« La scène féminine émerge de plus en plus » Stéphane Amiel du festival Les Femmes S’en Mêlent

Publié le 6 mars 2017 à 9:18
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

Depuis vingt ans, Stéphane Amiel programme des artistes exclusivement féminines pour son festival Les Femmes S’en Mêlent. Celui qui se dit féministe souhaite une chose : programmer des artistes qui se prennent en main. C’est son militantisme à lui. Rencontre.

Stéphane Amiel. © Anne-Laure Nomblot

Il est un homme, il ne programme que des femmes. Stéphane Amiel officie depuis vingt ans à la tête du festival Les Femmes S’en Mêlent, un évènement itinérant en France qui met en lumière la scène féminine. Lui, est « devenu » féministe. Sans se poser la question : « Ma façon de militer se traduit par mes choix artistiques. Je soutiens la scène musicale féminine et indépendante. » Par là, Stéphane Amiel entend programmer la plupart du temps des artistes, auteurs, compositeurs et interprètes – des mots qui n’ont pas d’équivalent féminin par ailleurs -, des femmes « qui se prennent en main » et qui « n’attendent pas que l’on vienne les chercher ». Cette année, pour les vingt ans du festival, Stéphane Amiel recevra Austra, Pixx ou encore Sônge.

L’évènement tient depuis deux décennies. « Je pensais l’arrêter au bout de dix ans », avoue-t-il, se demandant « à quoi ça sert » de ne programmer que des filles. Mais vingt ans après, Stéphane Amiel constate une régression du droit des femmes. – Presque – normal selon lui. Elle s’explique par le fait que le monde va mal : « Dès que le monde ne tourne plus rond, on s’attaque en premier aux droits élémentaires. Les minorités… et les femmes. » Aujourd’hui, il dénonce : on remet en cause des droits acquis comme celui de l’avortement. On doit se (re)battre, ajoute-t-il. Cela peut commencer par la journée du 8 mars (Journée internationale du droit des femmes), mois que Stéphane Amiel aime appeler communément « le mois de la Femme ». Car une seule journée pour parler des femmes, « c’est ridicule ». Le festival est donc pour lui – malheureusement – nécessaire.

Indispensable aussi car la scène féminine prolifère. Par le biais des Femmes S’en Mêlent, Stéphane Amiel se rend compte qu’il y a un immense foisonnement d’artistes féminines. Des artistes « qui ont pris des modèles sur d’autres », qui ont plus de liberté et donc « plus d’espace à conquérir ». D’ailleurs il le dit. Il est fier d’avoir tenu vingt ans et se dit heureux d’avoir rencontré toutes ces artistes. Chaque année, il leur demande : « A votre avis, ça fait sens d’avoir un festival que de femmes ? » Unanimement, elles répondent toutes… OUI.

Le festival Les Femmes S’en Mêlent a lieu du 23 mars au 8 avril.

Angèle Chatelier