Le premier album des Arctic Monkeys fête ses 10 ans

Publié le 25 janvier 2016 à 13:15
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
Rédacteur

Le premier album des Arctic Monkeys fête ses 10 ansRetour sur un des plus récents et des plus percutants contes de fée rock.

Le rock et la pop music ont cette étonnante faculté d’alimenter leur propre mythe, leurs propres histoires promptes à faire rêver les fans qui rejoindront à leur tour, avec un peu de chance et beaucoup de talent (ou plutôt l’inverse), la grande histoire du rock. Une sorte de roue de la fortune qui donne sa définition essentielle à ce qu’est la musique populaire, celle élaborée entre potes dans une petite chambre d’adolescent. Les Arctic Monkeys font partie de ce mythe auto-suffisant, et ce pour plusieurs raisons.

Après seulement quelques mois de guitare sous les doigts, Alex Turner (chant, guitare) et Jamie Cook (guitare), amis d’enfance de la banlieue de High Green à Sheffield en Angleterre, s’amusent à reprendre quelques standards signés Oasis, The Strokes ou encore The Jam. Des fulgurances et des mélodies sur lesquels naquirent les Arctic Monkeys, avec Matt Helders (batterie) et Andy Nicholson (basse), qui sortiront un premier 2 titres intitulé Five Minutes with Arctic Monkeys dès 2005, distribué à de très rares exemplaires en CD et vinyles, mais aussi et surtout sur la toute jeune plate-forme de téléchargement légal iTunes Music Store. Musique incisive, distribution dans l’ère du temps : les Arctic Monkeys signent sur le label Domino Records (Franz Ferdinand, Elliott Smith, Robert Wyatt) en juin de la même année. Ils n’ont pas 20 ans.

Whatever People Say I am, That’s What I’m Not, premier album du quatuor, débarque l’année suivante. Avec plus de 360 000 copies écoulées en une semaine au Royaume-Uni, il bat des records de ventes jusque là détenus par des poids lourds de la brit pop tels qu’Oasis. Si les enfants du pays rencontrent un succès moindre de l’autre côté de l’Atlantique, la performance n’en reste pas moins impressionnante : avec 34 000 unités vendues, il s’agit du second disque signé sur un label indépendant à s’écouler aussi rapidement en une semaine. Productifs, Turner et sa bande sortent l’EP Who The Fuck Are Arctic Monkeys? dans la foulée, comprenant 4 inédites. Le single Leave Before the Lights Come On signera quant à lui l’arrivée définitive de Nick O’Malley en remplacement d’Andy Nicholson, dont les premières tournées auront eu raison.

Après un second album qui débarque avec la même fureur dès 2007, porté par le tonitruant Brianstorm et co-produit par James Ford (Simian Mobile Disco), les Arctic Monkeys sentent arriver le vent poussiéreux du renouveau. Un vent qui vient tout droit de Californie, sous l’impulsion d’un autre grand nom de la scène rock alternatif : monsieur Josh Homme. Le leader des Queens of the Stone Age, impressionné par la fougue de la jeunesse et la talent de songwriter de Turner, invite les quatre compères dans son mythque Rancho De La Luna (avec « un instrument chacun, » c’était la règle) pour enregistrer Humbug (2009), troisième album à contre-pied de toutes les attentes suscitées, dont les influences psychédéliques et desert rock dessineront de la plus belle des manières la conquête de l’Ouest que sont alors en train d’opérer les quatre singes.

Deux ans plus tard, Suck It and See confirmera la place qu’occupe désormais le groupe comme un des plus importants de la scène rock mondiale, et signera son album le plus abouti en 2013, AM, quintessence du style Arctic Monkeys et contenant aussi bien des riffs rentrés dans l’histoire (Do I Wanna Know?, R U Mine?), que des bijoux d’écriture influencées par les nouvelles envies assumées d’Alex Turner, de Nick Cave à la brit pop chère à son cœur en passant par Dr. Dre.

Si en 2016, la suite se fait toujours désirer, ces hyperactifs du rock’n’roll ne s’arrêtent pas pour autant : après un EP en solitaire pour la bande-originale du film Submarine et un premier album enregistré avec Miles Kane sous le nom The Last Shadow Puppets en 2008, Alex Turner sera de retour avec ce même projet dès le printemps. On retrouvera également Matt Helders dans les crédits du prochain album d’Iggy Pop, Post Pop Depression, à paraître le 18 mars prochain.