Tatouage : attention danger ?

Publié le 7 août 2015 à 13:04
Cécile Descamps Par Cécile Descamps
Rédactrice

tatouageSi la mode du tatouage déferle sur le monde, et en particulier chez les 18-35 ans, que sait-on aujourd’hui des risques à long terme que comporte la pratique ?

Selon l’Ifop, un français sur dix est tatoué, et la tendance fait même grimper ce chiffre à 20% chez les 18-35 ans. Il y a 20 ans, l’Hexagone comptait 400 studios de tatouage, ils sont désormais 4 000 !

Avec cette relative démocratisation, les risques à court terme sont désormais maîtrisés grâce au respect par les professionnels des règles d’hygiène de base (stérilisation du matériel, désinfection de la peau les semaines qui suivent…) : moins de 5% des tatoués sont aujourd’hui victimes d’une infection bactérienne.

Pourtant, le tatouage est une scarification du derme et une injection d’encre entre le derme et l’épiderme. L’encre utilisée autrefois était l’encre de Chine, ou une encre fabriquée à partir de charbon ou de suif. S’ils peuvent comporter des pigments organiques, les produits aujourd’hui sont aussi tout à fait susceptibles de contenir des conservateurs, du nickel, de l’arsenic, du plomb, très nocifs pour l’organisme.

Parce que les encres de tatouage ne sont pas considérées comme des cosmétiques dans de nombreux pays, elles ne sont pas testées à long terme. Les risques à long terme qui entourent le tatouage restent donc mal connus.

Une étude allemande, publiée dans The Lancet, s’est penchée sur la question : « Il n’y a aucune preuve que ces ces ingrédients soient sans risque pour le corps« , selon le Dr. Andreas Luch, de l’Institut fédéral d’évaluation des risques, à Berlin. Les chercheurs ont observé des personnes tatouées depuis plusieurs dizaines d’années ont constaté que 90% de l’encre avait disparu de la peau. Pour aller où ? Est-elle rejetée ? Accumulée dans les organes via les tissus vivants, vaisseaux sanguins, nerfs et cellules immunitaires ?

Si cette étude confirme la présence de produits cancérigènes ou procancérogènes potentiels dans les encres, elle admet pourtant, comme d’autres avant elle, que le lien direct entre cancer de la peau et tatouage reste incertain…