[INTERVIEW] Johnny Christ, bassiste d’Avenged Sevenfold de retour à la capitale

Publié le 3 mars 2017 à 17:01
Mathieu David Par Mathieu David
Rédacteur

À l’occasion de la venue du groupe américain à Paris, OÜI FM s’est entretenu avec le musicien, qui nous a parlé de leur retour à l’AccorHotels Arena, ainsi que de leur dernier album en date, The Stage, sorti en décembre 2016. Il y évoque également les relations entre membres du groupe et ses influences.

OÜI FM : Bonsoir Johnny et merci de nous accorder cette interview. La dernière fois qu’Avenged Sevenfold est venu à l’Accorhotels Arena, c’était en 2008, en première partie d’Iron Maiden. Qu’est-ce que ça fait de revenir ?

Johnny Christ : Ça fait du bien de revenir, quand j’ai vu la salle en sortant du bus, ça m’a rappelé des souvenirs. Ça fait aussi quelque chose de passer de première partie à tête d’affiche, nous en sommes très contents. Pour cette tournée, nous sommes avec Disturbed et Chevelle. En ce qui concerne Disturbed, ça fait déjà plusieurs fois qu’on tourne ensemble, on est comme de vieux amis.

Sur cette tournée, de nombreux nouveaux effets de scène sont engagés. Peux-tu nous en parler ?

Plus un groupe grandit, plus tu as de possibilités de faire grossir ton show. C’est ce que nous avons toujours essayé de faire et là, ça permet de renforcer l’identité visuelle de l’album. Pour cette tournée, nous avons laissé certaines choses qu’on faisait avant, comme les effets pyrotechniques ou les grosses structures, nous avons opté pour les écrans géants et ce cube qui se déplace, pour mieux coller à l’identité de The Stage. Nous avons aussi pensé aux fans qui ne sont pas forcément au premier rang, ils ont quand même tout un tas de choses à voir sur scène. Il y a aussi d’autres chansons plus anciennes qui collent bien au concept visuel de l’ensemble, notamment Planets et Acid Rain (de l’album Hail to the King – 2013). On n’y a pas pensé au moment où nous les avions écrites. C’est assez drôle, car elles font partie des toutes dernières qu’on avait composées à cette époque. Du coup, c’est comme si on reprenait les choses là où on les avait laissées.

Avenged Sevenfold

©Aline Meyer

Peux-tu nous parler du concept de l’album The Stage, justement ?

Le sujet général est une réflexion sur le futur et sur ce à quoi il ressemblera. Ça nous a intéressé et on s’est mis à lire des livres dessus. Nous ne sommes ni des scientifiques, ni des experts sur le sujet, mais nous aimons parler des possibilités qu’offrent l’intelligence artificielle, le fait de voyager vers Mars ou d’autres endroits de l’univers. Ça nous a fait cogiter et ça nous a aussi inspiré. Il y a aussi d’autres éléments qui gravitent autour, comme The Stage, qui parle de l’histoire de l’humanité. Si tu veux parler du futur, tu dois d’abord regarder dans le passé, il y a un lien. On parle aussi de la bureaucratie et d’autres sujets qui peuvent s’y lier.

Avec cet album, vous avez un nouveau batteur, Brooks Wackerman (ex-Bad Religion). Peux-tu nous parler de lui ?

Tout se passe magnifiquement bien avec lui. Il nous a beaucoup aidé dans l’écriture, c’est quelqu’un qui compose avec la batterie. Il est très professionnel, c’est un excellent batteur, il fait des trucs que j’ai jamais vu auparavant. Quand nous avons établi le contact avec lui, le lien s’est fait tout de suite et il s’est très vite intégré.

Comment est-il par rapport aux batteurs précédents ?

Jimmy « The Rev » Sullivan n’était pas juste un batteur, c’était notre meilleur ami et notre frère, ce qu’il écrivait était incroyable. Après son décès, il nous a été impossible de simplement le remplacer. Les fans voulaient qu’on continue, donc on a pris Mike Portnoy (ex-Dream Theater), puis Arin Ilejay, qui était un excellent batteur, mais avec qui ça n’allait pas forcément avec la composition. Il était loin d’être mauvais, mais la connexion ne se faisait pas. Nous sommes toujours amis, on se parle toujours au téléphone. Il a un nouveau groupe maintenant avec qui il tourne, ça doit lui faire du bien de ne plus être considéré comme « le nouveau » ! [rires]

Peux-tu nous parler de ton apport à cet album ?

Après le décès de Jimmy « The Rev » Sullivan et la sortie de Nightmare (2010), il y avait un grand vide dans le processus créatif du groupe. Du coup, à partir de Hail to the King, j’ai essayé d’apporter plus d’éléments dans l’écriture, avec des riffs qu’on a pu assembler, mais mon rôle a surtout été de tout assembler, d’aider à la production. J’ai dû apprendre à me servir de ProTools, alors que je ne suis pas du tout un crack en informatique [rires]. C’était un peu long, mais c’était plaisant à faire. Tout le monde met la main à la pâte et donne son avis, c’est comme ça qu’on avance. On ne part jamais du studio tant que tout le monde n’est pas satisfait. Si l’un d’entre nous a un truc a redire, on cherche autre chose. C’est notre manière de fonctionner depuis le premier jour.

Johnny Avenged Sevenfold

©Selín

 

Tu as intégré le groupe en 2002. Ça fait donc 15 ans que tu y es. Qu’est-ce que ça fait ?

Je n’avais même pas réalisé que ça faisait 15 ans ! [rires] Nous sommes une famille, ce sont mes frères et mes amis. Quand nous arrêtons de tourner, nous trainons toujours ensemble, vu que nous vivons tous à Huntington Beach. C’est super d’avoir un tel projet avec tes meilleurs amis et, en plus, d’avoir du succès. Nous avons toujours quelques buts à atteindre, mais nous y arrivons petit à petit.

Parle-nous de tes influences en tant que bassiste.

Celui qui m’a vraiment donner envie d’en jouer était Cliff Burton (Metallica), notamment son morceau Anesthesia – Pulling Teeth sur l’album Kill’em All (1983), je ne savais pas qu’une basse pouvait sonner comme ça ! Ensuite j’ai découvert Les Claypool de Primus en regardant MTV avec le clip de Wynona’s Big Brown Beaver et je me suis dit « Mais qu’est-ce que c’est que ça ? ». J’ai pris l’album (Tales from the Punchbowl – 1995) et je suis vraiment rentré dans ce que faisait Les Claypool et j’ai essayé d’apprendre ce qu’il faisait… ce qui est très difficile pour un débutant ! [rires] Je me suis ensuite dirigé vers le punk rock et il y a aussi des choses difficiles et fun à faire, notamment avec Matt Freeman (Rancid) ou Fat Mike (NoFX). Mes influences viennent de là, mais avec l’âge, j’écoute vraiment de tout, puis j’essaie d’inclure dans notre musique, quel que soit le style.

Retrouvez ici notre report du concert d’Avenged Sevenfold à Londres