Deportivo – Ivres et débutants

Publié le 9 février 2011 à 12:19
Cécile Descamps Par Cécile Descamps
Rédactrice

Deportivo - Ivres et DébutantsL’album :
Sortie le 7 mars 2010

Après la fougue et l’urgence de deux premiers albums de 30 minutes chacun (Parmi eux en 2004 et Deportivo trois ans plus tard), on dirait bien que Deportivo prend du recul par rapport à la surchauffe qui était leur marque de fabrique. « On finit tous par s’y perdre » entend-on dans Ivres et débutants, la chanson qui donne son titre à leur troisième album… Alors le groupe ne fonce pas tête baissée dans le mur du son rock, et a pris le temps de contourner l’obstacle avec adresse et panache.

Le groupe se réinvente sans rien brader de sa fougue initiale…

Qu’est-ce qui a changé ? Tout d’abord, au cours de leur résidence au Point Ephémère, les Deportivo sont les voisins de l’inventif Romain Turzi, collectionneur maniaque de synthés vintage en tous genres, avec lesquels le trio apprend à jouer, à tâtonner… A cette époque, dans les oreilles, c’est MGMT et les bons vieux classiques Blur et Cake. Le groupe commence à entrapercevoir une voie, mais il leur manque encore le guide, celui qui pourra répondre à leurs questions, et débrider encore un peu plus leur imagination.

Ce n’est autre que Gaëtan Roussel, dont les Deportvo sont déjà proches (pour avoir tournée avec Louise Attaque puis Tarmac), qui endossera ce rôle. Avec lui, le groupe se réinvente sans rien brader de sa fougue initiale.

Parmi les trouvailles de l’album, cette façon plus moderne qu’auparavant de faire sonner le Français en mode rock, en relevant un peu le front et en nuançant la prise de parole d’un rien de nonchalance qui profite là encore à leur style. Preuve évidente qu’ils ont cette fois pris leur temps : Ivres et débutants dure pas loin de 37 minutes. Un record à leur échelle, et sur celle du rock d’ici plusieurs marches gravies d’un seul (joli) coup.