KATE NASH – MY BEST FRIEND IS YOU

Publié le 7 avril 2010 à 11:26
oui fm radio rock Par oui fm radio rock
Rédacteur

NOUVEL ALBUM « My Best Friend Is You »

Sortie le 19 avril 2010

www.myspace.com/katenashmusic

Kate venait d’avoir vingt ans, et sa carrière était calée sur “avance rapide” : durant l’été 2006, elle était devenue un phénomène MySpace avant même d’avoir un contrat avec une maison de disques ; les 2000 exemplaires de son premier single Caroline’s a Victim avaient été épuisés dès leur sortie en février 2007 ; elle avait signé en avril sur le label Fiction Records ; deux mois plus tard, le single Foundations était numéro 2 des classements ; en août, elle fêtait l’arrivée de son album au n°1 des ventes.

Plus que tout, Kate voulait vivre sa “vraie vie”. Faire des trucs comme rester à la maison en robe de chambre à regarder la télévision dans la journée. Des trucs comme voir ses amis, aller au cinéma, au théâtre, ou lire des livres. Des trucs comme passer du temps avec son premier petit ami sérieux, Ryan Jarman des Cribs. Le hic, c’est que Kate est incapable de rester assise à ne rien faire pendant très longtemps. Non seulement elle possède une éthique du travail que lui a inculquée sa mère, infirmière dans un hospice, mais c’est aussi une véritable force vitale avec laquelle il faut compter.

Il est facile d’oublier que Kate, bavarde invétérée qui peut parler dix minutes d’affilé sans reprendre son souffle, n’a que vingt-deux ans. Elle fait peut-être preuve d’un enthousiasme très enfantin pour la vie en général, mais elle a aussi (et c’est paradoxal pour son âge) les deux pieds bien sur terre. “Ce n’est pas si difficile, dit-elle en haussant les épaules. Il suffit de ne pas se comporter en petit branleur”.

Kate le dit, elle est très stricte envers elle-même. Elle refuse que ses chansons soient utilisées dans des publicités, parce qu’elle ne veut pas trahir ses principes et qu’elle veut travailler dur pour mériter sa paye. Elle est “totalement” féministe. “Je crois en l’égalité, donc je suis féministe. C’est aussi simple que ça. Quand je vois la tête des filles aux trois premiers rangs de mes concerts, je sais ce qu’elles pensent : ‘elle est normale, Elle n’a pas l’air anorexique ! Elle se sent bien dans son corps ! C’est cool !’ ”

Bien que Kate ai pris une année sabbatique, elle ne s’est jamais arrêtée d’écrire. Au début de l’été dernier, elle avait accumulé un petit paquet de démos à faire écouter à Bernard Butler, l’ancien guitariste de Suede. A son habitude, elle fait preuve d’une honnêteté désarmante : “Au départ, j’étais un peu sceptique, parce que je ne voulais pas que les gens pensent que le producteur de Duffy allait faire le nouveau Kate Nash, mais quand on s’est rencontrés, on s’est très bien entendus. Avec Bernard, il n’y a pas le temps pour les conneries et le bla-bla. Il est comme moi, c’est un bourreau de travail.”

Kate écrit ses chansons (elle joue du piano, de la guitare, de la basse et de la batterie), mais Butler a trouvé le moyen de leur donner vie sans rien perdre de la personnalité unique de la jeune femme. Ce deuxième album est varié, hardi et honnête. On pourrait aller jusqu’à dire qu’il est expérimental.

Sur Kiss That Girl (avec une bonne dose de paranoïa auto-dérisoire : “elle est instantanément plus jolie et plus intéressante que moi”), on retrouve l’influence des groupes féminins des années 60. You Were So Far Away possède la beauté douce d’un air de folk. Kate a posé des paroles minimalistes sur l’air punk brut I’ve Got A Secret (sur un tempo varié, la phrase « I’ve got a secret I can’t tell you » est répétée à l’infini) comme sur I Just Love You More. Sur un feedback à la Sonic Youth, elle chante “I just love you more than anything' (je t’aime plus que tout) entre deux jappements expressifs. A la fin, elle est à bout de souffle.

Made of Bricks parlait de l’envie d’être amoureuse. Le second album parle de confiance, de sexisme, d’homophobie, d’honnêteté, et de la manière dont le fait de vivre une relation sérieuse l’a rendue moins égoïste et plus adulte. “Je ne veux pas trop m’étaler là-dessus ni paraître bizarre, mais je suis amoureuse ! Je n’ai pas peur de me rendre trop vulnérable. Mes textes laissent toujours voir mes sentiments. Si ça n’est pas le cas, ça veut dire que tu ne vis pas ta vie.”

Le dernier titre de l’album, I Hate Seagulls, parle “d’admettre qu’on est amoureux de quelqu’un ». C’est une liste de ce qu’elle déteste (les mouettes, être malade, se brûler les doigts avec le grille-pain, les poux) et de ce qu’elle aime (le thé avec des scones et de la crème, la lecture, ‘ta main dans la mienne’). “En fait, je dis juste que je déteste toutes ces saletés que la vie te balance, mais que ça n’est pas grave parce que j’aime quelqu’un qui m’aime en retour.”

Avec ce deuxième album dont elle a toutes les raisons d’être fière (“on ne s’est pas pressés pour le faire, j’ai acquis de la maturité dans mon écriture”) Kate se sent-elle hors-norme ? “Je vais sans doute me sentir un peu hors-norme, parce que je n’entre pas dans le moule dans lequel sont normalement formatées les artistes. Mais ça ne m’inquiète pas. C’est hors de question ! J’ai toujours fait les choses à ma manière, et c’est pour ça que je suis heureuse.”


Le deuxième album de Kate Nash sortira sur Fiction Records/Universal le lundi 19 avril 2010

Concerts dès le printemps. Dates de tournée et festivals à suivre...