Le vinyle est-il toujours vintage ?

Publié le 8 octobre 2015 à 12:37
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

vinyleÀ l’occasion du Salon du Vintage qui se déroule ce week-end à Paris, OÜI FM s’est intéressé au terme vintage qui accompagne souvent le vinyle. Le vinyle est-il « à la mode » ? Le retour du vintage dénote-t-il d’un besoin de retour à l’objet ? Rencontre avec plusieurs acteurs de l’industrie.

Numérique, streaming, dématérialisation… Depuis plusieurs années, la musique est bouleversée et s’expatrie vers un nouveau mode de consommation. Conséquence, les ventes physiques de CD sont en constante baisse, ne représentant plus que 3% de parts de marché (Source). Au milieu de ce chamboulement, le vinyle est étonnamment le seul support physique en hausse dans le marché de la musique.

« Le vinyle, c’est un art de vivre »

Comme nous le rappelait Jean-Yves, fondateur du Vinyle Club, le vinyle est au passionné ce que la croûte est au fromage. Mais par son charisme singulier, un son grésillant délicieux et par ses antiquités musicales uniques, le vinyle rassemble aujourd’hui les plus férus de musique et plus récemment, les nouvelles générations.

Thomas Pasquet, disquaire indépendant est de cet avis : « En ce qui concerne le disque, il y a un revival de l’objet en tant que tel. On n’a jamais fait d’objet plus beau pour représenter la musique ». Les mélomanes ne rendraient-ils pas l’objet encore plus fascinant ? Cette minorité même qui tire le marché vers le haut, qui le fait revenir à l’essentiel, sans s’atteler nécessairement aux nouveaux codes musicaux.

Ces nouveaux codes, justement, dont certains sont imposés par les labels, ceux envers qui les artistes ont des obligations. Vendre des disques est devenu aujourd’hui un parcours du combattant. Mais comme EMI qui réédite en vinyle les 14 albums de The Beatles, les artistes signés sur les majors, émergents ou non, sortent généralement une version vinyle de leur disque car « les gens ont envie de revenir à des choses plus matérielles, plus authentiques » nous explique Thomas. En tant qu’objet commercial, ces conditions se doivent bien évidemment d’être acceptées par les artistes (A qui l’ont réserve le droit de travailler de façon indépendante ndlr). Inévitablement donc, le côté vintage du vinyle en fait être un produit standardisé soumis aux seules lois du marché.

Pour répondre à ces questions, OÜI FM avait rencontré Jean-Yves, l’un des fondateurs du Vinyle Club, plate-forme web qui vend des vinyles et des platines sous forme d’abonnements :

Mais si le vinyle est de retour, c’est aussi pour ce qu’il représente. Notre légendaire Philippe Manœuvre dans le magazine Challenges déclarait même qu' »au-delà du son, il y a l’esthétique, le plaisir de l’objet, sa fragilité aussi. Voilà un produit qu’il ne faut pas maltraiter, mais respecter. Un peu à l’image de la musique en somme. nous avons été trahis par le CD. Le vinyle, c’est ça le rock » :

Retrouvez Thomas Pasquet et pleins d’autres disquaires les 17 et 18 octobre au Salon du Vintage, à Paris.

Angèle Chatelier