Procès des Sex Pistols : John Lydon s’exprime après le verdict

Publié le 31 août 2021 à 16:32
Iris Mazzacurati Par Iris Mazzacurati
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John Lydon aka Johnny Rotten, à la première du film « Punk » en mars 2019 à Los Angeles. ©Emma McIntyre / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Une semaine après avoir perdu son procès face aux autres membres des Sex Pistols, John Lydon alias Johnny Rotten livre sa réponse.

 

C’est l’épilogue d’une bataille judiciaire qui a pris fin le 23 août dernier.

Lydon – qui refusait d’autoriser l’utilisation de la musique du groupe dans la prochaine série Pistols, réalisée par Danny Boyle (Slumdog Millionaire, Yesterday) – était poursuivi par le batteur Paul Cook et le guitariste Steve Jones, auteur de Lonely Boy: Tales From a Sex Pistol, le livre de des mémoires dont s’inspire la série.

La justice leur a finalement donné raison, sur la base d’un accord signé par les Sex Pistols en 1998 stipulant que l’utilisation de leurs chansons devaient être « votée à la majorité », et non à l’unanimité, n’en déplaise à Johnny Rotten.

En effet, dans cette nouvelle déclaration publiée sur son site web, Lydon affirme n’avoir été au courant de l’utilisation des titres des Sex Pistols dans la série que « quelques heures seulement » avant son annonce dans les médias :

« Bien évidement, John, en tant que force créatrice des Sex Pistols, aurait voulu savoir comment il allait être représenté, et comment ses morceaux allaient être utilisés pour donner de la crédibilité à la série. En dépit de demandes répétées sur le script ou le scénario, John n’a toujours pas eu de réponses détaillées à ce sujet.

«(…) Tout ce qu’on lui a demandé, c’est d’autoriser l’utilisation des titres des Sex Pistols, sans aucune consultation ou implication préalable au projet. Il s’est donc positionné de principe contre ce qu’il considère être une atteinte à l’intégrité de l’héritage des Sex Pistols, et s’est battu pour ce qu’il a cru – et continue de croire – être juste.

« Depuis plus de 23 ans, les Sex Pistols fonctionnent sur la base d’une prise de décision unanime. Avec cette production Disney, c’est la première fois que l’approche unanime est mise à mal.

« Il est décevant qu’un juge décide la prévalence d’un accord signé en 1998, imposant aux Sex Pistols la règle de la majorité, plutôt que celle de l’unanimité qui a été le leur pendant 23 ans.

« A l’avenir, il est à craindre que cette règle de la majorité finisse par affadir et distordre la véritable histoire et l’héritage des Sex Pistols. Le temps nous le dira.

« Quoi que fasse Disney, ce sera sans l’implication ou l’approbation créative de John. John n’a pas le pouvoir d’empêcher toute déformation de la véritable l’histoire des Sex Pistols et le résultat final sera uniquement le reflet de la volonté de la majorité. »

Et le communiqué de se conclure par une déclaration de John Lydon lui-même : « Je suis le chanteur et l’auteur-compositeur, le leader, l’image, le tout… C’est tout ce que je dis. En quoi cela ne serait-il pas pertinent ? C’est ahurissant. C’est tellement destructeur pour le groupe et je crains donc que l’ensemble du projet ne se révèle extrêmement négatif.

« Comment peut-on penser que tout cela ait lieu sans me consulter et traite de ma vie personnelle et de mes problèmes, sans avoir pris une seule fois contact avec moi avant que le projet ne soit annoncé au grand public. Je ne trouve pas de mots assez forts pour dire à quel point c’est malhonnête. Comme je le disais dans The Order of Death : « This is what you want, This is what you get… (c’est ce que vous voulez, c’est ce que vous avez)… »

De leur côté, Paul Cook et Steves Jones avaient déclaré juste après le verdict : « Nous nous félicitons de la décision des tribunaux dans cette affaire. Il apporte de la clarté à notre prise de décision et respecte l’accord des membres du groupe sur la prise de décision collective.

« Ca n’a pas été une expérience agréable, mais nous pensons qu’elle était nécessaire pour nous permettre d’aller de l’avant et, espérons-le, de travailler ensemble à l’avenir dans de meilleures relations. »

On ne parierait pas là-dessus.

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