La Route du Rock, le festival malouin qui navigue sur le bateau de la sensibilité

Publié le 19 juillet 2017 à 18:48
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

Impertinent, indépendant et indocile : le festival La Route du Rock célèbre chaque année au Fort de Saint-Père (Saint-Malo) le rock sous toutes ses formes. Rencontre avec ses programmateurs avant sa 27ème édition du 17 au 20 août 2017.

La Route du Rock fascine. Il est clair que le festival malouin est pour les plus sensibles d’entre nous. Mais les plus exigeants, aussi. Ceux qui ressentent la chaleur d’une arpège de guitare quinze minutes durant. Ceux qui s’animent autour d’un rock léché et impatient, également. La Route du Rock en 2017, c’est ça : la fougue céleste de Mac DeMarco aussi bien que la surexcitation d’Interpol. De l’indépendance et de l’impertinence. « Nous faisons partie de la grande famille des musiques indépendantes » assure fièrement Alban Coutoux, programmateur du festival avec François Floret, aussi directeur. Il faut dire que l’évènement musical brasse encore tous les genres cette année : du pop rock avec Future Islands, de l’électro plus poussée avec Soulwax ou Tale of Us. Du hip-hop, aussi, avec DJ Shadow. « Notre ligne éditorial, c’est ce coté indépendant issu du punk. Nous sommes nés dans les années 90 en même temps que l’explosion des labels indépendants » narrent-ils.

PJ Harvey, tête d’affiche fétiche 

Pour sa 27ème édition, le festival s’offre une tête d’affiche prodigieuse : la chanteuse et multi-instrumentiste PJ Harvey. « Ça fait des années qu’on lui (re)court après… » avoue François Floret. Le festival l’avait déjà programmé en 1998. Depuis, impossible de la faire revenir à Saint-Malo, tant l’artiste est partout : en vadrouille, en studio ou en voyages. En 2017, elle dévoilait A Dog Called Money, un nouveau titre profondément abyssale. L’année d’avant, l’artiste nous racontait ses voyages au travers du film documentaire The Hollow of the Hand. La musicienne britannique dévoilait alors les terres afghanes, dans les provinces de Kabul, Parwan, Nangarhar et Helmand. « Depuis 1992, elle sort toujours des albums hyper intéressants et nouveaux. Elle prend des risques«  concède Alban Coutoux. Puis… il l’avoue : PJ Harvey est la tête d’affiche rêvée pour l’image qu’ils veulent donner du festival. Toutefois, l’artiste est aussi un moyen pour l’évènement d’espérer se remettre à l’équilibre après une édition 2016 laborieuse.

Un public exigeant

« L’année dernière, on s’est pris une veste » conçoit d’emblée François Floret. Pour rester à l’équilibre, le festival doit vendre environ 20 000 billets. Pour l’édition 2016, ils étaient 13 000. « On dit souvent que la Route du Rock est un nom, une marque de fabrique, que le public vient quoi qu’il arrive… mais on sait aussi maintenant qu’il a besoin de grosses têtes d’affiches » ajoute-t-il. En 2015, il déclarait au micro de OÜI FM :

Notre force c’est d’être dans la merde depuis le début. (rire) A force on s’habitue. On trouve un fonctionnement et une souplesse qui fait que l’on va bien

Car en véritable militant musical, François Floret s’attelle aussi – et surtout – à programmer depuis 17 ans de véritables coup de cœur, quitte à ne pas toujours être dans l’actualité. Il affectionne aussi particulièrement les groupes de « niches », moins connus. Du 17 au 20 août 2017, le bateau sensible de la Route du Rock prendra les voiles à Saint-Malo et… il y en aura pour tous les goûts. On s’y voit ?