Festival Art Sonic – Live Report

Publié le 27 juillet 2015 à 12:42
Cécile Descamps Par Cécile Descamps
Rédactrice

Pour sa vingtième édition, le festival Art Sonic a souhaité marquer le coup avec une programmation coup de poing et un cadre toujours aussi accueillant. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le coche n’est pas loupé.

Situé à Briouze, petit village de Normandie à quelques heures de route de Paris, Art Sonic distille depuis 20 ans déjà ses choix musicaux éclectiques et assumés dans un cadre bon enfant très agréable en cette période estivale. En 2015, l’événement s’est tenu les vendredi 24 et samedi 25 juillet en plein coeur du village, avec des têtes d’affiche particulièrement impressionnantes comme Shaka Ponk et The Avener. Festival modeste s’il en est, Art Sonic mise avant tout sur son cadre et son ambiance, sujets à une certaine promiscuité, et tranchant radicalement avec les grands rendez­-vous hexagonaux que sont Rock En Seine ou encore les Eurockéennes. Et si ce n’était pas ça, après tout, le vrai esprit d’un festival ?

 

À peine le temps de nous installer au milieu des caravanes vintage servant de loges aux artistes, que l’on aperçoit déjà Alb et les Shaka Ponk taper la balle au milieu de l’espace. “La soirée fut rude !” nous confie le premier au micro de Marie et Marjorie Hache. Grâce à un soleil bien présent et une organisation sans faille, tout le monde est détendu et profite d’une météo particulièrement clémente avant de lancer les hostilités live, qui démarrent dès 19h avec les Two Bunnies in Love. Révélation de l’année 2014, que OÜI FM avait d’ailleurs invitée lors du festival organisé place de la République la même année, les frères Monsallier et le reste de la bande font preuve de cette même gouaille et n’hésiteront pas à dérouler un set qui aura fait danser les lapins du public. Des lapins qui s’annoncent toujours plus nombreux, le groupe travaillant d’ores et déjà sur son futur projet qui devrait arriver très vite.

Remis de sa soirée mouvementée, le prodigieux Alb (accompagné de Raphaël à la batterie) n’a pas sourcillé quand il s’agit de faire chanter tout haut ses magnifiques influences post-rock, balancées en stratosphère grâce à une voix unique en son genre. Un des temps forts de cette 20ème édition.

Fraîchement débarqué, cheveux toujours gominés et style vintage assuré, Gaspard Royant nous accueille avec un grand sourire, juste avant de prendre d’assaut la scène A du festival pour un live explosif dont il a le secret. En train de plancher sur la suite de sa discographie, le crooner tout droit débarqué de ses chères 60’s nous a donné une raison supplémentaire (s’il y’en avait encore besoin) de trépigner d’impatience. Soyez sûrs qu’on vous en reparlera très vite sur OÜI FM.

On file à la scène opposée pour découvrir les sonorités hip­hop/electro nébuleuses de Jabberwocky : réservé en interview, le trio ne démérite pas le moins du monde lorsqu’il s’agit de frapper la foule à grands coups de beats. Une vraie réussite live, qui confirme le succès de ce jeune groupe venu de Poitiers, lancé d’entrée sous le feu des projecteurs grâce au remarqué Photomaton.

Puis vient le plat de la résistance de cette deuxième et ultime soirée du festival Art Sonic 2015 : qui de mieux, pour fêter les 20 ans de l’événement, qu’un des groupes les plus importants de la scène rock française ? Le candidat Shaka Ponk était tout désigné pour venir mettre le feu aux bougies du gâteau d’anniversaire ! Avec une scénographie toujours aussi dantesque articulée autour de leurs deux derniers albums (The White Pixel Ape et The Black Pixel Ape, parus successivement en 2014), les monkeyz se sont montrés à la hauteur de leur réputation avec un live sauvage et maîtrisé.

 

Juste avant de partir, difficile de ne pas entendre l’electro surpuissante de The Bloody Beetroots, dont le DJ set finira d’enflammer cette 20ème édition d’Art Sonic. Tapageur et sans concession, l’homme masqué (dont le compère était exceptionnellement absent) a poussé encore un peu plus loin les potards de volume et a retourné Briouze et ses environs pour une orgie sonore dont la région n’est pas prête de se remettre.

Une vingtième édition rondement menée pour ce festival qui s’inscrit véritablement comme un des rendez-­vous musicaux de l’été, tout en conservant une fraîcheur et une proximité qui font tout son charme. On espère revoir Art Sonic au moins aussi en forme en 2016.