BB King, légende du blues, s’est éteint

Publié le 15 mai 2015 à 10:58
Cécile Descamps Par Cécile Descamps
Rédactrice

LucilB.B. Kingle, sa fidèle Gibson, ne chantera plus. Le « roi du blues » nous a quittés jeudi 14 mai à l’âge de 89 ans, suite à des complications de santé. Il était l’une des dernières légendes vivantes du blues des origines. 

Atteint de diabète chronique et souffrant de genoux fragiles (qui l’obligeaient à jouer assis), B.B. King assurait en plaisantant, dans un entretien accordé en 2007 à l’AFP, que sa « maladie » la plus importante se nommait « j’en veux encore !« . Il déclarait alors vouloir jouer « jusqu’à la mort« .

La carrière de B.B. King débute à la fin des années 1940. Il anime alors une émission hebdomadaire dans une radio de Memphis (Tennessee). C’est à cette époque qu’il adopte la double initiale B.B. comme Blues Boy. Quant à son nom de naissance, King, comment ne pas le voir comme un signe de son destin incroyable ? D’Eric Clapton aux Rolling Stones, ou encore George Harrison U2… nombreux sont les artistes qu’il a accompagnés et influencés.

C’est Ike Turner qui repérera BB King, lequel commettra un premier hit en 1951 avec Three O’Clock Blues. Il tournera ensuite inlassablement, dans un périmètre régional pour commencer. Dans les années 60, il rencontre une nouvelle fois un succès grand public avec Sweet Sixteen (1960) et se produira au festival de Newport entre 1968 et 1975, Monterey en 1967 (aux côtés de Jimi Hendrix et Otis Redding). Il apparaît pour la première fois en Europe en 1968, et au Japon en 1971.

À plus de 80 ans, B.B. King donnait encore plus de 100 concerts par an. Et oui, il avait bien diminué la cadence, lui qui a une époque de sa carrière se produisait sur scène 300 soirs en une année ! Son âge, sa santé déclinante, lui valurent en 2014 quelques mauvaises critiques, et l’obligèrent, cette année-là, à écourter une tournée américaine.

 

Son style de guitare, racé et expressif, son chant influencé par le gospel, mais aussi son humilité, son engagement, ainsi que sa volonté d’imposer d’une image positive du bluesman loin de la drogue, de l’alcool et de la violence des ghettos, ont fait de B.B. King un ambassadeur, et même le roi des musiciens blues.

Quinze Grammy Awards depuis 1971, un doctorat honorifique de la Yale University en 1977, la Presidential Medal Of Freedom, ordre civil le plus élevé aux États-Unis (2006)