Primeurs de Massy 2015 : place à la nouveauté

Publié le 30 octobre 2015 à 20:11
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
Rédacteur

Les Primeurs de Massy 2015 : le live reportCette année encore, le festival francilien met en lumière les jeunes pousses de la scène française et réserve, par sa définition même, de belles surprises. Petit tour d’horizon du lancement de cette édition 2015, mercredi 28 octobre.

Tandis que la Grande Boucle de OÜI FM se délocalisait pour vous proposer une émission spéciale, avec des interviews assurées par Thomas Caussé et Angèle, l’organisation autour de nous s’active : placé au sein du patio non loin d’un stand de crêpes et du bar, notre studio devient l’épicentre autour duquel gravitent organisateurs et bénévoles pour pouvoir ouvrir les portes au public à l’heure, soit à 19h. Entre temps, nous avons la chance d’accueillir les quelques artistes présents pour ce premier soir : Nach, Forever Pavot, et même Christian Maugein, président de l’événement, venu témoigner de la ferveur de ses équipes.

À peine le temps d’aller tailler le bout de gras que les hostilités sont lancées, avec le premier live envoûtant de Nach : sœur cadette de la fratrie Chedid, son premier album fraîchement sorti, la jeune artiste dévoile toute l’étendue de sa palette musicale, d’une richesse qui n’étonne plus lorsqu’on évoque la famille Chedid. Folles envolées jazzy, voix en retenue, Nach se dessine déjà un futur plus que prometteur.

Un petit tour au niveau de la deuxième scène pour apprécier le blues foutraque des copains de The Wanton Bishops, décidément très en forme lors d’un set qui transpirait plus la Louisiane que la Meurthe-et-Moselle.

Mais la vraie claque de la soirée vient un peu plus tard : tandis qu’un groupe de jeunes hommes emmené par un dandy tout en costume s’avance dans la pénombre, on croit reconnaître le timbre si particulier du chanteur de Feu! Chatterton, venus défendre leur premier album Ici le jour (a tout enseveli). À mi-chemin entre poésie slammée et pop music brutale, le quintet jouit d’une énergie étincelante, fraîcheur intacte qui contraste avec la maturité des textes et la sobriété de leur image. Un petit rappel bienvenu que la scène française a de quoi offrir, et peut encore se permettre quelques surprises.

Et puisque les Primeurs de Massy sont réservées aux artistes ayant sorti leur premier album, difficile d’écarter Forever Pavot de la sélection : avec Rhapsode, le jeune prodige de la scène psychédélique française (signé chez Born Bad Records) s’est fait plaisir en présentant sa musique rétro à un public curieux et acquis à sa cause des les premières notes de clavier. Oui, ça sonne comme si ça avait été enregistré dans les années 70, et c’est pour ça qu’on l’aime. Mention spéciale à sa reprise du générique de Tintin (le dessin animé de notre enfance), et de la meilleure blague de la soirée signée Emile, « C’était Forever Poivrot », brandissant une bière et clôturant le concert d’un habile clin d’œil dialectique.

Avec un public avide de découverte, une organisation plus que chaleureuse et un lieu de rencontre atypique comme Massy, plus que jamais, les Primeurs prennent la tête des événements mettant en avant la nouveauté. Un besoin qui n’est pas prêt de se tarir.