Spotify se dirige tranquillou vers le business de chansons « sponsorisées »

Publié le 20 juin 2017 à 14:46
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

La plateforme de streaming teste aux États-Unis le sponsoring de chansons pour « permettre aux labels de faire la promotion de leurs singles ». Nul doute que ce procédé devrait arriver en France, surtout lorsque l’on connait le taux de rémunération des ayants droit sur ces applications.

La publicité évolue chez Spotify. La plateforme de streaming teste en ce moment, seulement aux États-Unis, le sponsoring de titres. Le but : « permettre aux labels de faire la promotion de leurs singles », a déclaré l’application sur le site TechCrunch. Quand ils écoutent de la musique – sur la version gratuite -, les Américains peuvent désormais entendre des titres inconnus, plutôt que de la publicité. Un jingle leur annonce même que le contenu est sponsorisé. Bonne nouvelle pour ceux qui ne le voudraient pas, un tweetos a trouvé comment le désactiver :

Un tel procédé n’existe pas en France pour le moment. Mais à terme, ce serait une aubaine pour les labels qui souhaiteraient mettre leurs artistes en avant. Il faut dire que pour l’heure – s’il est difficile de le chiffrer exactement -, les ayants droit d’un titre diffusé sur Spotify gagnent environ 0,0065cts d’euros par écoute, selon la Sacem. Autrement dit… pas grand chose. Les plateformes commencent d’ailleurs à s’inquiéter des fraudes.

Interrogé par Les Echos, le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep) a admis avoir repéré certaines « anomalies » dans le nombre d’écoutes de plusieurs artistes de rap/hip-hop qui, selon eux, « cumulent des scores démesurés ». Comment feraient-ils ? Une enquête publiée dans Les Echos révèle qu’il existe des logiciels payants pour booster le nombre d’écoute. Il suffit qu’un boot clique des milliers de fois sur un titre, pouvant générer jusqu’à 20 000 écoutes par semaine. « Nous avons des procédures de contrôle désormais efficaces pour repérer les fraudes et ne pas les comptabiliser », s’est défendu dans le magazine Denis Ladegaillerie, le patron de Believe (grosse société de distribution digitale). Ajoutant : « Ni nous, ni Deezer, Spotify ou Apple Music n’avons constaté de problèmes récemment ».

De son côté, le hacker William Bedell a montré au site Motherboard comment « détruire Spotify avec de fausses écoutes ». Il annoncé se faire tout de même jusqu’à 10 895 euros par an… sans rien faire.