[Live report] Solidays 2017, 1ère journée

Publié le 24 juin 2017 à 1:40
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
Rédacteur

Comme chaque début d’été, l’Hippodrome de Longchamp s’anime à nouveau au rythme de la lutte contre le sida avec le festival Solidays, qui se tient du 23 au 25 juin 2017. L’équipe de Sex, Bob & Rock’N’Roll et Thomas Caussé étaient sur place. On vous raconte les meilleurs moments.

Difficile de cacher son excitation lorsque Solidays ouvre ses portes : festival empreint d’une fougue juvénile toujours revigorante, il symbolise à la fois le début de la période estivale (et de ses événements semblables, c’est de saison), mais aussi et plus que tout la lutte contre le sida, toujours au cœur de l’identité de l’événement. Cette année encore, l’Hippodrome de Longchamp accueillait un public constitué essentiellement de prétendants bacheliers – et qu’on ne nous fasse pas croire que la fin des épreuves, qui précédaient de quelques heures à peine les festivités ne sont que le pur fruit du hasard. Résultat : de jeunes gens libérés de toute pression étudiante, prêts à faire la fête et à célébrer leur amour de la musique comme il se doit.

Et c’est dans cette ambiance festive que Bob et toute son équipe sont venus assurer une émission exceptionnelle en direct du festival, avec un Sex, Bob & Rock’N’Roll spécial articulé autour de la programmation de cette édition 2017. Malgré quelques aléas dus au direct (dont une coupure, carrément !), l’équipe était au taquet pour délivrer une émission de qualité ; il faut dire qu’avec une météo aussi clémente et un cadre aussi cool, ça donne envie ! Mention spéciale à Isa qui a failli faire le grand saut à l’élastique, mais n’a pas osé se jeter. Promis, elle retentera l’année prochaine !

De son côté, Thomas Caussé a pu capturer les ressentis de quelques artistes vis-à-vis de cet événement si particulier, lors d’interviews à découvrir durant tout le week-end spécial Solidays 2017 sur OÜI FM.

Pour ce qui est des concerts, nous avons choisi de nous attarder sur cinq d’entre eux, reflétant d’après nous l’éclectisme, mais aussi les raisons évidentes de la collaboration entre Solidays et OÜI FM, la première radio rock de France.

Ce sont d’abord The NOFACE qui ont attiré notre attention, pour une raison simple : leurs visages ne nous sont pas familiers. Ex-musiciens de feu Skip The Use, le quatuor instrumental est désormais au service d’Oma, prêtresse afro au souffle de feu à l’énergie contagieuse. Leur concert, inaugurant la scène Bagatelle pour cette édition 2017, constitue une des belles surprises de ce premier jour.

Une autre belle surprise, c’est celle que nous réserve le quatuor malgache de The Dizzy Brains : emmené par un chanteur possédé façon Jim Morrison, les quatre garçons font office de véritables Ramones de Madagascar, éructant un rock garage immédiat et salvateur. À Solidays, le rock’n’roll n’a pas dit son dernier mot !

S’ensuit la première tête d’affiche de cette édition 2017 de Solidays, celle grâce à laquelle une bonne partie du public se précipite sur la scène Paris : La Femme. Fierté nationale depuis le succès de leur premier album Psycho Tropical Berlin, et de la confirmation avec Mystère paru en 2016, le groupe formé initialement à Biarritz n’a eu aucun mal à initier le public de Solidays à leurs rites païens aussi érotiques qu’ésotériques, portés par une mise en scène assez impressionnante compte tenu du minimalisme assumé de leur surf rock sous influences. Très certainement un des temps forts de ce premier jour.

Pères fondateurs du reggae tel qu’on le connaît aujourd’hui, les jamaïcains de Toots & The Maytals ont foulé la scène Domino devant un public d’érudits. En 1968, Toots Hibbert et son groupe chantaient Do The Reggay, signant la première chanson à utiliser le mot, définissant aujourd’hui un pan entier de la musique popularisée notamment par le roi Bob Marley et les princes de Kingston. De véritables légendes vivantes, et par conséquent un des rendez-vous immanquables de la soirée.

Notre dernier concert de la soirée fut signé The Pirouettes : étrange duo formé par Vickie et Leo (ensemble sur scène comme à la vie), leur pop décomplexée aux textes trop innocents pour être honnêtes trahit une démarche artistique totale, pure, libérée de tout artifice ou de toute pression extérieure – c’est en tout cas l’impression qui se dégage de leur prestation. Derrière leurs visages figés d’adolescents sans problème, que quelques sourires viennent fissurer lorsque le public entonne leurs chansons avec eux, The Pirouettes font déjà partie de cette pop française renouvelée, qui n’a besoin ni d’influences, ni de conseil. À voir au moins une fois, histoire de pouvoir dire « j’y étais. »