MARY’S DREAM – 10 YEARS

Publié le 19 octobre 2009 à 16:45
oui fm radio rock Par oui fm radio rock
Rédacteur

Sortie le 28 septembre 2009

« La plupart des émotions, disait Bergson, sont grosses de mille sensations, sentiments ou idées qui les pénètrent ».

Ce pourrait être l’exacte définition de l’impression qu’on éprouve à l’écoute des chansons de ce premier album de Mary’s Dream. Des sensations multiples, empreintes de mélancolie poignante, de douceur fiévreuse et de violence suave, frisson et exaltation au diapason. Dès les premières notes, la musique de Mary’s Dream vous étreint, vous empoigne corps et âme pour ne plus vous lâcher. Comme une longue prière déchirante, une incantation bouleversante, entre plaisir et douleur, spleen et quiétude.

Aujourd’hui, le résultat est là : quatorze morceaux réunis sous le titre-bilan de 10 Years (la durée de gestation…) et emballés dans une pochette dessinée par Sébastien Mesnard, illustrateur fou… de Tim Burton.
Des chansons écrites et chantées en anglais (« à cause des sonorités » affirment les auteurs), à l’exception de trois titres en français, Je Pars, La Route Est Longue et Psychologist.

Des chansons comme autant de moments de vie, à propos d’amour et d’amitié, d’espoirs et de doutes, de rencontres et de départs, à l’image du majestueux morceau d’ouverture, September Rainy Day, dédié à un ami disparu, de Tale, conte mélancolique évoquant la vision alcoolisée d’un SDF, de Psychologist, écrite par Sandro en pleine déprime dans un hôtel minable de Malaga, ou de No Rule, inspirée à l’époque par l’élection de Bush. Sentiments mêlés donc, serpentant de la rage métronomique de Wrong Direction à la tension symphonique de It Kills Me Inside, du blues limpide de Whatever aux envolées psychédéliques de TOFA. Le tout, entre cordes, percussions et claviers, porté par la grave voix de velours vibratile de Sandro, qui rappelle parfois celle d’un certain Eddie Vedder…

Un disque de folk-pop-rock lyrique et intrigant, à la noirceur lumineuse dans la veine d’artistes comme Thom Yorke, REM ou Madrugada, aux mélodies émouvantes à donner la chair de poule, fourmillant de mille sentiments et sensations. C’est sûr, Bergson aurait applaudi des deux mains.

 

www.myspace.com/marysdream