Grosses carottes et messages subliminaux dans les films Aardman

Publié le 16 avril 2015 à 12:21
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

Les images subliminales ne sont pas nouvelles dans les dessins animés, et les films d’animations des studios Aardman n’y échappent pas ! À l’occasion de l’exposition qui leur est consacrée au musée Art Ludique à Paris, Angèle vous invite à décoder quelques classiques !

En clin d’oeil à la sortie récente du film Shaun Le Mouton, le musée Art Ludique à Paris expose pour la première fois les prouesses techniques des créateurs de Wallace et Gromit, ou encore Chicken Run.

Angèle a tendu son micro à Jean-Jacques Launier, commissaire de l’expo Aardman au musée des Art Ludique :

Aardman Animation, studio de passionnés crée une révolution artistique en proposant en 1989 un court-métrage réalisé en pâte fimo : on fait alors la connaissance de deux amoureux de crackers et de fromage, Wallace et son ami Gromit dans A Grand Day Out. L’occasion pour nous de déceler quelques petits secrets de production…

Expo Aardman au musée Art LudiqueImages subliminales, ou coup des illuminatis

Si Wallace et Gromit sont en premier lieu des courts-métrages extraordinairement réalistes, les studios Aardman s’attellent en 2005 à en produire un long-métrage pour le cinéma : Le Mystère du Lapin-Garou.

À première vue, malgré l’exploit et le travail incommensurable de réalisation qui tend à attiser la curiosité, le pitch s’intéresse aux enfants : Wallace et Gromit créent une société afin de protéger les potagers des rongeurs, Anti-Pesto. Le film tourne autour du Concours Du Plus Gros Légume dont le gagnant remportera une grosse carotte en or.

Nul doute de la connotation sexuelle présente dans ce trophée. Mais ce n’est pas tout. Comme nous l’apprend le site cineclubdecaen, une métaphore érotique se cache dans la scène du tunnel : une grosse carotte tombe lorsque Gromit klaxonne de l’autre côté, alors que Wallace est en charmante compagnie avec la grosse lapine en peluche. Coïncidence ?

À l’instar de ce clin d’oeil rigolo, de nombreux plans suggestifs peuvent être repérés facilement. Lorsque Wallace se retrouve nu par exemple, caché par un écriteau « May Contain Nuts ». Coup des illuminatis ou non, la boutique « Close Shave » (Rasé de près) et les légumes à l’allure bien lubrique nous laisseraient penser que les réalisateurs du studio Aardman se sont bien marrés.

Chicken Run, référence évidente aux camps de concentration

Dans un tout autre registre, le film Chicken Run sorti en 2000 raconte l’évasion de poules ne souhaitant par finir en tourtes, enfermées par de Mr. et Mme. Tweedy. L’enfermement et le conditionnement dans un premier temps, laisse suggérer celui sous l’occupation nazie, et notamment dans les camps de concentration. La discipline, l’élimination des plus faibles font également partie intégrante du film. Le réalisateur a par ailleurs évoqué lui-même le fait de s’être inspiré du film de John Sturges, La Grande Évasion.

Lorsque qu’on s’attache à sa réalisation, on remarque également la dénonciation de l’exploitation animale. Si les poulets doivent être transformés en tourtes, c’est parce que selon leurs propriétaires, ils ne produisent pas assez d’oeufs. Au-delà de l’enfermement cruel d’animaux, une scène avec des rats soulève le débat : ceux-ci ont faim et souhaitent manger des oeufs. Ils s’interrogent alors sur la chaîne alimentaire, et la nécessité de recréer un poulailler.

Théories conspirationnistes ou véritables clins d’oeil, les images à double sens et les messages subliminaux attisent la curiosité des plus grands. Rendez-vous à l’expo Aardman au musée Art Ludique à Paris jusqu’au 30 août 2015.