Vinyle : une augmentation des tarifs inquiète les disquaires

Publié le 30 juin 2021 à 15:49
Mathieu David Par Mathieu David
Rédacteur

La sonnette d’alarme est tirée.

vinyl

Les vinyles vendus dans les commerces en France se préparent à une augmentation tarifaire sans précédent. C’est le GREDIN (Groupement des disquaires indépendants nationaux) qui, dans un communiqué publié ce mois de juin, qui lance l’alerte en révélant un accord passé entre trois majors françaises (Universal, Warner et Sony) concernant une augmentation du prix des disques, à cause d’une « Raréfaction de la matière première et meilleure rentabilité sur le vinyle », selon le syndicat.

On peut y lire :

Opportunisme ou suicide commercial, les 3 majors françaises du disque ont décidé en cette année 2021 d’une augmentation tarifaire qui, pour deux d’entre elles dépasse l’entendement. Et malheureusement, certains labels et distributeurs indépendants ne sont pas en reste dans cette escalade.

Les prix hors taxes ont pris entre 0.50€ et 19€ (?!) d’augmentation selon les références.

Le syndicat prend pour exemple l’album Dure Limite de Téléphone :

Hier, pour le simple vinyle de Téléphone « Dure Limite » vendu par Warner aux disquaires 12€49 HT le prix public était environ à 21€30 TTC.

La marge des magasins tournant autour de 30% maximum, le gain pour eux était de 4€60 puisque, rappelons-le au passage, le disque est un des rares produits culturels à être encore soumis à une TVA à 20%, soit sur ce disque 4€20 pour l’état.

Le nouveau tarif de Warner pour ce même album est aujourd’hui de 30€05 HT ( ?!). Basculant ainsi le prix de vente public à environ à 51€ TTC… 

Si le GREDIN n’appelle pas au boycott, il précise cependant que les commandes auprès des majors risquent fort de s’arrêter, « car il est inconcevable pour nous disquaires, de proposer des vinyles à un tel niveau de prix. »

Cette raréfaction des matières premières (notamment le polymère, indispensable à la fabrication des vinyles) est une conséquence directe de la pandémie mondiale de Covid-19. FELIN (Fédération Nationale des Labels et Distributeurs Indépendants) expliquait dans un communiqué publié au mois de mai :

Les confinements et restrictions pour limiter la pandémie COVID-19 ont entrainé une baisse des activités de transports à l’échelle planétaire, engendrant ainsi moins de besoins en produits raffinés. Les raffineurs quant à eux, se sont retrouvés avec des cuves pleines, et ont donc ralenti leur production. […]

Faute de matières premières, les usines qui produisent les monomères et polymères fonctionnent donc au ralentit. Par conséquent, la forte demande des polymères liée au besoin du secteur médical, de l’emballage ou encore du bâtiment entraine une inflation mondiale du prix des matières plastiques allant de 30% à 40% ainsi qu’un allongement des délais de fabrication. […]

Les labels déjà fragilisés par la crise se retrouvent donc avec des délais de livraisons rallongés et une hausse de 30% à 40% des coûts de productions impactant directement le prix de vente du disque. Les pressages à plus petites échelles seront ainsi plus impactés que les plus grandes : environ +30% pour 300 copies et +20% pour 1000 copies.

Selon le dernier bilan annuel du SNEP (Syndicat national de l’édition phonographique), les ventes de vinyles ont augmenté de 10,2% en 2020, avec 4,5 millions d’exemplaires vendus tout au long de l’année passée.

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