Jazz Festival de Montreal : la cavale au Canada de Thomas Caussé !

Publié le 30 juin 2014 à 16:07
Matthias Haghcheno Par Matthias Haghcheno
Rédacteur

Jazz Festival de Montreal : Thomas Caussé vous raconte tout !Monsieur Caussé s’est exporté le temps d’un week-end musical qu’il vous fait partager.

« Bienvenue au Jazz Festival de Montreal… le plus GRAND festival du monde !!! » Quand le mec me dit ça à l’accueil de l’aéroport Trudeau, je me dis qu’il exagère un peu le cousin. En fait pas du tout. Le Jazz Festival de Montréal (35 ans cette année) est véritablement GRAND : 11 soirées de concerts en plein centre ville, un programme qui s’étale en long sur 2 doubles-pages de magazine et quelque chose comme 2 millions d’entrées en 2013 !!! Et attention, encore on parle du Jazz Festival mais PAS d’un festival DE jazz. Cette année par exemple : Woodkid, Ben Harper, Moriarty, Valerie June, St Vincent, Violent Femmes, Rufus Wainwright, Beth Hart ou Daniel Lanois et j’oublie pas BB King et Diana Ross… Avouez qu’on n’est pas dans le strict jaaaazz avec solo de contrebasse de 47 minutes. Hein ? Avouez. Ça c’est pour l’affiche. Pour le décor, ce Jazz Festival de Montreal ça ressemblerait un peu à une Fête de la Musique à Paris, mais sans tout ce qui en fait sa défaite : le rush, le bruit, le déballage du grand n’importe quoi. Ici dans le quartier des spectacles où se déroule les concerts en salle et en extérieur, tout est beaucoup plus fluide. La faute aux larges avenues, au grandes places ? Peut-être aussi à cause du public de Montreal : ces québécois qui ne sont pas complètement américains mais totalement à la cool, des personnes souriantes, ouvertes, disponibles, en short et tongs (sans être ridicules) en robe de soirée (sans être guindées) en t-shirt graisseux (sans être crasseux) et en plus au soleil. J’ai bien fait de venir.

Troisième et ultime soirée au Jazz Festival de Montreal : concert de Beth Hart et de Ben Harper mais je ne pense pas que ça soit eux les vedettes de la soirée. Non, au bout de trois jours passés ici en salle je me dis que c’est le public de Montréal qui devrait être en haut de l’affiche. Rarement vu et ressenti une telle intensité, une telle authenticité devant la scène. Ici quand ça hurle ça veut dire quelque chose, c’est fait dans le bon timing ça prend du sens ; exemple quand notre ami Ben Harper (je reviens sur son show dans deux minutes, patiente un peu s’te plaît), dans un élan de mysticisme, se met à chanter a capella les bras au ciel et que quelqu’un crie « AAAAmen » dans l’assistance… franchement ça te colle le frisson parce que là, à ce moment là du show, on est tous dans le vrai. On a beau être au Canada, au Québec, dans un communauté francophone, ici tout se passe à l’américaine, dans un sens du spectacle qu’on ne connaît pas chez nous. Raison de plus pour venir ici et découvrir ça. Pour les concerts en eux-mêmes, Beth Hart maîtrise de bout en bout son set dans un rock blues énergique et une voix qui se permet tout et t’emmène loin. Ben Harper s’est lui trouvé un compagnon de chaise avec le vétéran de blues (et de l’harmonica) Charles Musselwhite. Ça plaque un blues hyper classique avec derrière trois musiciens qui nous servent un truc copieux et peu balourd. Ben Harper a la (mauvaise ?) idée de ne pas taper dans son armoire à tubes, un peu dommage car pas toujours facile à suivre, et sensation d’entendre un peu toujours le même morceau en 4/4 avec chacun qui prend son tour de solo. Heureusement le public intervient pour vous tirer ça vers le haut et c’est lui qui vous donne le vertige.

Trois jours au Jazz Festival de Montreal : une expérience extraordinaire, une ambiance inoubliable, allez y de ma part. Ici au Québec les plaques d’immatriculation portent la devise de ce pays : « Je Me Souviens« , et moi perso, « Je m’en Souviendrai« .