Fats Domino, pionnier du rock’n’roll, nous a quittés

Publié le 25 octobre 2017 à 18:50
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
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Disparition de Fats Domino

Une des figures emblématiques de la musique américaine est décédée à l’âge de 89 ans.

Survivant miraculé de l’ouragan Katrina en 2005, le musicien Fats Domino, figure de proue du rock’n’roll et de son émancipation au milieu des années 50, vient de mourir à l’âge de 89 ans. Pionnier aux côtés de Chuck Berry, Elvis Presley ou encore Jerry Lee Lewis, Fats Domino contribua à donner au genre ses lettres de noblesse, avant de sombrer dans un oubli précipité. La musique, elle, ne l’avait pas oublié.

Né en 1928, cet enfant de la Nouvelle-Orléans (aux côtés d’un autre grand nom, Louis Armstrong), a connu une longue et trépidante vie : piètre écolier, musicien autodidacte, il devient papa dès l’âge de 20 ans, manque de perdre la main dans un accident du travail, et est payé 3 dollars la semaine pour les prestations qu’il donne au sein de divers bars du coin.

L’aventure musicale commence réellement en 1949, lorsque Domino intègre le groupe du trompettiste Bartholomew : avec son jeu de piano syncopé alors unique au monde, son nouvel acolyte flaire le bon coup et devient son producteur et co-compisteur attitré. Ensemble, ils signeront quelques uns des premiers grands succès du rythym’n’blues américains dont The Fat Man ou encore Goin’ To The River. En 1955, tandis que le monde découvre Elvis Presley et Chuck Berry, Fats Domino sort un de ses titres les plus emblématiques, Ain’t That A Shame, le propulsant parmi les instigateurs du rock’n’roll, ce genre émergeant né du blues, aux rythmiques sulfureuses et à l’énergie (littéralement) diabolique. L’Amérique puritaine ne s’en remettra pas.

La deuxième partie de sa carrière est moins glorieuse : rendu ringard par ses compères, et après s’être séparé de son producteur emblématique (et par la même de son label), Fats Domino disparaît quasi-définitivement des radars avec la British Invasion du milieu des années 60, couronnant les Rolling Stones et les Beatles – Beatles qu’il influencera grandement, tout comme toute une frange de la pop music d’alors.

Terré dans son manoir du Lower Ninth Ward, refusant d’assister à sa propre intronisation au Rock and Roll Hall of Fame en 1986 (première édition), Fats Domino n’écumait guère plus que la scène du New Orleans Jazz & Heritage Festival.

Artiste à la bonhomie affichée, réputé pour ses penchants pour les femmes et l’alcool, résistant à toutes les tempêtes quelles qu’elles soient, Fats Domino a laissé une emprunte indélébile dans l’histoire du rock.

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