[Interview] Biters, après leur concert à La Maroquinerie

Publié le 6 juin 2017 à 19:52
Mathieu David Par Mathieu David
Rédacteur

Voici ce que ce groupe fort sympathique a raconté à Aurélie, qui vous présente Bring The Noise toute la semaine de 23h à 1h et le dimanche à partir de 22h.

Le 25 mars dernier, Blackberry Smoke débarquaient avec ces gros riffs et ces hymnes « rock » à la Maroquinerie. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule dans ce milieu, ils ont ramené dans leurs bagages un autre groupe de chez eux (Atlanta, États-Unis) les Biters ! Bring The Noise les avait déjà repéré en 2012 avec l’EP Last Of A Dying Breed, mais la formation a vraiment pris son envol en 2015 avec un premier album, Electric Blood et surtout grâce à un label, Earache Records, qui a repéré l’univers sleaze rock délirant de ce quatuor.

Niveau style, une bonne dégaine à la Ramones – cheveux long noir et veste en cuir – mais en version plus glam et sexy. Pour ce qui est des influences, sans grande surprise, le groupe nous parle de Cheap Trick, d’Aerosmith pou encore de Bowie (le chanteur est un grand fan)… Avec leur nouvel album The Future Ain’t What It Used To Be dans les bacs depuis le 19 mai, les garçons règlent le compteur de leur DeLorean dans les 70’s !

Un album qui a pour mission de « faire danser les filles » avec solos de guitares affutés et paroles acidulées qui sent bon l’amour, la liberté, le rock’n roll et qui abordent en toute subtilité les thèmes de la réincarnation. Laisser moi vous présentez les Biters ! La rencontre s’est faite après leur concert dans les loges de la Maroquinerie, et visiblement Tux, le chanteur, et Matt, guitariste de la formation ont tout compris à la promo… Le charme et l’humour avant tout !

Voici l’interview d’Aurélie :

Bonjour les Biters, on est content de vous revoir dans la capitale, enfin… ça fait depuis 2013 que vous n’étiez pas revenus (avec un excellent concert au Klub devant une trentaine d’initiés), pourquoi avoir mis si longtemps à revenir nous voir ?

Tuk : En vrai, on ne sait pas trop… pour tout avouer ça coûte cher de venir jouer en France.
Matt : La dernière fois qu’on est venu, c’était pas avec Sum 41 ?
Tuk : Non mec, on avait pas joué en France
Matt : Ah ouais, on avait fait la Grande-Bretagne, l’Allemagne… on s’était rapproché de la France quand même, mais on n’y avait pas joué.

Du coup, vous sortez de scène, comment vous avez vécu ce premier concert à la Maroquinerie ?

Tuk : C’était un des plus petits shows de la tournée, le plus intime. Une ambiance vraiment différente de ce qu’on a fait jusque là.
Matt : On avait l’impression d’être à Top of The Pops. On pouvait pas bouger sur scène, c’était compliqué.
Tuk : Comme vous avez pu le voir, le batteur était tout à l’avant de la scène. Il n’avait aucun espace pour bouger, sa batterie était trop proche de lui.
Matt : En tout cas il a bien géré malgré le peu d’espace…
Tuk : Y avait aussi pas mal de gens assis sur le devant de la scène,
Matt : Avant qu’on commence le show, pendant nos soundchecks, le public était tout à l’avant de la scène et s’appuyait sur nos pédales et notre matos. Comme si c’était des oreillers! (rires) Ca nous a posé des petits problèmes techniques.
Tuk : Oui, en gros on va juste dire qu’ils ont bien défoncé notre matos.
(On passera les blagues sur l’âge du public présent ce soir là !! )
Tuk : Pour en revenir au public, c’était quand même l’un des plus dures à convaincre depuis qu’on a commencé cette tournée avec Blackberry Smoke.

Biters

Vous allez pas nous en tenir rigueur quand même…

Tuk : Non non c’est cool, t’inquiète. On fait beaucoup de premieres parties, on ouvre pour plein de groupes qui ont des styles différents, on est habitué à tous et à n’importe quoi niveau ambiance.

Vous êtes là ce soir pour nous présenter votre 2eme album, qui va sortir en Mai… The Future ain’t What It Used To Be.

Tuk : J’ai juste compris Burger King (oui, il se moque de mon accent anglais)

Vous savez que c’est un peu chiant les noms d’album super longs pour nous à la radio…

Tuk : (amusé) J’adore… haha Le titre vient d’une citation de Yogi Berra, le joueur de Baseball (ndlr : chez Les Yankees). En fait je crois en la réincarnation, donc il y a beaucoup de métaphores symboliques dans tout l’album. Si tu écoutes bien les chansons, il y a plein de thèmes qui ressortent autour de ça… des choses dont personnes n’a rien à faire sauf moi.

On retrouve aussi pas mal d’influences 70’s, différent de votre précédent, Electric Blood, qui lui était plus axé sur la décennie d’après…

Tuk : En fait sur le premier album, tout le monde nous mettait dans la case « rock 80’s (hard rock) », et je n’aime pas être mis là-dedans. C’est pas négatif évidemment. Pour The Future Ain’t What It Used To Be je voulais aller dans les 70’s mais plus la vague glam et power pop. C’est le courant musical qui nous a le plus influencés. On a eu beaucoup de gens qui nous disait quoi faire de notre musique genre « Tu dois faire du gros rock’n roll genre hard rock », mais finalement on est retourné aux sources, à la musique vintage… le bon gros glam qu’on adore.
Mat : Les gens associent souvent la musique de la fin des années 70 aux années 80’s, alors que ça n’a rien à voir… du coup quand ils écoutent notre son, ils nous parlent du charme des années 80 mais je leur répond que oui c’est cool, mais qu’ils remontent de quelques années avant pour voir. [rires]
Tuk : Pendant Electric Blood on écoutait beaucoup de Kiss et du Alice Cooper… mais sur le dernier album on a écouté des choses un peu plus « sweet » comme du Bowie, du Queen et du T-Rex. Et je voulais dire aussi que je voudrais plus de filles comme vous à nos concerts (en faisant référence à la demoiselle qui faisait la traduction et moi-même), donc je me suis assuré d’écrire des chansons qui allait vous faire danser. Parce qu’il y a beaucoup de trop de vieux mecs aux concerts de rock. [rires] Le rock c’est pas un truc de jeunes visiblement ce soir, il y avait trop de mecs. On veut vraiment faire danser les filles avec cet album.

Ah d’où la batterie disco sur vos nouveaux morceaux ! [rires]

Tuk : Je vois pas ça comme étant du disco, c’est juste les années 70… Comme le son de Nick Gilder par exemple, quand le bubblegum glam et le disco ont fusionné, c’était au milieu des 70’s. Et The Clash, tu vois eux… j’adore leur son de batterie.

Ok, donc pas disco mais bubblegum glam, c’est noté [rires]. Pour cet album, vous avez fait appel au même producteur que sur le précédent Electric Blood, Dan Dixon tient une place forte dans l’entourage du groupe si j’ai bien compris

Matt : oui carrément !

Tuk : C’est important pour moi que Dan soit là, il est l’un de mes meilleurs amis. Tu sais, quand les gens sont ambitieux et qu’ils savent ce dont tu es capable, ils vont te suivre et te pousser à aller plus loin… C’est ce qui me rend heureux avec Dan. Tu sais c’est un peu comme les rappeurs qui font travailler avec eux leurs potes. Pour moi c’est cool et très important d’être entouré de personnes qu’on connait bien, ceux qui étaient là dès le début et qui continuent à t’aider, à croire en toi.

Et en studio vous avez bosser de la même manière pour ces nouvelles chansons ?

Tuk : Pas du tout. J’ai écrit 30 chansons pour cet album. Au moment d’Electric Blood, j’ai juste réécrit les chansons que j’avais déjà depuis un bout de temps. Mais pour celui là, j’en avait 30… et j’ai fait une démo pour chacune d’entre elles que j’ai travaillé et produit chez moi, avant même qu’on les enregistre en studio. J’étais vraiment impliqué dans la composition, et j’ai passé beaucoup plus de temps à écrire, et à essayer de vraiment définir l’ensemble de l’album. Ca a été l’une des choses les plus dure que j’ai faite jusque là.

biters

Une chose qui ne change pas en tout cas, c’est votre son vintage… Vous utilisez un matériel en particulier pour avoir cette teinte dans vos titres et sur scènes ?

Tuk : Ouai, on utilise que du matériel d’époque ! On a notamment acheté des amplis à lampes des années 70 qui nous ont coutés 200 dollars chacun.

Depuis la signature sur Earache, on a l’impression que le groupe a vécu un gros tournant, plus de visibilité, des tournées en Europe… depuis que vous être sur ce label, vous avez changé votre façon de travailler ?

Tuk : Je travaille comme un dingue pour ce groupe tu sais, pas seulement les tournées… On s’occupe nous-mêmes des réseaux sociaux, des médias, on a la main sur tout !
Matt : beaucoup de gens bossent sans relâche pour les Biters, ça fait plaisir !
Tuk : En tout cas, on a gardé notre esprit DIY ! On a eu une opportunité folle avec Earache mais personne nous dit quoi faire. Nos clips sont toujours fait avec les mêmes personnes, la même équipe d’il y a 5 ans. On continue d’enregistrer nos albums dans le même studio, avec le même producteur. On tourne dans le même vanne… Avec Earache, c’est pas une question d’argent. Ils nous offrent surtout un accès à une plate forme d’écoute plus large. Et on est très reconnaissant de leur aide. Et, ils nous soutiennent… On est super reconnaissant parce que c’est le seul label qui nous a donné notre chance.
Matt : Il nous donne beaucoup d’opportunités.
Tuk : Ils ne nous contrôlent pas en ce qui concerne la création, la composition. On garde le contrôle sur notre musique et ça c’est une chose super importante. Ils nous laissent faire ce qu’on veut, on est complètement libre.

Sur le site d’Earache, on vous décrit comme le groupe le plus dangereux d’Atlanta… d’où vous vient cette réputation ?

Matt : (rires) Et vous, qu’est-ce que vous en pensez ?

Pour être honnête, vous avez pas l’air si méchant que ça… [rires]

Tuk : On fait de gros efforts pour être des gentils garçons. Ne pas trop boire, ne pas prendre de drogues parce que c’est pas glamour d’être défoncé. On se prendrai la tête tout le temps, on se séparerai, on arrêterai de tourner. En faite, on a le potentiel d’être vraiment dangereux mais on préfère se tenir à carreau, se concentrer sur le groupe, faire que tout fonctionne bien… et c’est plus dure que ce que vous pensez.
Matt : oui, on essaie de se séparer de cette image négative de mecs défoncés, et pour les bonnes raisons. Y a beaucoup de groupe qui sont sur cette image de rockstars « destroy » et je les comprend mais nous, ca donnerai rien de bon de jouer à ça.
Tuk : On a eu des problèmes avec les substances et quelques problèmes psychologiques comme dans tous les groupes de rock, mais on essaie d’aller mieux. Je ne veux pas aller en prison. Notre batteur ne veut plus y retourner non plus. Je veux pas perdre mon temps avec un avocat et ce genre de conneries. On essaie de laisser tout ça derrière nous. Et être de gentil garçons.
Matt : Et on l’est.

Bon du coup, les gentils garçons que vous êtes ont prévu quoi pour l’année 2017… Avec la sortie de votre 2e album, vous allez avoir un programme chargé, non ?

Tuk : On a déjà fait un clip pour Stone Cold Love, avec une direction différente de ce qu’on a déjà fait. Un peu moins dans l’humour et plus sérieux dans les thèmes abordés dans les vidéos… il va pas tarder à sortir. On va faire d’autres vidéos par la suite et surtout on va essayer de revenir en Europe au plus vite, c’est évident…autant que possible même. On espère pour l’automne !

Super tout ça! Merci d’avoir répondu à mes questions ! On espère vous revoir bientôt en tout cas, et pourquoi pas en profiter pour faire une petite session acoustique dans les studios de OÜI FM?!

Tuk : Carrément, avec plaisir ! Merci à vous !

Traduction : Jos Besche