne précoce, on a enfin trouvé la raison de ce soudain et incongru été indien, de ce soleil bien trop présent pour être honnête et de ces températures qui sont tout sauf de saison : c’est simple, c’est Weezer ! Après plus de douze ans d’absence (ils avaient foulé la même scène le 8 juin 2005 pour la tournée de l’album Make Believe), le groupe emmené par Rivers Cuomo s’est enfin décidé à revenir saluer ses fans français lors d’un concert organisé au sein du prestigieux Olympia de Paris. Nous sommes le 19 octobre, il fait toujours bon : ne cherchez plus d’explication…

Feels Like Summer

Pierre angulaire du revival rockabilly et de la scène lo-fi des années 90, Weezer n’a jamais connu le succès mérité en France – hormis avec l’immanquable single Island In The Sun, paru en 2001. Mais se limiter à ce simple morceau n’est pas simplement réducteur, c’est une tromperie sur la marchandise. Car les guitares de Weezer – aussi bien celles de Cuomo que de son acolyte Brian Bell – sont parmi les plus aiguisées, ont pondu parmi les riffs les plus ensoleillés de ces vingt dernières années, le tout porté par une candeur encore intacte, plus de 25 ans après leur formation.

C’est donc cette bande d’éternels ados, qui ne semble changer ni physiquement, ni musicalement (tant mieux), qui est revenue fouler les planches de la prestigieuse salle parisienne pour un show d’une stupéfiante densité. Avec un choix de setlist étonnant, qui privilégiait dans un premier temps leur discographie la plus récente (California Kids(If You’re Wondering If I Want You To) I Want You To) pour s’étioler sur les quelques tubes avec lesquels ils ont su marquer le milieu des années 2000 (Pork and Beans, Beverly Hills) pour finir par régaler les fans avec leurs premières pépites (Buddy Holly, ou Say It Ain’t So qui a fait office de rappel), Weezer a maintenu un rythme de croisière plus que satisfaisant, sans oublier de nous présenter Pacific Daydream, onzième album à paraître une semaine après l’événement. Petite mention pour la reprise du tube d’OutKast, Hey Ya!, qui a ponctué le concert d’une petite surprise bienvenue.

Peu bavards sur scène, ne trahissant aucunement leur image de quarantenaires ne s’en souciant que trop peu, les membres de Weezer font preuve d’une honnêteté presque désarmante quand les poncifs un peu trop usés de la rockstar nous reviennent en tête. Ici, point d’attitude ou de look surétudiés : la musique de Weezer, c’est de la pop aussi honnête que les (très) nombreux power chords qui la constitue, servie par cette bande d’adolescents gentiment attardés – rassurez-vous, on n’a jamais mis autant de tendresse dans ce terme que pour parler d’eux.

Timide sans être ennuyeux (c’est bien là tout le charme du bonhomme et de sa musique), Rivers Cuomo a, en de rares occasions, lancé des « Paris » et des « je t’aime » aussi sincères que s’ils sortaient de la bouche d’un gamin trop content et trop fier de pouvoir jouer le rock’n’roll qu’il aime durant la kermèsse de son école ; et d’en profiter pour réveiller brutalement les adultes assoupis.

Et en parlant de public, il était saisissant de constater que si, comme dit précédemment, Weezer n’a jamais obtenu la notoriété méritée chez nous, le groupe dispose d’une fanbase suffisamment fidèle pour chanter en chœur (et dans le ton) lorsqu’ils y sont invités – c’est ça aussi, l’avantage de donner un concert tous les douze ans !

Il ne reste plus qu’à espérer que le soleil ne retourne pas dans sa Californie natale dans les valises de ceux qui l’ont gentiment ramené ici. Et, pourquoi pas, rêver d’une tournée européenne avec quelques dates françaises supplémentaires…

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