Comic Con de Paris : « Si le super héros Iron Man pouvait écouter de la musique, ce serait AC/DC »

Publié le 12 octobre 2016 à 11:57
Angèle Chatelier Par Angèle Chatelier
Journaliste

Événement incontournable des amateurs de pop culture, de « cosplay » et de jeux vidéo, la seconde édition du Comic Con français revient à Paris du 21 au 23 octobre. Si aujourd’hui, la culture geek n’est plus réservée aux initiés, comment la musique y est présente ? Rencontre avec Pierre-Yves Binctin, directeur du Comic Con de Paris, et ancien représentant commercial au sein d’entreprises musicales. 

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Le Comic Con est aux amateurs de popculture, ce que le Hellfest est aux inconditionnels de metal. En France, l’événement revient pour la seconde fois du 21 au 23 octobre 2016. Il allie comics, cinéma, série TV et gaming, rassemblés sous la bannière de la « pop culture » qui, elle-même, sous-entend des thématiques bien différentes (musique, entertainment, jeu vidéo, etc.). Aujourd’hui, la pop culture représente surtout la culture Internet, et moins la culture populaire comme c’était le cas à ses débuts. La première édition parisienne du Comic Con a rassemblé plus de 30 000 aficionados et curieux en 2015.

Le concept d’un rassemblement de ce type est né en 1970 à San Diego aux États-Unis. Il célébrait initialement les bandes-dessinées américaines, appelées comics, puis a traité plus largement ensuite de la culture geek. Si bien qu’aujourd’hui, on y croise les passionnés de jeux vidéo, les « Marveleurs » (adeptes des films de la société de production et maison d’édition de comics Marvel) ou les disciples des séries TV. Parmi eux, on distingue également les « cosplayeurs », des fans déguisées –  en fait-maison – en un personnage de pop culture. Généralement, ça détone.

WonderCon 2016. Source topsy.fr

WonderCon 2016. Source topsy.fr

Geeks, fric et musique pour les comics

Le Comic Con de Paris, on le doit à Pierre-Yves Binctin et son équipe. L’homme n’est pas imposant, débarque avec sa barbe de trois jours mais défend son événement avec une énergie incroyable, bien qu’un peu enjolivée. Pierre-Yves Binctin est avant tout un homme de musique, passé par des labels ou des filiales de Sony et Universal Music. Plus intéressant encore, il a travaillé sur des bandes-originales de film. Car si aujourd’hui, la culture des « cosplayeurs », des « marveleurs », des super héros et des gamers n’est plus réservée aux initiés, quand est-il de la musique de ces films, événements et jeux video ?

ouifm-jeuxvideomusique« Si le superhéros Iron Man pouvait écouter de la musique, ce serait sûrement AC/DC » déclare l’homme-orchestre du Comic Con parisien. Et pour cause : chaque début de long-métrage de ces films Marvel débute avec des rockeurs infatigables. Les jeux video, eux, ont même lancé des artistes : en les incorporant à la BO de sa série de jeux de football FIFA, le géant EA a fait décoller les ventes de Foals ou de Two Door Cinema Club. « Il y a à la fois de la musique créée spécifiquement pour un jeu vidéo, et celle que l’on ajoute » souligne-t-il. Il existe même aujourd’hui des jeux vidéo-concert, où un orchestre rejoue en live les symphonies des plus grandes sagas, à l’image de The Legend of Zelda ou encore Final Fantasy. Le rôle de la musique dans tous ces domaines, le directeur du Comic Con en parle d’une manière appétissante. Pourtant, elle ne leur est pas toujours favorable.

Les films Marvel et ses bandes-originales… pas toujours originales 

Hollywood est parfois en panne d’idées. Et les compositeurs et les spectateurs en font les frais. Sur sa chaîne YouTube, Every Frame a Painting a mis en ligne une vidéo sur l’univers symphonique des films Marvel. Grande écurie des super-héros américains, rachetée par Disney, elle est à l’origine de blockbusters comme Iron ManThor ou Avengers. Dans ce reportage, leur univers musical est pourtant montré comme insipide, plat et fade.

Pour Pierre-Yves, les bandes-originales des films Marvel sont surtout liées aux personnages et à l’univers général du film. « La BO des Gardiens de la Galaxie a été un réel coup de coeur » confie-t-il, ajoutant que les scènes de peur et d’amour sont souvent représentées de la même manière, dans tous les films.

Lui et son équipe ont préparé une playlist Spotify spéciale pour les changements de plateaux pendant le Comic Con. Les titres, allant de Justin Timberlake (qui a interprété la BO du film d’animation Trolls) à l’electro pop psychée de M83, doivent être entraînants pour les spectateurs. « Pas de slow » sinon, pas de show, insiste le directeur. Car le Comic Con, c’est un endroit « où on s’éclate. » C’est dit.

Pour le savoir, rendez-vous du 21 au 23 octobre 2016 à la grande Halle de la Vilette à Paris.

Angèle Chatelier