La Pussy Riot Maria Alekhina s’exprime dans un texte

Publié le 22 août 2012 à 12:23
Chirihaine Par Chirihaine
Rédactrice

Condamnée à deux ans de prison, la Pussy Riot Maria Alekhina n’a pour autant rien perdu de son mordant et de sa détermination. Preuve en est, le texte qu’elle a écrit et qui a été lu par son avocate lors de son procès. Découvrez quelques extraits ci-dessous.

En quelques mois, les Pussy Riot sont devenues le symbole même de toute une génération en Russie. Une génération prête à défendre ses libertés individuelles et à dénoncer les abus du régime. Comme on le sait tous, à cause d’une simple « prière punk », censée dénoncer la collusion entre l’Eglise Orthodoxe et le pouvoir politique russe, plus particulièrement Vladimir Poutine, les membres de Pussy Riot ont été condamné à deux ans de détention chacune. Une des membres Maria Alekhina a tout de même profité de l’attention internationale et de la tribune qui lui était accordé lors de son procès pour s’exprimer à travers un texte lu par son avocate.

Quelques extraits :

Ce procès est exemplaire. Le pouvoir en rougira, et pas qu’une fois, et il en aura honte. Chacune de ses étapes est la quintessence de l’arbitraire. Comment notre démarche, à l’origine une action modeste et plutôt farfelue, s’est-elle muée en cet immense malheur ? Il est évident que, dans une société saine, ce serait impossible.
(…)
Ce qui est intéressant, c’est que notre situation a été, dès l’origine, dépersonnalisée. Parce que, lorsque nous parlons de Poutine, ce n’est pas Vladimir Vladimirovitch Poutine que nous avons en vue ; c’est Poutine en tant que système créé par lui-même, cette verticale du pouvoir où pratiquement toute la gestion s’effectue à la main.
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Je ne cesse de m’étonner que dans notre pays il faille rassembler plusieurs milliers de personnes pour faire cesser l’arbitraire d’un ou d’une poignée de fonctionnaires.
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Après plus de six mois passés dans une cellule, j’ai compris que la prison, c’était la Russie en miniature. C’est la même verticale du pouvoir, où le règlement du moindre problème passe par la décision exclusive et directe du chef.
(…)
Une situation artistique peut, et se doit selon moi, comporter un conflit intérieur. Et je suis particulièrement irritée par toute cette « soi-disance » qui émaille les paroles de l’accusation lorsqu’elle mentionne l’art contemporain.
(…)
Et je n’ai pas peur de vous. Je n’ai pas peur du mensonge, je n’ai pas peur de la fiction, je n’ai pas peur de cette mystification mal fagotée, je n’ai pas peur du verdict de ce soi-disant tribunal. Parce que vous ne pouvez me priver que d’une soi-disant liberté. C’est la seule qui existe sur le territoire de la Fédération de Russie. Ma liberté intérieure, personne ne pourra me l’enlever.

L’intégralité du texte est disponible sur le site .