L’héritage punk de Malcolm McLaren sera brûlé par son fils

Publié le 17 mars 2016 à 16:49
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
Rédacteur

Le premier single des Sex Pistols, raison de la colère de Joe CorréDe quoi rendre papa fier.

Disparu en 2010, le producteur Malcolm McLaren s’est rendu célèbre pour avoir instauré l’anarchie au Royaume-Uni en montant les Sex Pistols, symbole immortel du mouvement punk britannique, dressé contre l’establishment de la fin des années 70, et plus généralement contre toutes formes d’autorité. Avec seulement un album (Never Mind the Bollocks), les Sex Pistols soufflaient une véritable tornade sociale et culturelle. Terrible ironie que de voir éclore la révolte la plus ostentatoire du terreau toujours fertile du capitalisme – McLaren était un producteur, avant tout.

Un état de fait qu’a bien compris Joe Corré, fils de Malcolm McLaren et Vivienne Westwood, qui annonce aujourd’hui vouloir brûler une collection d’objets punk estimée à 6 millions d’euros, le 26 novembre prochain sur les trottoirs de Londres. Pourquoi le 26 novembre ? Car c’est la date choisie par Punk London pour fêter les 40 ans du mouvement, correspondant à la sortie du single Anarchy in the UK. Un événement financé par plusieurs organismes publics et musées, mais aussi et surtout soutenu par le maire de Londres Boris Johnson et même la Reine Elizabeth II, d’après Corré lui-même. « Le punk est devenu un putain de musée » précise-t-il, en invitant tous ceux qui pensent comme lui à participer à l’autodafé programmé.

Si l’on peut effectivement s’étonner de l’implication du régime britannique dans la célébration d’un courant qui le critiquait vivement, l’action de Corré a également de quoi surprendre, lui qui avait lancé sa propre marque de vêtements, Agent Provocateur, s’inscrivant dans le mouvement.

L’esprit punk peut-il être honoré, célébré, ou ses intentions mêmes nous interdisent-elles de l’envisager autrement que comme une contestation permanente de l’ordre établi ? Où s’arrête l’essence, où commence le droit à l’observation ? Joe Corré, lui, a tranché.

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