Disquaires et librairies ouverts le dimanche : où en est-on ?

Publié le 6 mai 2015 à 11:51
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
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Le vinyle se porte bien au Royaume-UniUne modification du projet de loi Macron pourrait autoriser les commerces de biens culturels à ouvrir 7 jours sur 7.

Le 4 mai dernier, le Sénat a adopté un amendement autorisant les commerces de détails de biens culturels à ouvrir le dimanche, dans le cadre du débat autour de la loi Macron. Lancé à l’initiative d’une dizaine de sénateurs UMP, cet amendement vise à « permettre au commerce culturel de proximité, notamment du livre, de faire face à la concurrence exponentielle d’Internet, dont les ventes le dimanche sont les plus importantes, de maintenir son implantation de proximité au cœur des villes, et ainsi de continuer à permettre un accès aisé aux produits culturels. » Une proposition que l’actuel ministre de l’Économie Emmanuel Macron n’a pas écarté, s’en remettant à la « sagesse » des parlementaires.

En termes juridiques, le Code du travail se retrouverait modifié de telle sorte que les « commerces de détail de biens culturels » (libraires, disquaires, magasins de jeux vidéo…) puissent « déroger à la règle du repos dominical en attribuant le repos [de leurs salariés, ndlr] par roulement« . Des changements importants qui font d’ores et déjà grincer des dents la gauche de la gauche, en particulier EELV et les communistes. « Nous en revenons à une question philosophique, quelle société voulons-nous ? Une société où nous ne pourrions à aucun moment échapper à la frénésie de la consommation ? De cette société-là nous ne voulons pas. Il faut arrêter l’hémorragie ! » commente Annie David. Les parlementaires favorables à l’amendement rappellent quant à eux la nature des commerces déjà ouverts le dimanche (cinémas, restaurants, bureaux de tabac…), et l’urgence d’une concurrence loyale pour ses magasins culturels face au Web. « Les cinémas, les théâtres, les salles de concert sont ouverts le dimanche. Seules les librairies resteraient fermées ? Elles sont pourtant les plus durement frappées par la concurrence d’internet » a déclaré Roger Karoutchi.

L’amendement adopté, reste à voir si l’ensemble du projet de loi Macron dans lequel il s’inscrit sera adopté par le Sénat. Rendez-vous le 12 mai prochain.

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